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Vendredi 23 Janvier 2015 à 11:13
Une famille Philippine donne son témoignage au Pape, à Manilles.

Il n’existe pas de familles parfaites, mais il ne faut pas avoir peur de l’imperfection. C’est le pape François qui l’affirme dans un texte rendu public vendredi. C’est en effet à la famille qu’il a voulu consacrer son message annuel pour la Journée mondiale des communications sociales publié à la veille de la fête de saint François de Sales, patron des journalistes. (Texte intégral : Communiquer la famille : milieu privilégié de la rencontre dans la gratuité de l'amour)

 

Car, écrit-il, la famille est une école de communication et non pas un objet de batailles idéologiques. Le Saint-Père invite à ne pas craindre les conflits, mais à les affronter de manière constructive. C’est au sein de la famille, plus que partout ailleurs, qu’on découvre ses propres limites et celles des autres, ainsi que les problèmes petits et grands de la coexistence. La famille peut devenir une école de pardon. Un enfant qui apprend au sein de sa famille à écouter les autres, à parler avec respect, à exprimer son point de vue sans nier celui des autres deviendra un bâtisseur de dialogue et de réconciliation dans la société.

Le pape François invite à redécouvrir que la famille est toujours une grande ressource et pas un problème ou une institution en crise. Il regrette que les médias la présentent comme un modèle abstrait qu’il faut accepter ou refuser, défendre ou attaquer, comme une idéologie des uns contre les autres alors qu’il s’agit d’une réalité concrète qui doit être vécue. L’information est certes importante, reconnaît-il, mais elle ne suffit pas. Trop souvent elle simplifie, elle oppose les différences et renvoie dos à dos au lieu de proposer un regard d’ensemble.

Il faut réapprendre à raconter et pas seulement à produire et à consommer des informations. La communication doit donc devenir plus authentique et humaine. Le Souverain Pontife invite donc les journalistes à comprendre que les voix sont multiples et que chacune est irremplaçable, surtout dans une société marquée par les médisances, les bavardages et la zizanie. Le défi est de taille, car aujourd’hui les nouveaux médias occupent une place importante notamment auprès des plus jeunes. Ils peuvent entraver la communication s’ils deviennent un moyen de se soustraire à l’écoute des autres, de s’isoler, de combler tous les silences. Ils peuvent au contraire aider à renouer ou à garder des contacts, à remercier ou à demander pardon. D’où la nécessité d’orienter les nouvelles technologies plutôt que de se laisser guider par elles.

Quant aux familles, le pape François les exhorte à ne pas lutter pour défendre le passé mais à travailler, avec patience et confiance dans leurs milieux de vie, pour construire l’avenir. Après l’assemblée extraordinaire d’octobre dernier, un autre synode des évêques sera consacré à la famille en octobre prochain. C’est dire l’importance que le Souverain Pontife attache à cette thématique. 

Radio Vatican

Crédit photo: L'Osservatore Romano

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Lundi 19 Janvier 2015 à 15:19
Le Pape François salue la foule Rizal Park, Manille.

Le Rizal Park de Manille était comble pour la messe qui a conclu la visite du Pape aux Philippines, précisément le jour d’une fête chère aux catholiques du pays, le dimanche du Santo Niño. Les médias soulignent la présence d’au moins six millions de personnes, et à celles-ci il faut ajouter ceux qui, ces derniers jours, sont descendus dans les rues de la capitale et de l’île de Leyte dévastée par le plus terrible typhon dont on ait le souvenir, et où François a prononcé des paroles inoubliables: je devais être ici. Auparavant, le Pape a été accueilli avec intérêt et sympathie au Sri Lanka, où les catholiques sont une minorité et où sa présence a encouragé le dialogue et la collaboration entre les différentes religions et dans la société, qui sort d’une longue guerre civile.

Le voyage en Asie a confirmé que François a la Mission dans son cœur, témoin de la miséricorde de Dieu et de l’Évangile. Comme on l’a vu au cours des deux rencontres du dimanche consacré au petit Jésus habillé comme un roi: au cours de celle avec les jeunes et pendant la messe au Rizal Park, qui s’est terminée par les remerciements très chaleureux du président de la conférence épiscopale, Mgr Villegas, et de l’archevêque de Manille, le cardinal Tagle, plusieurs fois interrompus par les applaudissements et qui ont su interpréter la gratitude et l’affection des Philippins pour le Pape.

Comme pendant la rencontre avec les familles, également lors de celle avec les jeunes le pape François a abandonné le discours préparé et, après avoir rappelé la volontaire morte à Leyte, il a longuement improvisé en espagnol, interpellé et visiblement ému par les témoignages, dans ce cas de deux enfants sauvés de la rue et de deux jeunes engagés au service des autres. Face à la réalité dramatique de la misère et de l’exploitation ignoble de très nombreux mineurs, jusqu’aux abus et au phénomène répugnant du tourisme sexuel, mais aussi sur la pauvreté autoréférentielle présente dans une société toujours plus submergée par les informations, le Pape a trouvé des mots qui ne s’adressent pas seulement aux jeunes philippins.

Jorge Mario Bergoglio a ainsi fait l’éloge de la femme, frappé par les larmes de la petite fille qui venait de raconter sa bouleversante histoire, se demandant le pourquoi de la souffrance des plus petits: « Parfois nous sommes trop machistes et nous ne laissons pas de place à la femme. Mais la femme sait voir les choses avec des yeux différents des hommes. La femme sait poser des questions que nous les hommes nous ne réussissons pas à comprendre. Faites attention: aujourd’hui, elle a posé la seule question qui n’a pas de réponse. Et les mots ne lui venaient pas à la bouche, elle a dû le dire avec les larmes. Ainsi, quand le prochain pape viendra à Manille, il faut qu’il y ait plus de femmes! », s’est-il exclamé. Assimilant ensuite les larmes de la petite fille à celles de Jésus qui pleure, comme le racontent plusieurs fois les évangiles.

