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Vendredi 16 Janvier 2015 à 11:48
Le pape François s'adresse aux membres du clergé et aux religieuses, religieux et séminaristes philippins.

C’est sans aucun doute le thème de la pauvreté et des inégalités sociales que le pape François a décidé d’affronter dès les premières prises de parole de son voyage aux Philippines. Après un discours très ferme aux autorités politiques du pays sur l’obligation morale de lutter contre la corruption dans un pays où elle est un chancre depuis longtemps, le Pape a décliné ce même thème lors de la messe qui a suivi en la cathédrale de Manille, célébrée en présence des évêques, prêtres, religieuses, religieux et séminaristes philippins.

« Comme l’ont justement enseigné les évêques des Philippines, a déclaré le Pape, l’Église aux Philippines est appelée à reconnaître et combattre les causes de l’inégalité et de l’injustice, profondément enracinées, qui salissent le visage de la société philippine, en s’opposant clairement aux enseignements du Christ. L’Évangile appelle les chrétiens à avoir des vies honnêtes, intègres, et soucieuses du bien commun. Mais il appelle aussi les communautés chrétiennes à créer des "cercles d’intégrité", des réseaux de solidarité qui peuvent pousser à embrasser et à transformer la société par leur témoignage prophétique ».

Réfléchissant sur la « pauvreté du Christ », le Pape a mis en garde contre « la grande menace de tomber dans un certain matérialisme qui peut s’insinuer dans nos vies et compromettre le témoignage que nous donnons ». « C’est seulement en devenant nous-mêmes pauvres, en renonçant à notre auto-accomplissement, a ajouté le pape François, que nous pourrons nous identifier aux derniers de nos frères et sœurs ». Pour François, c’est l’unique façon de pouvoir répondre avec honnêteté et avec intégrité au défi d’annoncer la radicalité de l’Évangile dans une société habituée à l’exclusion, à la polarisation et à la « scandaleuse inégalité », reprenant ainsi mot pour mot ce qu’il avait déclaré dans son allocution précédente à la classe politique philippine au palais présidentiel de Manille.

Le pape François devait alors encourager l’ensemble du corps ecclésial philippin à se faire « proche de ceux qui, en vivant au milieu d’une société alourdie par la pauvreté et par la corruption, sont découragés en esprit, tentés de tout laisser tomber, d’arrêter l’école et de vivre dans les rues. Proclamez la beauté et la vérité du message chrétien à une société qui est tentée par des présentations confuses de la sexualité, du mariage et de la famille », a-t-il conclu.

Texte intégral du pape François

Radio Vatican

Crédit photo: L'Osservatore Romano

Vidéo: CTV

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Vendredi 16 Janvier 2015 à 10:48
Pape François avec les enfants de la fondation ANAK-Tnk.

Euphorie! Après la messe célébrée ce matin par le pape François à la cathédrale de Manille, aux Philippines, plus de 300 enfants de la rue ont explosé de joie en voyant celui-ci franchir le seuil de la fondation ANAK-Tnk pour une visite surprise!

« Ces enfants, pauvres parmi les pauvres sont peut être les victimes les plus vulnérables de notre société. Mais ils demeurent des maîtres de joie, comme vous pouvez immédiatement le voir sur leurs visages souriants », a confié ému, au Saint-Père, l’abbé Matthieu Dauchez, prêtre français de 39 ans et directeur de la fondation.

Le pape François multiplie sans cesse les appels à se mettre à l’écoute des plus pauvres. Cette visite auprès des enfants qui ont connu les horreurs de la rue - mendicité, violence, drogue, prostitution - prouve une fois de plus qu’il est vraiment le pape des oubliés. « C’est extraordinaire… j’ai même pu le serrer fort dans mes bras », s’est réjoui Alvin, 10 ans.

Les enfants espéraient en effet avoir la chance de le rencontrer : en septembre dernier, ANAK-Tnk a lancé la campagne « Even us? » où plus de mille lettres d’enfants ont été envoyées au Pape.

Autre immense privilège pour ANAK-Tnk: ce sont deux enfants de la fondation qui ont été choisis pour témoigner devant le Saint-Père ce dimanche matin 18 janvier, lors du rassemblement avec les jeunes.

Source: http://www.anak-tnk.org

Crédit photo: L'Osservatore Romano

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Mercredi 14 Janvier 2015 à 10:46
Danse pendant la messe de canonisation de Joseph Vaz, au Sri Lanka.

