Journée mondiale de prière: lettre du directeur national des OPM

Ensemble, solidaires dans la prière 

Lettre du père Yoland Ouellet, o.m.i.

Directeur national des Œuvres pontificales missionnaires - Canada francophone

 

Cette pandémie sans précédent, qui bouleverse nos sociétés, a mystérieusement uni l’humanité dans la conscience de ses limites et de sa vulnérabilité. C’est dans ce contexte très particulier que résonne l’appel à une journée mondiale de prière le 14 mai prochain, lancé par le Haut Comité pour la Fraternité Humaine et relayé par le pape François ainsi que des représentants de plusieurs religions et organisations. À titre de responsable d’œuvres qui appellent notamment les catholiques à porter le monde dans la prière, cela m’amène à pousser davantage la réflexion.

Cette initiative demande avant tout une écoute des multiples souffrances engendrées par la pandémie. D’abord des millions de gens malades à travers le monde, dont de nombreux déjà aux prises avec des difficultés, avec ou sans soins médicaux adéquats. Mais aussi des millions de gens sans travail et sans trop d’espoir d’en retrouver un au retour du confinement. Tout cela sans oublier les autres grands maux de notre famille humaine, notamment la souffrance des migrants et des réfugiés, des peuples en conflits et des millions de personnes affamées.

Il serait alors bon de se questionner avant de prier tous ensemble. Que demander humblement au Créateur pour notre Terre qui est aujourd’hui si mal en point? Que veut-on sauver finalement? Une société qui avantage plus souvent les riches et les puissants de ce monde plutôt que les plus pauvres et les plus faibles? Une économie qui ne cesse de pousser vers une surconsommation et une exploitation sans limite de nos ressources? Que demanderons-nous au Dieu des Vivants?

Cette pandémie a le mérite de nous faire réaliser à quel point nous sommes tous interdépendants et fragiles. Nous apprenons dans le confinement combien vivre ensemble, au contact des autres, nous est vital et essentiel. 

Et c’est bien ce à quoi le pape François nous interpelle : apprendre le vivre-ensemble, exercer la solidarité, l’entraide, la fraternité inconditionnelles. Cette crise sera-t-elle l’occasion de nous faire avancer dans cette voie vers un monde meilleur? Pour cela, ne faudrait-il pas, alors, davantage prendre conscience de nos responsabilités actuelles pour préparer la suite : un monde dans lequel chacun aurait sa part de pain, d’amour, de vie, de paix, de dignité?

Oui, prions tous ensemble. Nous tous, hommes, femmes et enfants de bonne volonté, nous tous chercheurs de vérité, nous tous qui désirons un monde meilleur, quelles que soient nos croyances ou non-croyances. Prions non seulement une journée, en temps de crise, mais prenons-en l’habitude de le faire tous les jours. 

Prions chacun à sa façon, selon sa tradition, sa sensibilité. Dans le silence, avec des mots ou des chants… mais toujours dans la vérité de notre être. Donnons-nous un temps pour nous tourner simplement et sincèrement vers le Maître de la Vie, avec confiance, sachant qu’il entend le cri de notre cœur, même ce qu’on n’arrive pas à exprimer. 

Pour moi, je me réjouirai de penser que je vis cette journée de « déconfinement spirituel » avec des personnes de bonne volonté de tous les horizons. Et je suis sûr que Dieu se réjouira de nous voir ainsi davantage unis! Ce sera déjà en soi toute une bénédiction! 

 

 

 

 

 

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