En célébrant le Santo Niño en conclusion de journées mémorables, François a de nouveau évoqué la nécessité, alors que dans toute l’Église on prépare le deuxième synode sur la famille, de la protéger « contre les attaques insidieuses et les programmes contraires à tout ce que nous tenons pour vrai et sacré, tout ce qu’il y a de plus beau et de plus noble dans notre culture ». Dans un effort pour déchiffrer le « dessein de Dieu sur nous », qui a pour seul but de construire un monde d’honnêteté et de paix.

L'Osservatore Romano (L'OR)

Titre original de l'article: Éditorial du Directeur, "L'Osservatore Romano": ​Le dimanche du Santo Niño

Crédit photo: AP/L'Osservatore Romano/ Pool

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Lundi 19 Janvier 2015 à 12:02
Le pape François rencontre les jeunes à l'université St-Thomas de Manille

Le matin du 18 janvier, le Saint-Père s'est rendu à l'Université pontificale St.Thomas de Manille, la plus ancienne institution d'enseignement catholique du pays, fondée par les Dominicains. Il y a d'abord rencontré les représentants des diverses confessions chrétiennes et religions des Philippines puis, après une rapide visite du campus a rencontré le monde universitaire. Au cours d'une liturgie de la Parole au centre sportif, il s'est adressé à au moins 30 000 étudiants, improvisant en espagnol à partir du texte préparé en anglais. Avant d'intervenir, à peine averti de la triste nouvelle, il a demandé de prier pour une volontaire de 27 ans (Kristel Padasas), morte lors de la messe à Tacloban, et pour sa famille.

 

VIS

Crédit photo: timesofmalta.com

Vidéo par KTO TV

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Lundi 19 Janvier 2015 à 11:24
Le Pape François salue les personnes venues le rencontrer à Tacloban.

C’est avec quatre heures d’avance sur le programme prévu que le pape François a achevé son étape à Tacloban, dans le sud des Philippines, épicentre du terrible typhon Haiyan de novembre 2013, qui avait tout dévasté sur son passage, et causé la mort de milliers de personnes. Le Pape, arrivé vers 9 heures locales, a décollé à nouveau pour Manille vers 13 heures locales. La menace en effet d’une tempête tropicale, avec de forts vents et pluie battante, a contraint le Saint-Père à célébrer sur le tarmac de l’aéroport une messe aussi rapide qu’émouvante, dont le temps fort aura été son homélie improvisée en espagnol et traduite simultanément en anglais. Homélie d’une grande simplicité pour dire aux survivants de cette catastrophe d’il y a un an que lui le Pape est proche d’eux, qu’il savait depuis le jour du drame qu’il devait venir jusque-là pour les soutenir dans l’épreuve et les réconforter.

Toute l’étape aura été menée au pas de course. Après la messe, François a quitté l'esplanade de l'aéroport, pour se rendre à l'archevêché de Palo, distant de quelques kilomètres, où il a pris un repas avec 30 survivants du typhon. Sur la route il a même pris le temps de s'arrêter une dizaine de minutes dans la maison d'une famille de pêcheurs. Après le déjeuner (dîner) le Pape s'est rendu quelques instants à la cathédrale de Palo où il a salué rapidement l'ensemble du clergé de la région qui l'attendait pour une rencontre, mais réduite à quelques instants vu les conditions météo très difficiles. Ce qui n’a pas empêché François de demander à l’assistance d’entonner un « Happy Birthday » à l’attention du cardinal secrétaire d’État, Pietro Parolin, qui a fêté ce samedi ses 60 ans.

Et le Pape devait lui-même expliquer que malheureusement il ne pouvait tarder, qu’il lui fallait pour cause de mauvais temps, regagner l’aéroport. Son discours n’a donc pas été prononcé mais tout simplement remis. « Je vous demande pardon », a déclaré le Pape en annonçant qu'il devait partir plus tôt que prévu. « Cela me rend triste, vraiment ». C'est pour les mêmes raisons que le Pape a été contraint également d'abréger la cérémonie prévue pour la bénédiction d'un tout nouveau centre encore en construction d'aide aux orphelins et aux personnes âgées.

Dans le message qu’il devait initialement lire à la cathédrale de Palo, le Saint-Père évoquait la générosité des prêtres et des religieux après le passage du typhon Haiyan. Fustigeant les pillages et les profiteurs, il demandait que tous les pauvres du pays soient traités équitablement : leur dignité doit être respectée, les politiques économiques et sociales doivent être justes et inclusives, les possibilités d'emploi et d'éducation doivent être développées, et les obstacles aux services sociaux doivent disparaître. Si le pape François est parvenu à conforter la foi des survivants, cette journée laissera un goût amer aux organisateurs et participants.

En raison du mauvais temps, l’avion transportant les membres du gouvernement venus assister à la messe papale est sorti de la piste détrempée finissant sa course sur le ventre. Il n’y a pas eu de blessés. En revanche, une jeune volontaire de Catholic Relief Service a été tuée à l’issue de la messe par un échafaudage emporté par le vent. L'ensemble de l'étape de Tacloban, avec cette menace de tempête tropicale, aura donc perturbé résolument le déroulement de la journée, réduisant de quelques heures le programme prévu initialement. Restera cependant toute l’intensité de cette rencontre au plus près du pape François avec la population de Tacoblan, si inquiète jusqu’à ce samedi matin, que le Pape ne puisse les rejoindre. Comme quelques heures volées aux caprices du temps et des éléments.

Radio Vatican

Crédit photo: Johannes Eisele/AFP/Getty Images

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