La raison d’être de l’Église

Pape François salue des personnes venues le voir.

Alors que va commencer la troisième année de pontificat de François, l’intérêt médiatique pour le Pape ne diminue pas, au contraire les interventions de différents côtés se multiplient, souvent intéressantes dans leur tentative d’en comprendre la figure, très populaire également au-delà des frontières visibles du catholicisme. Mais c’est le Pape lui-même qui a indiqué plusieurs fois quelle est sa préoccupation principale, c’est-à-dire la nécessité de témoigner et d’annoncer l’Évangile, fil conducteur permanent de l’Église du Christ, bien que marquée par les imperfections inévitables de toute dynamique humaine.

Il y a précisément deux ans, pendant les réunions préparatoires au conclave, la question fut présentée avec clarté par l’archevêque de Buenos Aires lui-même, dans une brève intervention que, une fois élu Pape, il remit au cardinal Ortega y Alamino et qui fut immédiatement divulguée. «C’est la raison d’être de l’Église» dit Jorge Mario Bergoglio à propos de l’évangélisation, ajoutant une définition de Paul VI – « la douce et réconfortante joie d’évangéliser » – reprise de manière significative dans le titre (Evangelii Gaudium) du document programmatique du pontificat.

La Mission est donc la clef qui permet de comprendre l’intention du Pape, cohérente avec une très longue histoire. Dès les origines de la prédication chrétienne, qui commença au début sur les traces du très vivant prosélytisme juif, jusqu’à l’expansion missionnaire moderne et à la dramatique prise de conscience simultanée d’une déchristianisation grandissante et même au cœur de l’Europe.

Ainsi, alors que le souffle du catholicisme devient mondial, à partir de la moitié du XIXe siècle l’aspiration à un renouveau de la présence de l’Église dans le monde avance péniblement. Jusqu'à la veille du concile, quand le christianisme «semblait perdre toujours davantage sa force efficace», comme l’a écrit Benoît XVI.

C’est pour cette raison que Mgr Montini voulut en 1957, à Milan, une mission adressée en particulier à nos «frères éloignés», qu’il adhérât dès le début à Vatican II, et ensuite, comme pape, qu’il en guida le déroulement, les conclusions et les premières applications. « L’Église – disait-il y a deux ans le cardinal Bergoglio – est appelée à sortir d’elle-même et à aller vers les périphéries, non seulement géographiques, mais aussi existentielles: celles du mystère du péché, de la douleur, de l’injustice, celles de l’ignorance et de l’indifférence, celles de la pensée, celles de toute forme de misère ».

Pour l’Église existe toutefois un danger mortel et toujours récurrent, avertissait Jorge Mario Bergoglio : celui de l’autoréférentialité, c’est-à-dire se regarder soi-même et non le Christ, qui est l’unique et véritable centre, comme le Pape François ne se lasse pas de le répéter. Sous cette lumière, il est possible de comprendre son pontificat, vraiment planétaire, et son œuvre quotidienne de renouvellement. Qui est le devoir de quiconque veut être fidèle à la parole de l’unique Seigneur.

L'Osservatore Romano

Crédit photo: L'Osservatore Romano

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.