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Jeudi 21 Avril 2011 à 09:41

Le Jeudi saint se conclut par l’Adoration eucharistique, dans le souvenir de l’agonie du Seigneur dans le jardin de Gethsémani. Ayant quitté le Cénacle, il se retira pour prier, seul, devant le Père. Dans ce moment de communion profonde, les Évangiles rapportent que Jésus ressentit une profonde angoisse, une souffrance telle qu’il verse une sueur de sang (cf. Mt 26, 38).

La somnolence des disciples

Conscient de sa mort imminente sur la croix, il ressent une profonde angoisse et l’approche de la mort. Dans cette situation, apparaît également un élément de grande importance pour toute l’Église. Jésus dit aux siens : demeurez ici et veillez ; et cet appel à la vigilance concerne précisément ce moment d’angoisse, de menace, au cours duquel arrivera le traître, mais il concerne toute l’histoire de l’Église. C’est un message permanent pour tous les temps, car la somnolence des disciples était le problème non seulement de ce moment, mais est le problème de toute l’Histoire. La question est de savoir en quoi consiste cette somnolence, et en quoi consisterait la vigilance à laquelle le Seigneur nous invite.

Le manque de sensibilité de l’âme

Je dirais que la somnolence des disciples tout au long de l’Histoire est un certain manque de sensibilité de l’âme pour le pouvoir du mal, un manque de sensibilité pour tout le mal du monde. Nous ne voulons pas nous laisser trop troubler par ces choses, nous voulons les oublier : nous pensons que peut-être ce ne sera pas si grave, et nous oublions. Et il ne s’agit pas seulement de manque de sensibilité pour le mal, alors que nous devrions veiller pour faire le bien, pour lutter pour la force du bien. C’est un manque de sensibilité pour Dieu : telle est notre véritable somnolence ; ce manque de sensibilité pour la présence de Dieu qui nous rend insensibles également au mal. Nous ne sentons pas Dieu – cela nous dérangerait – et ainsi, nous ne sentons pas non plus naturellement la force du mal et nous restons sur le chemin de notre confort.

L’adoration nocturne du Jeudi saint, la vigilance avec le Seigneur, devrait être précisément le moment pour nous faire réfléchir sur la somnolence des disciples, des défenseurs de Jésus, des apôtres, de nous, qui ne voyons pas, qui ne voulons pas voir toute la force du mal, et qui ne voulons pas entrer dans sa passion pour le bien, pour la présence de Dieu dans le monde, pour l’amour du prochain et de Dieu.

Le Christ ressent la souffrance de l’Humanité

Puis le Seigneur commence à prier. Les trois apôtres – Pierre, Jacques et Jean – dorment, mais quelques fois se réveillent, et entendent le refrain de cette prière du Seigneur : « Que soit faite non pas ma volonté, mais ta volonté ». Qu’est-ce que ma volonté, qu’est-ce que ta volonté dont parle le Seigneur ? Ma volonté est « qu’il ne devrait pas mourir », que lui soit épargnée la coupe de la souffrance : c’est la volonté humaine, de la nature humaine, et le Christ ressent, avec toute la conscience de son être, la vie, l’abîme de la mort, la terreur du néant, cette menace dela souffrance. Et lui plus que nous, qui avons cette aversion naturelle pour la mort, cette peur naturelle de la mort, encore plus que nous, il ressent l’abîme du mal. Il ressent, avec la mort, également toute la souffrance de l’Humanité. Il sent que tout cela est la coupe qu’il doit boire, qu’il doit s’obliger à boire, il doit accepter le mal du monde, tout ce qui est terrible, l’aversion pour Dieu, tout le péché. Et nous pouvons comprendre que Jésus, avec son âme humaine, est terrorisé face à cette réalité, qu’il perçoit dans toute sa cruauté : ma volonté serait de ne pas boire cette coupe, mais ma volonté est soumise à ta volonté, à la volonté de Dieu, à la volonté du Père, qui est également la véritable volonté du Fils.

