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Lundi 18 Mars 2013 à 00:55
Dimanche matin, le pape François a célébré la messe dans la paroisse Sainte-Anne au Vatican.

Après Benoît XVI, l’intellectuel timide et réservé, le nouveau pape « venu du bout du monde » a inauguré un nouveau style d’expression, bousculant les habitudes romaines et séduisant les médias et l’opinion publique par sa simplicité naturelle et spontanée et par ses gestes de proximité. Devant les journalistes, samedi matin, il a suscité l’étonnement et l’enthousiasme, en racontant le choix de son patronyme pendant le Conclave, et en ponctuant son discours d’improvisations et de quelques phrases fortes :

« L’Église tout en étant une institution humaine, historique, avec tout ce que cela comporte, elle n’a pas une nature politique, mais essentiellement spirituelle : c’est le peuple de Dieu qui marche à la rencontre de Jésus Christ […] Le Christ est au centre, la référence fondamentale, le cœur de l’Église. Sans lui, Pierre et l’Église n’existeraient pas et n’auraient pas de raison d’exister. »

Le choix du nom François

« Certains ne savait pas pourquoi l’évêque de Rome a voulu s’appeler François. Certains ont pensé à François-Xavier, saint François de Sales et aussi à saint François d’Assise. Je vais vous raconter l’histoire ».

Face aux journalistes, le Pape leur fait faire un voyage inattendu. Il leur faire revivre le conclave pendant un instant : « Pendant l’élection, dit-il en improvisant, j’avais à mes côtés l’archevêque émérite de Sao Paolo et préfet émérite pour le clergé, le cardinal Claudio Hummes : un grand ami. Et quand les choses ont commencé à devenir un peu “dangereuses” pour moi, il m’a réconforté. Et quand nous sommes arrivés aux deux tiers de votes (en sa faveur) et que tous se sont mis à applaudir comme c’est l’usage, il m’a embrassé et a dit ‘n’oublie pas le pauvres !’ Cette parole est entrée là (il indique sa tête du doigt) : les pauvres… les pauvres… Et soudain, j’ai pensé à François d’Assise. Puis aux guerres alors que le scrutin se prolongeait jusqu’à ce que le décompte s’achève. François est l’homme de la paix, l’homme qui aime et protège la Création, et en ce moment où nous avons une relation qui n’est pas si bonne avec la Création... Il est l’homme qui nous donne cet esprit de paix, l’homme pauvre… Ah comme je voudrais une Église pauvre, pour les pauvres! »

Revenir à l’essentiel de l'Église

Depuis sa première apparition au balcon de la basilique Saint-Pierre, mercredi soir, le nouvel évêque de Rome semble vouloir relativiser le pouvoir pontifical et le poids de la hiérarchie pour revenir aux fondamentaux de l'Église. Intègre et sincère, il a déjà exhorté les catholiques à ne pas céder « au pessimisme, à l’amertume que le diable offre chaque jour ». Il a rappelé à ceux qu’il appelle « ses frères » (les cardinaux) sa certitude : l’Esprit-Saint insuffle courage et persévérance pour rechercher de nouvelles méthodes d’évangélisation, pour porter l’Évangile jusqu’au bout du monde. » L’Église, selon lui, doit retrouver le courage et l’unité.

Cette élection marque un tournant

Ceux qui le connaissent soulignent que son engagement pour la justice sociale n’est pas un vain mot. Ferme en matière de doctrine et de morale familiale, il ne manquera pas de se poser en défenseur des pauvres et des exclus. Son élection, qui a bousculé les logiques médiatiques, a prouvé que le collège des cardinaux ne manquait pas d'audace. Benoît XVI s’est efforcé de purifier l’Église, François pourrait mener à bien la réforme radicale tant souhaitée et améliorer la coordination. Mais il devra se montrer solide alors que l’Église, avec ses vertus et ses péchés, est attaquée de toutes parts.

Personne ne peut savoir de quoi l’avenir sera fait mais beaucoup estiment que le choix des cardinaux marque un tournant et une nouvelle ère. Les catholiques attendaient du nouveau de cette élection et cela s'est produit. Comment ne pas penser alors au Poverello d’Assise qui s’entendit demander par Jésus : « François, reconstruis mon Église qui est tombée en ruine ». La mutation pour l’Église s’annonce forte et douce à la fois. Les romains, eux, aiment déjà leur pape.