Il est sept heures quarante-cinq du matin et déjà un grand soleil inonde le Galle Face Green, un parc longeant la mer, au nord de Colombo. Le Pape a traversé la foule en papamobile avant le début de la messe de canonisation du bienheureux Joseph Vaz. On parle de plus de mille prêtres concélébrant la messe et de plus de 500 000 fidèles, dont un tiers qui a prié le rosaire avant de dormir sur place. Ceux qui se sont endormis sur le trajet de la papamobile ont été réveillés à 4 heures du matin! Parmi eux se trouvent de nombreux Indiens venus de Goa.

Un missionnaire clandestin

Né dans cette ville du sud de l’Inde en 1651, Joseph Vaz est considéré par les catholiques comme « l’apôtre du pays ». Fondateur en 1684 d’une société de prêtre suivant l’Oratoire de saint Philippe de Neri, il prend la décision de se rendre au Sri Lanka, sous domination hollandaise et calviniste. L’Église y vit des heures sombres. Elle est privée de prêtre depuis trente ans. Joseph Vaz, à la peau sombre, rentre incognito au Sri Lanka en 1686, comme ouvrier mendiant. Il recherche de nuit les catholiques pour échapper à la surveillance des Hollandais. Pour leur échapper, il part vers le sud, dans le Royaume bouddhiste de Kandy. Il y sera emprisonné. On le prend pour un espion. Mais le détenu se comporte si bien qu’il impressionne ses gardiens, puis le roi qui décide, finalement, de le libérer et lui permet de poursuivre sa mission. Le prêtre partagera sa vie entre le royaume de Kandy et des excursions clandestines sur les côtes hollandaises. Il meurt exténué à l’âge de 49 ans. Joseph Vaz , avec un autre prêtre, a également traduit la Bible en langue cinghalaise.

Sauveur de la foi alors qu’elle était menacée dans le pays, l’Église sri-lankaise a demandé, dès 1737, sa béatification qui fut célébrée par saint Jean-Paul II, le 15 janvier 1995. Vingt ans plus tard, à un jour près, le pape François a canonisé Joseph Vaz représenté ce mercredi par une statue de bois. L’autel est d’ailleurs le même que celui utilisé en 1995.

Des chanteurs venus de tout le pays

Ce mercredi, le Sri Lanka a son premier saint. La joie est immense, comme le prouvent les 500 000 personnes rassemblées ce matin, dont des bouddhistes et des hindous. Une tristesse cependant, les catholiques n’ont pas de lieu où aller prier leur saint. Joseph Vaz serait enterré sous une station de police à Kandy.

Lors de cette messe, célébrée en anglais, cinghalais et tamoul, la richesse de la culture sri-lankaise était de nouveau à l’honneur. Le chœur et l’orchestre ont notamment fait résonner des mélodies qui ressemblaient peu à celle de la basilique Saint-Pierre. Il émane une grande douceur de l’interprétation des étudiants musiciens ou chanteurs. Venant de tous les diocèses du pays, ils ont fait des miracles après seulement deux jours de répétitions générales dans la capitale.

 

Radio Vatican

Crédit photo: L'Osservatore Romano

Vidéo: CTV

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Mardi 13 Janvier 2015 à 12:20
Le Pape porte un khata donné par Kurakkal SivaSri T. Mahadeva, prêtre hindou

Aujourd’hui, le Pape a donné un discours devant des responsables bouddhistes, hindous, musulmans, et chrétiens, dans un pays profondément marqué par 37 ans de guerre civile. Voici le texte intégral du discours du pape François.

 

Rencontre interreligieuse et œcuménique

Colombo, Bandaranaike Memorial, 13 janvier 2015

Chers amis, je suis reconnaissant de l’occasion qui m’est donnée de participer à cette rencontre, qui réunit ensemble – parmi d’autres – les quatre communautés religieuses les plus grandes qui font partie intégrante de la vie du Sri Lanka : bouddhisme, hindouisme, islam et christianisme. Je vous remercie de votre présence et de votre accueil chaleureux. Je remercie aussi tous ceux qui ont offert des prières et des bénédictions, et j’exprime particulièrement ma gratitude à l’évêque Cletus Chandrasiri Perera et au vénérable Vigithasiri Niyangoda Thero pour leurs aimables paroles.