Sortir de notre « non » et entrer dans le « oui » du Christ

Et ainsi, Jésus transforme, dans cette prière, l’aversion naturelle, l’aversion pour la coupe, pour sa mission de mourir pour nous ; il transforme sa volonté naturelle en volonté de Dieu, dans un « oui » à la volonté de Dieu. L’Homme en soi est tenté de s’opposer à la volonté de Dieu, d’avoir l’intention de suivre sa propre volonté, de se sentir libre uniquement s’il est autonome ; il oppose sa propre autonomie à l’hétéronomie de suivre la volonté de Dieu. Cela est tout le drame de l’Humanité. Mais en vérité, cette autonomie est fausse et cette obéissance à la volonté de Dieu n’est pas une opposition à soi-même, n’est pas un esclavage qui viole ma volonté, mais cela signifie entrer dans la vérité et dans l’amour, dans le bien.

Et Jésus tire notre volonté, qui s’oppose à la volonté de Dieu, qui cherche l’autonomie, il tire notre volonté vers le haut, vers la volonté de Dieu. Tel est le drame de notre rédemption, que Jésus tire vers le haut notre volonté, toute notre aversion pour la volonté de Dieu et notre aversion pour la mort et le péché, et l’unit à la volonté du Père : « Non pas ma volonté mais la tienne ». Dans cette transformation du « non » en « oui », dans cette insertion de la volonté de la créature dans la volonté du Père, il transforme l’Humanité et nous rachète. Et il nous invite à entrer dans son mouvement : sortir de notre « non » et entrer dans le « oui » du Fils. Ma volonté existe, mais la volonté du Père est décisive, car elle est la vérité et l’amour.

Abba

Un ultérieur élément de cette prière me semble important. Les trois témoins ont conservé – comme on le voit dans les Saintes Écritures – la parole juive ou araméenne avec laquelle le Seigneur a parlé au Père, il l’a appelé « Abbà », père. Mais cette formule, « Abbà », est une forme familière du terme père, une forme qui s’utilise uniquement en famille, qui n’a jamais été utilisée à l’égard de Dieu. Ici, nous voyons dans l’intimité de Jésus comment il parle en famille, il parle vraiment comme un Fils à son Père. Nous voyons le mystère trinitaire : le Fils qui parle avec le Père et rachète l’Humanité.

Celui qui ouvre le ciel et la porte à la résurrection

Encore une remarque. La Lettre aux Hébreux nous a donné une profonde interprétation de cette prière du Seigneur, de ce drame de Gethsémani. Elle dit : ces larmes de Jésus, cette prière, ce cri de Jésus, cette angoisse, tout cela n’est pas simplement une concession à la faiblesse de la chair, comme on pourrait le dire. C’est précisément ainsi qu’il réalise la charge de Souverain Prêtre, parce que le Souverain Prêtre doit porter l’être humain, avec tous ses problèmes et ses souffrances, à la hauteur de Dieu. Et la Lettre aux Hébreux dit : avec tous ces cris, ces larmes, ces souffrances, ces prières, le Seigneur a porté notre réalité à Dieu (cf. Hb 5, 7sqq). Et il utilise ce mot grec « prosferein », qui est le terme technique de ce que doit faire le Souverain Prêtre pour offrir, pour élever les mains.

C’est précisément dans ce drame de Gethsémani, où il semble que la force de Dieu ne soit plus présente, que Jésus réalise la fonction du Souverain Prêtre. Et il dit en outre que dans cet acte d’obéissance, c’est-à-dire de conformation de la volonté naturelle humaine à la volonté de Dieu, il est perfectionné comme prêtre. Et il utilise de nouveau le mot technique pour ordonner prêtre.C’est précisément ainsi qu’il devient réellement le Souverain Prêtre de l’Humanité et ouvre ainsi le ciel et la porte à la résurrection.

