« François, reconstruis mon Église »

Dimanche matin, le pape François a célébré la messe dans la paroisse Sainte-Anne au Vatican.

Après Benoît XVI, l’intellectuel timide et réservé, le nouveau pape « venu du bout du monde » a inauguré un nouveau style d’expression, bousculant les habitudes romaines et séduisant les médias et l’opinion publique par sa simplicité naturelle et spontanée et par ses gestes de proximité. Devant les journalistes, samedi matin, il a suscité l’étonnement et l’enthousiasme, en racontant le choix de son patronyme pendant le Conclave, et en ponctuant son discours d’improvisations et de quelques phrases fortes :

« L’Église tout en étant une institution humaine, historique, avec tout ce que cela comporte, elle n’a pas une nature politique, mais essentiellement spirituelle : c’est le peuple de Dieu qui marche à la rencontre de Jésus Christ […] Le Christ est au centre, la référence fondamentale, le cœur de l’Église. Sans lui, Pierre et l’Église n’existeraient pas et n’auraient pas de raison d’exister. »

Le choix du nom François

« Certains ne savait pas pourquoi l’évêque de Rome a voulu s’appeler François. Certains ont pensé à François-Xavier, saint François de Sales et aussi à saint François d’Assise. Je vais vous raconter l’histoire ».

Face aux journalistes, le Pape leur fait faire un voyage inattendu. Il leur faire revivre le conclave pendant un instant : « Pendant l’élection, dit-il en improvisant, j’avais à mes côtés l’archevêque émérite de Sao Paolo et préfet émérite pour le clergé, le cardinal Claudio Hummes : un grand ami. Et quand les choses ont commencé à devenir un peu “dangereuses” pour moi, il m’a réconforté. Et quand nous sommes arrivés aux deux tiers de votes (en sa faveur) et que tous se sont mis à applaudir comme c’est l’usage, il m’a embrassé et a dit ‘n’oublie pas le pauvres !’ Cette parole est entrée là (il indique sa tête du doigt) : les pauvres… les pauvres… Et soudain, j’ai pensé à François d’Assise. Puis aux guerres alors que le scrutin se prolongeait jusqu’à ce que le décompte s’achève. François est l’homme de la paix, l’homme qui aime et protège la Création, et en ce moment où nous avons une relation qui n’est pas si bonne avec la Création... Il est l’homme qui nous donne cet esprit de paix, l’homme pauvre… Ah comme je voudrais une Église pauvre, pour les pauvres! »

Revenir à l’essentiel de l'Église

Depuis sa première apparition au balcon de la basilique Saint-Pierre, mercredi soir, le nouvel évêque de Rome semble vouloir relativiser le pouvoir pontifical et le poids de la hiérarchie pour revenir aux fondamentaux de l'Église. Intègre et sincère, il a déjà exhorté les catholiques à ne pas céder « au pessimisme, à l’amertume que le diable offre chaque jour ». Il a rappelé à ceux qu’il appelle « ses frères » (les cardinaux) sa certitude : l’Esprit-Saint insuffle courage et persévérance pour rechercher de nouvelles méthodes d’évangélisation, pour porter l’Évangile jusqu’au bout du monde. » L’Église, selon lui, doit retrouver le courage et l’unité.

Cette élection marque un tournant

Ceux qui le connaissent soulignent que son engagement pour la justice sociale n’est pas un vain mot. Ferme en matière de doctrine et de morale familiale, il ne manquera pas de se poser en défenseur des pauvres et des exclus. Son élection, qui a bousculé les logiques médiatiques, a prouvé que le collège des cardinaux ne manquait pas d'audace. Benoît XVI s’est efforcé de purifier l’Église, François pourrait mener à bien la réforme radicale tant souhaitée et améliorer la coordination. Mais il devra se montrer solide alors que l’Église, avec ses vertus et ses péchés, est attaquée de toutes parts.

Personne ne peut savoir de quoi l’avenir sera fait mais beaucoup estiment que le choix des cardinaux marque un tournant et une nouvelle ère. Les catholiques attendaient du nouveau de cette élection et cela s'est produit. Comment ne pas penser alors au Poverello d’Assise qui s’entendit demander par Jésus : « François, reconstruis mon Église qui est tombée en ruine ». La mutation pour l’Église s’annonce forte et douce à la fois. Les romains, eux, aiment déjà leur pape.

Source: Radio Vatican

Vidéo: Dimanche 17 mars, première prière de l'Angélus par le pape François.

Sur la photo: le pape François salue la foule qui l'attendait dehors à l'issue de la messe qu'il a célébrée à la paroisse Sainte-Anne au Vatican. (Crédit photo: © L'Osservatore Romano)

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