Source: Radio Vatican

Vidéo: Dimanche 17 mars, première prière de l'Angélus par le pape François.

Sur la photo: le pape François salue la foule qui l'attendait dehors à l'issue de la messe qu'il a célébrée à la paroisse Sainte-Anne au Vatican. (Crédit photo: © L'Osservatore Romano)

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Jeudi 14 Mars 2013 à 03:12
Le pape François

Un conclave court, cinq tours de scrutin et la surprise générale. L’élu qui se présente à la Loggia de la basilique Saint-Pierre déjoue tous les pronostics. Premier pape américain, premier pape jésuite, premier pape à choisir le nom de François. Ses premiers gestes et ses premières paroles sont déjà un programme : il se présente avant tout comme l’évêque de Rome qui salue le peuple de Rome, un retour aux origines et à l’essence même du ministère pétrinien; mais surtout il prie avec simplicité et parvient à obtenir le silence d’une foule immense à perte de vue.

Les critères de l’Église ne sont pas ceux qui gouvernent le monde

Après avoir longuement discuté de l’avenir de l’Église, des défis qui attendent le nouveau pape, suscitant l’effervescence médiatique et une curiosité planétaire, les cardinaux ont finalement opté pour un homme connu pour sa simplicité et son humilité, un homme au service de l’Église universelle, loin des luttes de pouvoir. Ils ont montré que les critères dans l’Église n’étaient pas ceux qui gouvernent le monde.

Treize jours après la fin du pontificat de Benoît XVI, c’est un homme de 76 ans qui prend la relève, réservé, austère et sensible aux questions sociales. Il incarne une Église qui sait aller à la rencontre des Hommes, là où ils vivent pour annoncer l’Évangile. Car pour lui, la foi n’est pas un bien que l’on possède ; c’est une mission. Il y a quelque mois, il avait reconnu que l’Église a des défauts, des péchés, mais - ajoutait-il - on oublie trop souvent sa sainteté.

Reconnaissance et prière

Habemus Papam, dominum cardinalem Bergoglio. Il est jésuite et nous vient de l'Argentine! Il a pris le nom de François. Il s'agit du premier pape des Amériques et du premier Jésuite à devenir pape.

L'élection par les 115 cardinaux réunis en secret dans la Chapelle Sixtine avait été annoncée auparavant par l'émission rituelle d'une fumée blanche et par les cloches de la basilique Saint-Pierre qui avaient retenti à toute volée. « Les cardinaux sont allés me chercher au bout du monde », ont été les premières paroles du nouveau pape, François, qui ajoutait: «Avant de vous bénir, je vous demande de prier pour moi ». Et ce fut une place Saint-Pierre en silence qui se recueillait. François priait aussi pour son prédécesseur Benoît XVI, pour que Dieu le préserve.

Le nouveau pape François a téléphoné après son élection au pape émérite Benoît XVI et « le rencontrera dans les prochains jours », a fait savoir le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi. Jeudi après-midi, le nouveau pape François célébrera une messe avec l'ensemble des cardinaux dans la chapelle Sixtine, et vendredi matin leur donnera audience dans la salle Clémentine au Vatican.

Un homme connu pour sa vie simple, au plus près des pauvres

Jorge María Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, 76 ans, est né le 17 décembre 1936 dans la capitale argentine, d'un couple d'immigrés italiens. Sa formation est celle d'un ingénieur chimiste. Mais il est entré très tôt dans la Compagnie de Jésus. Prêtre depuis 1969, il a toujours lié sa carrière ecclésiastique à l'expérience de la réalité sociale de son pays.

Dès 1992, il était évêque auxiliaire de Buenos Aires, promu archevêque en 1998. Autorité morale en Argentine, l’archevêque de Buenos Aires est connu pour sa simplicité, son humilité et son sens pastoral. Il considère que la pauvreté est assimilable à une violation des droits de l’Homme, et a dénoncé à plusieurs reprises le néolibéralisme et les méfaits économiques de la mondialisation.