(Extrait de la catéchèse prononcée par le pape Benoît XVI, le mercredi 20 avril 2011, au cours de l’audience générale. Place Saint-Pierre – Vatican)

© Copyright du texte original plurilingue : Libreria Editrice Vaticana

Traduction : Zenit

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Lundi 11 Avril 2011 à 13:39
Notre résurrection - couché de soleil

Le Christ abat le mur de la mort, en lui habite toute la plénitude de Dieu, qui est la vie, la vie éternelle - Benoît XVI

5e dimanche de Carême – Angélus du dimanche, 10 avril 2011

S.S. le pape Benoît XVI

Chers frères et sœurs,

Il n’y a plus que deux semaines avant Pâques et les lectures bibliques de ce dimanche parlent toutes de la résurrection. Pas encore de celle de Jésus, qui surgira comme une nouveauté absolue, mais de notre résurrection, celle à laquelle nous aspirons, et que justement le Christ nous a donnée, en ressuscitant des morts.

En effet, la mort représente pour nous comme un mur qui nous empêche de voir au-delà ; et pourtant notre cœur se porte au-delà de ce mur, et même si nous ne pouvons pas connaître ce qu’il cache, cependant nous y pensons, nous l’imaginons, en exprimant notre désir d’éternité par des symboles.

Au peuple juif, en exil loin de la Terre d’Israël, le prophète Ézéchiel annonce que Dieu ouvrira les tombeaux des déportés et les fera revenir sur leur terre, pour qu’ils y reposent en paix (Ez 37,12-14). Cette aspiration ancestrale de l’Homme à être enterré avec ses ancêtres est une aspiration à une « patrie » qui l’accueille au terme des fatigues terrestres.

Cette conception ne comporte pas encore l’idée d’une résurrection des morts personnelle : elle apparaît seulement vers la fin de l’Ancien Testament, et elle n’était encore pas accueillie par tous les Juifs au temps de Jésus.

Du reste chez les Chrétiens aussi, il n’est pas rare que la foi dans la résurrection et dans la vie éternelle s’accompagne de nombreux doutes, de beaucoup de confusion, parce qu’il s’agit toujours d’une réalité qui dépasse les limites de notre raison, et requiert un acte de foi.

Dans l’Évangile d’aujourd’hui – la résurrection de Lazare – nous écoutons la voix de la foi dans la bouche de Marthe, sœur de Lazare. À Jésus qui lui dit : « Ton frère ressuscitera », elle répond : « Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection » (Jn 11, 23-24). Mais Jésus répond : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » (Jn 11, 25-26).

Voilà la vraie nouveauté, qui surgit et dépasse toutes les barrières ! Le Christ abat le mur de la mort, en lui habite toute la plénitude de Dieu, qui est la vie, la vie éternelle. C’est pourquoi la mort n’a pas eu de pouvoir sur lui : et la résurrection de Lazare est le signe de sa domination totale sur la mort physique, qui devant Dieu est comme un sommeil (Jn 11, 11).

Mais il est une autre mort, qui a coûté au Christ la lutte la plus dure, et même le prix de la croix : c’est la mort spirituelle, le péché, qui menace de ruiner l’existence de chaque Homme.

Pour vaincre cette mort, le Christ est mort, et sa résurrection n’est pas un retour à la vie précédente, mais l’ouverture d’une réalité nouvelle, une « terre nouvelle », finalement unie à nouveau au Ciel de Dieu.

C’est pourquoi saint Paul écrit : « Si l’Esprit de Dieu, qui a ressuscité Jésus d’entre les morts, habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts, donnera la vie aussi à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous » (Rm 8, 11).

Chers frères, adressons-nous à la Vierge Marie, qui participe déjà à cette résurrection, afin qu’elle nous aide à dire avec foi : « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu » (Jn 11,27), à découvrir vraiment que lui est notre salut.

© Copyright du texte original plurilingue : Libreria Editrice Vaticana

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Mercredi 2 Février 2011 à 12:24

Par Mgr Rino Fisichella, Président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation.

