Le Sri Lanka a son premier saint, Joseph Vaz

Danse pendant la messe de canonisation de Joseph Vaz, au Sri Lanka.

Il est sept heures quarante-cinq du matin et déjà un grand soleil inonde le Galle Face Green, un parc longeant la mer, au nord de Colombo. Le Pape a traversé la foule en papamobile avant le début de la messe de canonisation du bienheureux Joseph Vaz. On parle de plus de mille prêtres concélébrant la messe et de plus de 500 000 fidèles, dont un tiers qui a prié le rosaire avant de dormir sur place. Ceux qui se sont endormis sur le trajet de la papamobile ont été réveillés à 4 heures du matin! Parmi eux se trouvent de nombreux Indiens venus de Goa.

Un missionnaire clandestin

Né dans cette ville du sud de l’Inde en 1651, Joseph Vaz est considéré par les catholiques comme « l’apôtre du pays ». Fondateur en 1684 d’une société de prêtre suivant l’Oratoire de saint Philippe de Neri, il prend la décision de se rendre au Sri Lanka, sous domination hollandaise et calviniste. L’Église y vit des heures sombres. Elle est privée de prêtre depuis trente ans. Joseph Vaz, à la peau sombre, rentre incognito au Sri Lanka en 1686, comme ouvrier mendiant. Il recherche de nuit les catholiques pour échapper à la surveillance des Hollandais. Pour leur échapper, il part vers le sud, dans le Royaume bouddhiste de Kandy. Il y sera emprisonné. On le prend pour un espion. Mais le détenu se comporte si bien qu’il impressionne ses gardiens, puis le roi qui décide, finalement, de le libérer et lui permet de poursuivre sa mission. Le prêtre partagera sa vie entre le royaume de Kandy et des excursions clandestines sur les côtes hollandaises. Il meurt exténué à l’âge de 49 ans. Joseph Vaz , avec un autre prêtre, a également traduit la Bible en langue cinghalaise.

Sauveur de la foi alors qu’elle était menacée dans le pays, l’Église sri-lankaise a demandé, dès 1737, sa béatification qui fut célébrée par saint Jean-Paul II, le 15 janvier 1995. Vingt ans plus tard, à un jour près, le pape François a canonisé Joseph Vaz représenté ce mercredi par une statue de bois. L’autel est d’ailleurs le même que celui utilisé en 1995.

Des chanteurs venus de tout le pays

Ce mercredi, le Sri Lanka a son premier saint. La joie est immense, comme le prouvent les 500 000 personnes rassemblées ce matin, dont des bouddhistes et des hindous. Une tristesse cependant, les catholiques n’ont pas de lieu où aller prier leur saint. Joseph Vaz serait enterré sous une station de police à Kandy.

Lors de cette messe, célébrée en anglais, cinghalais et tamoul, la richesse de la culture sri-lankaise était de nouveau à l’honneur. Le chœur et l’orchestre ont notamment fait résonner des mélodies qui ressemblaient peu à celle de la basilique Saint-Pierre. Il émane une grande douceur de l’interprétation des étudiants musiciens ou chanteurs. Venant de tous les diocèses du pays, ils ont fait des miracles après seulement deux jours de répétitions générales dans la capitale.

 

Radio Vatican

Crédit photo: L'Osservatore Romano

Vidéo: CTV

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