Jorge María Bergoglio est connu pour la vie simple qu'il a menée à Buenos Aires, voyageant en métro et en bus, passant ses week-ends dans les paroisses défavorisées, au contact des prêtres des bidonvilles. Il est cardinal depuis 2001. Et son nom avait déjà beaucoup été cité lors du précédent conclave.

Les premiers mots de notre nouveau pape François

« Frères et sœurs, bonsoir!

Comme vous le savez, pendant le conclave, on choisit l'évêque de Rome. On dirait que mes frères cardinaux sont allés le prendre presque au bout du monde, mais nous voilà. Je vous remercie pour votre accueil, celui de la communauté du diocèse de Rome à son évêque. Avant tout, je voudrais faire une prière pour notre évêque émérite, Benoît XVI. Prions pour que le Seigneur le bénisse et pour que la Vierge le garde. »

(Le pape François et la foule place Saint-Pierre récitent alors un « Notre Père » et un « Je vous salue Marie »)

« Et maintenant, commençons ce chemin, évêque et peuple. Ce chemin de l'Église de Rome, celle qui préside à la charité de toutes les Églises. Un chemin de fraternité, d'amour, de confiance entre nous. Prions toujours les uns pour les autres et prions pour le monde, pour qu'il y ait une grande fraternité. Je souhaite que ce chemin d'Église, et en cela le cardinal vicaire m'aidera, soit fructueux pour l'évangélisation.

« Je veux vous demander une faveur, avant de vous donner ma bénédiction, je vous demande votre prière, qui est la bénédiction du peuple pour son évêque.

(Le Pape s'incline alors pour recevoir la bénédiction des fidèles)

« Demain, je vais prier la Vierge pour qu'elle protège la ville de Rome. À demain, à bientôt. Bonne nuit et bon repos. » 

Source: Radio Vatican

Crédit photo: cbc.ca

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Mercredi 13 Mars 2013 à 01:40
Réunion continentale des directeurs nationaux des OPM d'Amérique et des Caraïbes

Le 11 mars 2013, dans la ville de Montréal, est commencée la IXe Rencontre continentale des directeurs nationaux des OPM d’Amérique et des Caraïbes.

C’est le père André Gagnon, s.j., directeur national des Œuvres pontificales missionnaires (OPM) au Canada francophone, qui a souhaité la bienvenue aux participants de cette rencontre internationale, dont la plupart d’entre eux ne connaissaient pas encore le Canada. Parmi les pays représentés, notons la participation de directeurs nationaux du Canada anglophone, du Pérou, de l’Équateur, de la Colombie, du Venezuela, du Chili, du Brésil, du Honduras, du Nicaragua, du Costa Rica, d’El Salvador, du Guatemala, du Mexique, de Porto Rico, de Cuba, des Antilles, des États-Unis, ainsi que d’une déléguée de la Bolivie. Enfin, participent aussi deux délégués venus de Rome: le père Vito del Prete, PIME, secrétaire général de l'Union pontificale missionnaire ainsi que Mgr Silvano Rossi, chargé de l'administration au secrétariat général des OPM.

Une première au Canada

Le père Gagnon a donné la parole à Mgr Richard Smith, archevêque d’Edmonton et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada qui, dans son discours inaugural, a souligné le fait que c’est la première fois que cette assemblée se tient dans notre pays. C’est pourquoi « je tiens à dire la joie et l’honneur que vous nous faites en choisissant de venir chez nous », a-t-il dit aux participants.

« À l’heure où s’amorce votre congrès, l’occasion s’offre à nous de réfléchir au ministère pétrinien et à son importance pour la mission de l’Église, mission à laquelle les directeurs nationaux que vous êtes se vouent d’une manière particulière », expliquait Mgr Smith, se référant à ce moment décisif de l’histoire que vie l’Église alors que le Conclave s’apprête à élire le prochain successeur de Pierre.

Je voudrais que chacun sente la joie d’être chrétien

Pour sa part, Mgr André Rivest, vice-président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, tenait à saluer les participants au nom des évêques du Québec.