L’Église existe pour apporter en tout temps l’Évangile à toute personne, où qu’elle se trouve. Le commandement de Jésus est tellement limpide qu’il ne permet absolument aucune équivoque ni aucun alibi. Ceux qui croient dans sa parole sont envoyés sur les routes du monde pour annoncer que le salut promis est à présent devenu réalité. L’annonce doit se conjuguer avec un style de vie qui permet de reconnaître les disciples du Seigneur partout où ils se trouvent. L’on pourrait dire que l’évangélisation se résume en ce style qui caractérise ceux qui se placent à la suite du Christ. La charité comme règle de vie n’est rien d’autre que la découverte de ce qui donne un sens à l’existence pour qu’elle la pénètre jusque dans ses méandres les plus intimes de ce que le Fils de Dieu fait homme a vécu personnellement.

L’Église présente encore des marques de sainteté

On pourra débattre longuement sur le sens de l’expression “nouvelle évangélisation”, se demander si l’adjectif qui détermine le substantif a vraiment un sens, mais cela n’entame pas la réalité. Le fait qu’on l’appelle “nouvelle” n’entend pas qualifier les contenus de l’évangélisation, mais la condition et les modalités selon lesquelles elle est faite. Benoît XVI, dans la lettre apostolique Ubicumque et semper souligne à raison qu’il estime opportun « d’offrir des réponses adéquates afin que l’Église tout entière, se laissant régénérer par la force de l’Esprit Saint, se présente au monde contemporain avec un élan missionnaire en mesure de promouvoir une nouvelle évangélisation ».

Certains pourraient insinuer que prendre le parti d’une nouvelle évangélisation équivaut à juger l’action pastorale menée précédemment par l’Église comme un échec à cause de la négligence ou de la faible crédibilité offerte par ses hommes. Cette considération aussi n’est pas dénuée de plausibilité, mais elle s’arrête au phénomène sociologique pris dans sa dimension fragmentaire, sans considérer que l’Église dans le monde présente des marques de sainteté constante et de témoignages crédibles qui encore de nos jours sont marqués par le don de la vie. Le martyr de beaucoup de chrétiens n’est pas différent de celui offert au cours des siècles de notre histoire, et pourtant il est vraiment nouveau parce qu’il entraîne les hommes de notre temps souvent indifférents à réfléchir sur le sens de la vie et sur le don de la foi.

Jésus, la réponse à la demande de l’Homme

Lorsque l’on égare la recherche du sens authentique de l’existence, en avançant sur des sentiers qui portent dans une jungle de propositions éphémères, sans que l’on comprenne le danger qui guette, alors il est juste de parler de nouvelle évangélisation. Elle se veut une véritable provocation à prendre au sérieux la vie pour l’orienter vers un sens achevé et définitif qui trouve sa seule confirmation dans la personne de Jésus de Nazareth. C’est lui, le révélateur du Père et sa révélation historique, qui est l’Évangile qu’encore aujourd’hui nous annonçons comme réponse à la demande qui inquiète les Hommes depuis toujours. Se mettre au service de l’Homme pour comprendre l’angoisse qui le meut et proposer une échappatoire qui lui offre sérénité et joie est ce que l’on saisit dans la belle nouvelle que l’Église annonce.

Une nouvelle évangélisation, donc, parce qu’est nouveau le contexte où vivent nos contemporains ballottés souvent ici et là par des théories et des idéologies passées. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, on préfère imposer une opinion plutôt que diriger vers la recherche de la vérité.

Ouvrir la “prison du langage”

L’exigence d’un langage nouveau, en mesure de se faire comprendre par les Hommes d’aujourd’hui, est une exigence que l’on ne peut pas ignorer, surtout pour le langage religieux marqué par une telle spécificité qu’elle apparaît souvent incompréhensible. Ouvrir la “prison du langage” pour favoriser une communication plus efficace et féconde est un engagement concret pour que l’Évangélisation soit réellement nouvelle.

Une icône qui pousse à regarder vers le haut

On retrouve dans la Sagrada Familia de Gaudí une icône à laquelle le nouveau dicastère entend se consacrer. Celui qui l’observe dans sa puissance architecturale trouve la voix d’hier et celle d’aujourd’hui. Il n’échappe à personne que c’est une église, un espace sacré qui ne peut être confondu avec aucune autre construction: ses flèches s’élancent vers le ciel, obligeant à regarder vers le haut. Ses piliers n’ont pas des chapiteaux ioniques ou corinthiens et, toutefois, ils y font penser même s’ils permettent d’aller au-delà pour suivre un entrelacs d’arcs qui évoque une forêt où le mystère envahit l’observateur et, sans l’annihiler, lui offre la sérénité.

