Jour 3 du Synode sur la famille: le modèle économique en cause

Troisième jour de travail pour les Pères synodaux au cœur du Vatican. Les interventions se sont suivies ce mercredi matin, denses et variées, à l'image des réalités de ce vaste monde dont proviennent les cardinaux, les évêques et les délégués fraternels. Le Pape participait comme les jours précédents, s'éclipsant cependant vers 10 heures trente pour l'audience générale, Place Saint-Pierre.

Non! L’accès des divorcés remariés à la communion n’est pas la seule préoccupation des pères du Synode. Sous le thème des défis pastoraux de la famille, les interventions de la 5e congrégation générale, mercredi matin, ont offert un très large panel de situations qui exigent des réponses pastorales urgentes.

S’il est vrai que les idéologies contraires à la vision chrétienne du mariage et de la famille gagnent du terrain partout dans le monde, les problématiques varient sensiblement d’une région à l’autre. Sous certaines législations, la partie chrétienne perd ses droits dans les mariages mixtes. Il y a des pays où les hommes catholiques qui épousent des musulmanes sont obligés de se convertir. Dans d’autres, la vie de couple est fragilisée par un machisme persistant. Dans d’autres encore, les familles n’arrivent pas à payer les frais de scolarité de leurs enfants. Ailleurs, c’est le syncrétisme et la pseudo-religiosité chrétienne qui interpelle les pasteurs. Souvent, la divinisation du travail provoque l’éclatement des liens familiaux.

Parmi les interventions remarquées : un évêque a estimé que les prêtres mariés étaient mieux placés pour comprendre les problèmes des familles : ils connaissent le prix d’une baguette ou d’un kilo de sucre, la difficulté d’élever des enfants soumis à des pressions contraires. Parmi les plus véhémentes, celle d’un évêque qui a fustigé l’inaction de l’Église : les problèmes de la famille, ne sont pas nouveaux, a-t-il souligné. On les connaissait déjà il y a trente ans, mais l’Église n’a pas osé prendre des risques. Il faudrait selon lui miser davantage sur la participation des laïcs. Et puisque de nombreux problèmes auxquels les familles sont confrontées sont causés par un modèle économique injuste, fondé sur le Dieu-argent, c’est sur le terrain social, a souligné un évêque, que l’Église doit s’engager, tandis qu’un autre s’en est pris aux pressions exercées par la communauté internationale et par les programmes d’aide au développement.

Dans le sillage du Pape François, la majorité des intervenants se disent favorables à une plus grande miséricorde, même si les voix discordantes ne manquent pas. Il faut trouver des chemins pastoraux complémentaires. Le modèle suivi par certaines églises orthodoxes revient souvent parmi les solutions proposées.

Radio Vatican / Romilda Ferrauto

Crédit photo: L'Osservatore Romano

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