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Lundi 19 Janvier 2015 à 12:02
Le pape François rencontre les jeunes à l'université St-Thomas de Manille

Le matin du 18 janvier, le Saint-Père s'est rendu à l'Université pontificale St.Thomas de Manille, la plus ancienne institution d'enseignement catholique du pays, fondée par les Dominicains. Il y a d'abord rencontré les représentants des diverses confessions chrétiennes et religions des Philippines puis, après une rapide visite du campus a rencontré le monde universitaire. Au cours d'une liturgie de la Parole au centre sportif, il s'est adressé à au moins 30 000 étudiants, improvisant en espagnol à partir du texte préparé en anglais. Avant d'intervenir, à peine averti de la triste nouvelle, il a demandé de prier pour une volontaire de 27 ans (Kristel Padasas), morte lors de la messe à Tacloban, et pour sa famille.

 

VIS

Crédit photo: timesofmalta.com

Vidéo par KTO TV

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Lundi 19 Janvier 2015 à 11:24
Le Pape François salue les personnes venues le rencontrer à Tacloban.

C’est avec quatre heures d’avance sur le programme prévu que le pape François a achevé son étape à Tacloban, dans le sud des Philippines, épicentre du terrible typhon Haiyan de novembre 2013, qui avait tout dévasté sur son passage, et causé la mort de milliers de personnes. Le Pape, arrivé vers 9 heures locales, a décollé à nouveau pour Manille vers 13 heures locales. La menace en effet d’une tempête tropicale, avec de forts vents et pluie battante, a contraint le Saint-Père à célébrer sur le tarmac de l’aéroport une messe aussi rapide qu’émouvante, dont le temps fort aura été son homélie improvisée en espagnol et traduite simultanément en anglais. Homélie d’une grande simplicité pour dire aux survivants de cette catastrophe d’il y a un an que lui le Pape est proche d’eux, qu’il savait depuis le jour du drame qu’il devait venir jusque-là pour les soutenir dans l’épreuve et les réconforter.

Toute l’étape aura été menée au pas de course. Après la messe, François a quitté l'esplanade de l'aéroport, pour se rendre à l'archevêché de Palo, distant de quelques kilomètres, où il a pris un repas avec 30 survivants du typhon. Sur la route il a même pris le temps de s'arrêter une dizaine de minutes dans la maison d'une famille de pêcheurs. Après le déjeuner (dîner) le Pape s'est rendu quelques instants à la cathédrale de Palo où il a salué rapidement l'ensemble du clergé de la région qui l'attendait pour une rencontre, mais réduite à quelques instants vu les conditions météo très difficiles. Ce qui n’a pas empêché François de demander à l’assistance d’entonner un « Happy Birthday » à l’attention du cardinal secrétaire d’État, Pietro Parolin, qui a fêté ce samedi ses 60 ans.

Et le Pape devait lui-même expliquer que malheureusement il ne pouvait tarder, qu’il lui fallait pour cause de mauvais temps, regagner l’aéroport. Son discours n’a donc pas été prononcé mais tout simplement remis. « Je vous demande pardon », a déclaré le Pape en annonçant qu'il devait partir plus tôt que prévu. « Cela me rend triste, vraiment ». C'est pour les mêmes raisons que le Pape a été contraint également d'abréger la cérémonie prévue pour la bénédiction d'un tout nouveau centre encore en construction d'aide aux orphelins et aux personnes âgées.

Dans le message qu’il devait initialement lire à la cathédrale de Palo, le Saint-Père évoquait la générosité des prêtres et des religieux après le passage du typhon Haiyan. Fustigeant les pillages et les profiteurs, il demandait que tous les pauvres du pays soient traités équitablement : leur dignité doit être respectée, les politiques économiques et sociales doivent être justes et inclusives, les possibilités d'emploi et d'éducation doivent être développées, et les obstacles aux services sociaux doivent disparaître. Si le pape François est parvenu à conforter la foi des survivants, cette journée laissera un goût amer aux organisateurs et participants.

En raison du mauvais temps, l’avion transportant les membres du gouvernement venus assister à la messe papale est sorti de la piste détrempée finissant sa course sur le ventre. Il n’y a pas eu de blessés. En revanche, une jeune volontaire de Catholic Relief Service a été tuée à l’issue de la messe par un échafaudage emporté par le vent. L'ensemble de l'étape de Tacloban, avec cette menace de tempête tropicale, aura donc perturbé résolument le déroulement de la journée, réduisant de quelques heures le programme prévu initialement. Restera cependant toute l’intensité de cette rencontre au plus près du pape François avec la population de Tacoblan, si inquiète jusqu’à ce samedi matin, que le Pape ne puisse les rejoindre. Comme quelques heures volées aux caprices du temps et des éléments.

Radio Vatican

Crédit photo: Johannes Eisele/AFP/Getty Images

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Vendredi 16 Janvier 2015 à 14:46
Le pape François salue quelques-unes des milliers de personnes venues le rencontrer.