La beauté de la Sagrada Familia sait parler à l’Homme d’aujourd’hui tout en conservant les traits fondamentaux de l’art antique. Sa présence semble s’opposer à la cité faite d’immeubles et de routes à perte de vue montrant la modernité à laquelle nous sommes invités. Les deux réalités coexistent et ne jurent pas l’une à côté de l’autre, elles semblent même au contraire faites l’une pour l’autre; l’église pour la ville et inversement. Il apparaît avec évidence, quoi qu’il en soit, que la ville sans laquelle l’église serait privée de quelque chose de substantiel, soulignerait un vide qui ne peut pas être comblé par davantage de béton, mais par quelque chose de plus vital qui pousse à regarder vers le haut sans précipitation et dans le silence de la contemplation.

(Titre original: « Ubicumque et semper. La nouvelle évangélisation » © L’Osservatore Romano en français - 27 janvier 2011)

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Jeudi 27 Janvier 2011 à 13:56

Au cours du Symposium international de missiologie, en cours à Caracas, l’évêque de San Cristobal (Venezuela), Mgr Mario del Valle Moronta Rodríguez, a dédié son discours inaugural au thème de « La conversion pastorale ». Nous publions ici un extrait de l’introduction de son discours.

« Je suis venu jeter un feu sur la terre… ! (Lc 12, 49)

Le thème de « La conversion pastorale » nous permet d’affronter les défis que le monde d’aujourd’hui présente à l’Église et à sa mission évangélisatrice. Les situations qui entourent l’action missionnaire de l’Église, exigent une attitude ferme de conversion permanente, centrée sur la raison d’être de sa Mission : Jésus-Christ, le Seigneur.

Si l’Église n’agit pas ainsi, jamais elle ne sera fidèle à sa mission et n’en fera qu’un exercice religieux avec quelques conséquences importantes. Mais l’Église se doit d’agir toujours au nom du Seigneur, selon la propre expérience de la vie du disciple. Ainsi, elle pourra chercher de nouveaux disciples pour le Seigneur, et maintenir le feu de l’Esprit ravivé dans chacun de ses membres.

Les tentations à la médiocrité, au conformisme, au matérialisme et à la soif de pouvoir, peuvent mêler la manière d’être et d’agir de beaucoup de croyants. Mais, si l’Église agit au nom de Jésus, non seulement obtiendra-t-elle tout ce qu’elle lui demandera, mais elle sera en train d’accomplir ce que le Maître enseigna à ses apôtres : qu’il est venu mettre un feu spécial sur la terre… et il veut qu’il soit allumé (Lc 12, 49).

Pour ce faire, l’Église – avec tous ses membres – doit être clairement consciente qu’elle est dans le monde sans être du monde, afin de pouvoir édifier en lui le Royaume de Dieu.

Certes, tout cela implique de la persévérance, de la constance et une conscience éclairée de sa mission. Le Seigneur veut que son feu de salut s’allume même aujourd’hui. C’est ce qu’il a confié à son Église: qu’elle allume le feu du changement, du renouvellement, de celui qui purifie et détruit ce qui est mauvais, afin de purifier le don du Salut et de la Liberté pour tous les êtres humains.

Le Seigneur est venu au monde pour le changer, pour le transformer en nouvelle création. Après son Ascension, il a fait don du témoignage à l’Église afin de pouvoir continuer cette mission dans le temps et l’espace. Aujourd’hui, au milieu d’un monde assommé par le relativisme et la division, par le matérialisme et l’individualisme, ainsi que par tant de tragédies, surtout d’ordre moral, l’Église se doit d’être fidèle à son Seigneur. Car ce dernier a demandé de faire brûler son feu afin que cette transformation se réalise.

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