Synode: situations pastorales difficiles, unions entre personnes de même sexe, l'ouverture à la vie

Pères synodaux en assemblée générale

Il y a un nombre considérable d’informations qui sont échangées pendant un synode. Il y a eu de bonnes échagnes hier et aujourd'hui dans l'Assemblée synodale. Naturellement, tous les textes et tous les échanges des participants ne peuvent pas être lus et entendus. C’est pourquoi chaque jour pendant la durée du Synode, la Salle de presse du Saint-Siège publie une synthèse non officielle des débats généraux qui ont lieu à chaque session ou congrégation, pour être plus précis. Voici donc le résumé de la sixième et de la septième congrégation générale du Synode en date d’hier après-midi et de ce matin, resptectivement.

Sixième congrégation générale

Saint-Père: présent

Pères synodaux: 180

Cette session a prolongé le débat général autour des situations pastorales difficiles, notamment familiales, et les unions entre personnes de même sexe.

On a rappelé d'abord que, n'étant pas une sorte de douane, mais une maison de famille, l'Église devait offrir un accompagnement à tous, y compris aux personnes en situation pastorale délicate. Rassemblant familles en bonne santé et familles en crise, l'Église ne peut être indifférente dans son chemin de sanctification aux faiblesses de certains. Elle doit aider le plus faible.

La procédure relative aux nullités matrimoniales a besoin d'être allégée, et il faut plus de laïcs dans les tribunaux ecclésiastiques. Ceci dit, il faut éviter la superficialité et garantir le respect de la vérité et des droits des parties. Si le procès canonique n'est pas contraire à la charité pastorale, la pastorale judiciaire doit éviter toute culpabilisation et traiter chaque cas avec équilibre. Toujours à propos des procédures en nullité, on a réfléchi à l'hypothèse d'un recours administratif qui ne se substituerait pas au recours judiciaire, mais en serait un complément en fonction d'une décision épiscopale.

Les divorcés remariés doivent être traités avec respect parce qu'ils se trouvent souvent dans des situations précaires et douloureuses, et cherchent à retisser une vie ecclésiale. Ils ont besoin d'une pastorale de miséricorde et non de répression. Si la polygamie est en recul, à cause de la décroissance du monde rural et à l'accroissement de l'urbanisation, on doit tenir compte des polygames convertis au catholicisme, et qui désirent recevoir les sacrements. Pour cette catégorie des mesures pastorales s'imposent.

Par ailleurs, il convient de mieux préparer les candidats au mariage, en insistant en particulier sur l'aspect sacramental du lien conjugal et une mission éducative qui ne se limite pas à un discours moraliste portant à un analphabétisme religieux. Le parcours matrimonial doit tendre au développement de la personne.

L'heure de débat libre a servi à la présentation d'expériences personnelles, mais aussi de modèles appliqués à la pastorale des divorcés remariés, passant par des groupes d'écoute. Il convient ici d'éviter les formules du type "état permanent de péché", et s'expliquer que la non-admission à la communion n'élimine pas automatiquement la grâce du Christ. Cette non-admission découle de la permanence du lien sacramental antérieur et indissoluble. On a avancé à ce propos l'hypothèse de la communion spirituelle, qui montre en tout cas les limites comme la difficulté de nouvelles solutions.

Dans la pastorale des homosexuels aussi, l'écoute doit être fondamentale, notamment au moyen de groupes.

 

Septième congrégation générale

Saint-Père: présent

Pères synodaux: 184

Cette session s'est déroulée en deux parties, d'abord la poursuite du débat général d'hier après-midi (sur les situations pastorales difficiles, en l'occurrence familiales, et les unions entre personnes de même sexe), puis le débat consacré aux défis pastoraux concernant l'ouverture à la vie.

Il a de nouveau été question de l'accès à la communion pour les divorcés remariés. L'indissolubilité du mariage a nettement été réaffirmée, car le lien sacramentel est une réalité objective, l'œuvre du Christ dans l'Église. Ce point doit être défendu et traité au moyen d'une catéchèse prématrimoniale adaptée, de manière à ce que les futurs époux soient pleinement conscients du caractère sacramentel de leur union et de sa nature vocationnelle. Un accompagnement pastoral devra accompagner les couples après leur mariage.

Mais il convient d'envisager les cas concrets un à un, en distinguant par exemple qui a été abandonné de qui a abandonné. Ne pouvant négliger cela, l'Église ne doit pas appliquer une pastorale du tout ou rien, mais être miséricordieuse. Le mystère de l'Église est un mystère de consolation.

Ne pas être autorisés à communier ne signifie pas pour les remariés ne plus être membres de la communauté. On doit prendre en considération les responsabilités qu'ils pourraient y exercer. Il faut en tout cas simplifier et accélérer les procédures de nullité.

Dans certaines régions du monde, le concubinat est souvent causé par des motifs socio-économiques, non par un rejet des enseignements de l'Église. D'autres types d'union de fait n'abandonnent pas l'objectif d'une vie chrétienne. Là encore, une pastorale spécifique est nécessaire. Étant dans l'impossibilité de reconnaître le mariage entre personnes du même sexe, l'Église peut toutefois développer une approche respectueuse et non discriminatoire.

À propos encore des mariages mixtes, il faut regarder au-delà des difficultés pour percevoir leur pouvoir de témoignage harmonieux au niveau du dialogue interreligieux. On a redit la nécessité d'un nouveau langage qui permette à l'Église d'impliquer ensemble croyants et non-croyants en vue d'identifier des modèles familiaux permettant le développement des individus et le bien-être de la société. Il faut parler avec une simplicité qui porte au cœur des gens.

La seconde partie de la session a traité de la paternité responsable et réaffirmé que le don de la vie comme la chasteté sont des valeurs fondant le mariage chrétien, qui se dressent quant au crime de l'avortement. Envisageant la situation, principalement asiatique, dans laquelle nombre de familles sont confrontées à l'infanticide, au viol des femmes et au trafic des êtres humains, on a rappelé la nécessité de mettre en exergue la justice comme vertu fondamentale du foyer.

Puis le débat a touché à la responsabilité d'éducateurs que détiennent les parents. Il faut être particulièrement attentif au volet éducation des enfants à la foi, d'autant que la pastorale de l'enfance peut créer un lien avec des familles en crise.

La contraception a bel et bien un impact négatif sur la société, à commencer par son effet sur l'effondrement de la natalité. Devant ce phénomène, les catholiques ne sauraient être passifs. Ils doivent diffuser un message d'espérance en expliquant que les enfants sont une bénédiction pour leurs parents, dont ils renforcent la foi et la pratique religieuse.

En dernier lieu, on a redit combien le rôle des laïcs, et notamment des mouvements, est indispensable dans l'apostolat de la famille, l'accompagnement des couples et l'évangélisation de la société.

Source: Salle de presse du Saint-Siège

Crédit photo: L'Osservatore Romano

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