En parlant de la grande émotion que nous a fait vivre Benoît XVI les jours suivant sa renonciation, l’évêque de Chicoutimi a confié avoir retenu en particulier ces paroles prononcées par le Pape émérite de Rome lors de sa dernière audience générale : « Je voudrais que chacun se sente aimé par ce Dieu qui a donné son Fils pour nous et qui nous a montré son amour sans limites… Je voudrais que chacun sente la joie d’être chrétien. »

Pour Mgr Rivest, ce souhait « rejoint directement la mission des OPM, celle d’être ‘instrument de la coopération à la mission universelle de l’Église dans le monde’. Je voudrais que chacun se sente aimé par ce Dieu qui nous a donné son Fils : voilà, disait-il, la Bonne Nouvelle qu’a besoin d’entendre notre monde d’aujourd’hui et de demain. Voilà la Bonne Nouvelle pour laquelle les OPM existent. »

Les OPM : la conscience de l’appel du Christ ressuscité

Mgr Rivest a aussi rappelé que l’Église au Canada, et particulièrement celle du Québec, est riche d’un passé missionnaire remarquable.

« Les OPM ont largement contribué chez nous à promouvoir l’esprit missionnaire et universel au sein de nos populations », a-t-il dit. Ajoutant que les OPM « continuent à remplir cette mission même si la tâche est devenue plus difficile en raison de l’effritement du tissu de la foi », dans une société où « l’Église du Québec autrefois si fervente est devenue en état de mission.

« Il me plaît de penser que dans une Église québécoise devenue missionnaire, la présence des OPM se présente comme une lampe allumée, comme un rappel de notre responsabilité d’annoncer l’Évangile ‘à toutes les nations’ pour que, sur cette terre, chacun se sente aimé par ce Dieu qui a donné son Fils pour nous et qui nous a montré son amour sans limites.

« Merci aux OPM d’être chez nous la conscience de l’appel du Christ ressuscité à demeurer ouvert à la mission universelle de l’Église », de conclure Mgr Rivest.

Pour une Église d'Amérique solidaire

Finalement, le père Guillermo Morales, directeur national des OPM au Mexique au nom des directeurs nationaux des OPM en Amérique, tenait à remercier l’Église au Canada pour l’accueil.

En même temps, il a manifesté son souhait de travailler dans une seule Amérique, avec la participation de tous les pays qui la composent. C’est ainsi qu’il a été possible de solidifier et d’élargir ce travail missionnaire important de par le continent. Un exemple concret de cette solidarité est la préparation du prochain Congrès missionnaire de l’Amérique (le CAM4-COMLA9) qui se fait en communion avec tous les évêques d’Amérique.

En guise de conclusion, le père Morales a exprimé sa gratitude envers les Œuvres pontificales missionnaires qui font partie de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, et que, par ce fait même, cette relation permet de faire un pont de communion fondamentale entre les évêques du monde et le Pape.

Sur la photo, de gauche à droite: le père André Gagnon, s.j., directeur national des OPM au Canada francophone, Mgr Richard Smith, président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, Mgr André Rivest, vice-président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, et le père Guillermo A. Morales, directeur national des OPM au Mexique.

Crédit photo: OPM Canada francophone

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Jeudi 28 Février 2013 à 16:36
Dernières paroles du pape Benoît XVI

28 février 2013 - Castelgandolfo, Italie 


Merci !


Merci de tout cœur.


Chers amis, je suis heureux d’être avec vous, entouré par la beauté de la création et par votre sympathie qui me fait tant de bien, merci pour votre amitié, votre affection.
Vous savez que cette journée pour moi est différente des jours précédents, je ne suis plus le Souverain Pontife de l’Église Catholique. Jusqu’à 20 heures ce soir je le suis encore, mais après je ne le suis plus. Je suis simplement un pèlerin qui entame la dernière étape de son pèlerinage sur cette terre. Mais je voudrais encore, avec tout mon cœur, avec tout mon amour, avec ma prière, avec ma réflexion, avec toutes mes forces intérieures, travailler pour le bien commun et le bien de l’Église, de l’Humanité. Et je trouve un très fort soutien dans votre sympathie.

Allons de l’avant avec le Seigneur pour le bien de l’Église et du monde.

Merci.
 

Je vous donne maintenant de tout cœur ma bénédiction.

Que Dieu tout-puissant soit béni.

Que Dieu tout-puissant nous bénisse, au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit.

 

Merci, et bonne nuit.


Merci à vous tous.

Photo: AP Photo/Alessandra Tarantino

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