Un esprit de respect pour les autres traditions et croyances

Je suis venu au Sri Lanka sur les traces de mes prédécesseurs, les papes Paul VI et Jean-Paul II, pour montrer le grand amour et la sollicitude de l’Église pour le Sri Lanka. C’est pour moi une grâce particulière de visiter la communauté catholique de ce lieu, de la confirmer dans la foi au Christ, de prier avec elle et d’en partager la joie et les souffrances. Et c’est aussi une grâce d’être avec vous tous, hommes et femmes de ces grandes traditions religieuses, qui partagez avec nous un désir de sagesse, de vérité et de sainteté.

Lors du concile Vatican II, l’Église catholique a déclaré son respect profond et durable envers les autres religions. Elle a déclaré qu’« elle ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines » (Nostra aetate, n. 2). Pour ma part, je souhaite réaffirmer le respect sincère de l’Église pour vous, pour vos traditions et vos croyances.
C’est dans cet esprit de respect que l’Église catholique souhaite coopérer avec vous, et avec toutes les personnes de bonne volonté, dans la recherche de la prospérité de tous les Srilankais. J’espère que ma visite aidera à encourager et à approfondir les diverses formes de coopération interreligieuse et œcuménique, qui ont été entreprises ces dernières années.

Quand nos convictions sont sincères, le dialogue est efficace

Ces initiatives louables ont offert des occasions de dialogue, essentiel si nous voulons nous comprendre et nous respecter mutuellement. Mais, comme l’enseigne l’expérience, pour qu’un tel dialogue et une telle rencontre soient efficaces, ils doivent se fonder sur une présentation complète et sincère de nos convictions respectives. Certainement, un tel dialogue fera ressortir combien nos croyances, traditions et pratiques sont différentes. Et cependant, si nous sommes honnêtes dans la présentation de nos convictions, nous serons capables de voir plus clairement tout ce que nous avons en commun. De nouvelles routes s’ouvriront pour une estime mutuelle, une coopération et, certainement, une amitié.

La guérison et l’unité pour le bien du pays

De tels développements positifs dans les relations interreligieuses et œcuméniques ont une signification particulière et urgente au Sri Lanka. Pendant trop longtemps les hommes et les femmes de ce pays ont été victimes de lutte civile et de violence. Ce qui est nécessaire aujourd’hui c’est la guérison et l’unité, et non de nouveaux conflits et de nouvelles divisions. La promotion de la guérison et de l’unité est, certainement, un engagement noble, qui incombe à tous ceux qui ont au cœur le bien de la nation et, en vérité, de toute la famille humaine. J’espère que la collaboration interreligieuse et œcuménique montrera que les hommes et les femmes ne doivent pas oublier leur propre identité, ethnique ou religieuse, pour vivre en harmonie avec leurs frères et sœurs.
Combien nombreuses sont les façons d’accomplir ce service, pour les disciples des diverses religions ! Combien il y a de nécessités dont il faut prendre soin, avec le baume thérapeutique de la solidarité fraternelle ! Je pense en particulier aux nécessités matérielles et spirituelles des pauvres, des personnes dans le besoin, de tous ceux qui attendent avec anxiété une parole de consolation et d’espérance. Je pense ici aussi aux nombreuses familles qui continuent de pleurer la perte de leurs êtres chers.

Surtout, en ce moment de l’histoire de votre nation, combien de personnes de bonne volonté cherchent à reconstruire les fondements moraux de toute la société ! Puisse l’esprit croissant de coopération entre les responsables des différentes communautés religieuses trouver une expression dans l’engagement à mettre la réconciliation entre tous les Sri-Lankais au cœur de chaque effort pour renouveler la société et ses institutions.

Pour le bien de la paix, on ne doit pas permettre que les croyances religieuses soient utilisées abusivement pour la cause de la violence et de la guerre. Nous devons être clairs et sans équivoques lorsque nous mettons nos communautés au défi de vivre pleinement les commandements de la paix et de la coexistence, qui se trouvent en chacune des religions, et lorsque nous dénonçons les actes de violence qui sont commis.

Chers amis, je vous remercie encore pour l’accueil généreux et pour votre attention. Que cette rencontre fraternelle confirme tous nos efforts pour vivre en harmonie et pour répandre les bénédictions de la paix.

 

Radio Vatican

Crédit photo: aleteia.org

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