« Nous devons être attentifs parce que la famille semble devoir être colonisée de nos jours par qui voudrait la détruire, une colonisation qui n’a pas le sens de la prière, de notre mission, de notre Dieu ». Voilà ce que le pape François a déclaré en improvisant en espagnol alors qu’il s’adressait à des milliers de personnes réunies dans l’énorme salle de congrès du Mall of Asia Arena de Manille lors de sa rencontre avec les familles. « Comme dans l’histoire de notre peuple, a ajouté le Pape, nous avons été capables de dire non à la colonisation politique, nous devons dire non aujourd’hui à la colonisation idéologique contre la famille ».

Reprenant son texte en anglais, le Pape a souligné que « les pressions sur la vie de la famille aujourd’hui sont nombreuses. Ici, aux Philippines, d’innombrables familles souffrent encore des conséquences des catastrophes naturelles. La situation économique a provoqué la désintégration des familles avec l’émigration et la recherche d’un emploi ; en outre, des problèmes financiers étreignent beaucoup de foyers. Tandis que trop de personnes vivent dans la pauvreté extrême, d’autres sont saisies par le matérialisme et par des styles de vie qui détruisent la vie familiale et les exigences les plus fondamentales de la morale chrétienne. La famille est aussi menacée par les efforts croissants de certains pour redéfinir l’institution même du mariage par le relativisme, la culture de l’éphémère et un manque d’ouverture à la vie. »

Notre monde a besoin de bonnes et fortes familles pour vaincre ces menaces!

Improvisant encore, le pape François a rappelé le courage du pape Paul VI d’aller à contre-courant avec son encyclique Humanae Vitae. « Aux confesseurs, a rappelé le pape François, il demanda d’être plus miséricordieux et compréhensifs dans les cas de plus grande souffrance », « mais quant à l’Humanité, au peuple de la terre, il pensa à la menace de la destruction de la famille avec la privation des enfants. Paul VI était courageux, un bon pasteur, il alerta ses fils de la menace qui planait, et je souhaite qu’aujourd’hui il nous bénisse du ciel ».

Le Pape a beaucoup parlé de l'importance de la prière au sein des familles, mais aussi de ne pas avoir peur d'avoir des rêves, car sinon, on perd la capacité d'aimer.

La rencontre avec les familles a été ponctuée par de très beaux chants et des témoignages très poignants. Et aussi pas mal d'éclats de rire de toute l'assemblée.

 

Radion Vatican

Crédit photo: newsinfo.inquirer.net

Vidéo: CTV

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Vendredi 16 Janvier 2015 à 11:48
Le pape François s'adresse aux membres du clergé et aux religieuses, religieux et séminaristes philippins.

C’est sans aucun doute le thème de la pauvreté et des inégalités sociales que le pape François a décidé d’affronter dès les premières prises de parole de son voyage aux Philippines. Après un discours très ferme aux autorités politiques du pays sur l’obligation morale de lutter contre la corruption dans un pays où elle est un chancre depuis longtemps, le Pape a décliné ce même thème lors de la messe qui a suivi en la cathédrale de Manille, célébrée en présence des évêques, prêtres, religieuses, religieux et séminaristes philippins.

« Comme l’ont justement enseigné les évêques des Philippines, a déclaré le Pape, l’Église aux Philippines est appelée à reconnaître et combattre les causes de l’inégalité et de l’injustice, profondément enracinées, qui salissent le visage de la société philippine, en s’opposant clairement aux enseignements du Christ. L’Évangile appelle les chrétiens à avoir des vies honnêtes, intègres, et soucieuses du bien commun. Mais il appelle aussi les communautés chrétiennes à créer des "cercles d’intégrité", des réseaux de solidarité qui peuvent pousser à embrasser et à transformer la société par leur témoignage prophétique ».

Réfléchissant sur la « pauvreté du Christ », le Pape a mis en garde contre « la grande menace de tomber dans un certain matérialisme qui peut s’insinuer dans nos vies et compromettre le témoignage que nous donnons ». « C’est seulement en devenant nous-mêmes pauvres, en renonçant à notre auto-accomplissement, a ajouté le pape François, que nous pourrons nous identifier aux derniers de nos frères et sœurs ». Pour François, c’est l’unique façon de pouvoir répondre avec honnêteté et avec intégrité au défi d’annoncer la radicalité de l’Évangile dans une société habituée à l’exclusion, à la polarisation et à la « scandaleuse inégalité », reprenant ainsi mot pour mot ce qu’il avait déclaré dans son allocution précédente à la classe politique philippine au palais présidentiel de Manille.

Le pape François devait alors encourager l’ensemble du corps ecclésial philippin à se faire « proche de ceux qui, en vivant au milieu d’une société alourdie par la pauvreté et par la corruption, sont découragés en esprit, tentés de tout laisser tomber, d’arrêter l’école et de vivre dans les rues. Proclamez la beauté et la vérité du message chrétien à une société qui est tentée par des présentations confuses de la sexualité, du mariage et de la famille », a-t-il conclu.

Texte intégral du pape François

Radio Vatican

Crédit photo: L'Osservatore Romano

Vidéo: CTV

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