Actualité

Mercredi 27 Mars 2013 à 12:21
Christ ressuscité, au Honduras.

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Nous souhaitons la bienvenue à ceux et celles qui suivent les OPM au Canada pour la première fois. Et nous saluons les personnes qui nous suivent depuis un certain temps sur Facebook, Twitter ou tout autre moyen de communication. Vous venez de partout dans le monde, signe d’universalité et de communion fraternelle.

Merci pour votre fidélité et pour votre intérêt à l'égard de la mission de l’Église, et en particulier aux Œuvres pontificales missionnaires. N'hésitez pas à nous écrire pour nous faire part de vos impressions ; à « prendre la parole » sur notre page VOX POP ; ou bien à laisser vos intentions de prières.

Où que vous soyez dans votre cheminement humain et spirituel, nous vous encourageons à poursuivre vos engagements respectifs, à la suite du Christ et au service de l’Humanité.

Soyez assurés de nos prières en Jésus-Christ ressuscité, notre Seigneur.

Joyeuses fêtes de Pâques !

 

P. André Gagnon, s.j.
Directeur national - OPM Canada francophone

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Dimanche 24 Mars 2013 à 21:24
Le pape François : cérémonie du Dimanche des Rameaux

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS LORS DE LA MESSE DU DIMANCHE DES RAMEAUX

Jésus entre à Jérusalem. La foule des disciples l’accompagne en fête, les manteaux sont étendus devant lui, on parle des prodiges qu’il a accomplis, un cri de louange s’élève : « Béni soit celui qui vient, lui, notre roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux » (Lc 19, 38).

Foule, fête, louange, bénédiction, paix : c’est un climat de joie que l’on respire. Jésus a réveillé dans le cœur tant d’espérances surtout chez les gens humbles, simples, pauvres, oubliés, ceux qui ne comptent pas aux yeux du monde. Lui a su comprendre les misères humaines, il a montré le visage de miséricorde de Dieu, il s’est baissé pour guérir le corps et l’âme. Ça, c’est Jésus. Ça, c’est son cœur qui nous regarde tous, qui regarde nos maladies, nos péchés. L’amour de Jésus est grand. Et ainsi il entre dans Jérusalem avec cet amour, et nous regarde tous. C’est une belle scène : pleine de lumière – la lumière de l’amour de Jésus, celui de son cœur –, de joie, de fête.

« Ne soyez jamais des hommes et des femmes tristes »

Au commencement de la messe nous l’avons répété nous aussi. Nous avons agité nos palmes, nos rameaux d’olivier. Nous aussi nous avons accueilli Jésus ; nous aussi nous avons exprimé notre joie de l’accompagner, de le savoir proche, présent en nous et au milieu de nous, comme un ami, comme un frère, aussi comme un roi, c’est-à-dire comme un phare lumineux de notre vie. Jésus est Dieu, mais il s’est abaissé pour marcher avec nous. Il est notre ami, notre frère. En cela il illumine notre marche. Et ainsi nous l’avons accueilli aujourd’hui.

Et c’est la première parole que je voudrais vous dire : joie ! Ne soyez jamais des hommes et des femmes tristes : un chrétien ne peut jamais l’être ! Ne vous laissez jamais prendre par le découragement ! Notre joie n’est pas une joie qui naît du fait de posséder de nombreuses choses, mais elle naît du fait d’avoir rencontré une Personne : Jésus, qui est parmi nous ; elle naît du fait de savoir qu’avec lui nous ne sommes jamais seuls, même dans les moments difficiles, même quand le chemin de la vie se heurte à des problèmes et à des obstacles qui semblent insurmontables, et il y en a tant ! Et à ce moment-là vient l’ennemi, vient le diable, si souvent déguisé en ange, et insidieusement nous dit sa parole. Ne l’écoutez pas ! Suivons Jésus ! Nous accompagnons, nous suivons Jésus, mais surtout nous savons que lui nous accompagne et nous met sur ses épaules : ici se trouve notre joie, l’espérance que nous devons porter dans notre monde. Et s’il vous plaît : ne vous laissez pas voler l’espérance ! Ne vous laissez pas voler l’espérance ! Celle que Jésus nous donne.

Le trône de la Croix

Deuxième parole. Pourquoi Jésus entre-t-il à Jérusalem, ou peut-être mieux : comment Jésus entre-t-il à Jérusalem ? La foule l’acclame comme roi. Et lui ne s’oppose pas, il ne la fait pas taire (cf. Lc 19, 39-40). Mais quel type de roi est Jésus ? Regardons-le : il monte un petit âne, il n’a pas une cour qui le suit, il n’est pas entouré d’une armée, symbole de force. Ceux qui l’accompagnent ce sont des gens humbles, simples, qui ont la capacité de voir en Jésus quelque chose de plus ; qui ont le sens de la foi, qui dit : c’est le Sauveur. Jésus n’entre pas dans la Ville sainte pour recevoir les honneurs réservés aux rois terrestres, à qui a le pouvoir, à qui domine ; il entre pour être flagellé, insulté et outragé, comme l’annonce Isaïe dans la première Lecture (cf. Is 50, 6) ; il entre pour recevoir une couronne d’épines, un bâton, un manteau de pourpre, sa royauté sera objet de dérision ; il entre pour monter au Calvaire chargé d’un bois.

Et alors voici la deuxième parole : Croix. Jésus entre à Jérusalem pour mourir sur la Croix. Et c’est justement ici que resplendit son être de roi selon Dieu : son trône royal est le bois de la Croix ! Je pense à ce que Benoît XVI disait aux cardinaux : vous êtes des princes, mais d’un roi crucifié. Le bois de la croix est le trône de Jésus. Jésus prend sur lui… Pourquoi la Croix? Parce que Jésus prend sur lui le mal, la saleté, le péché du monde, et aussi notre péché, de nous tous, et il le lave, il le lave avec son sang, avec la miséricorde, avec l’amour de Dieu. Regardons autour de nous : combien de blessures le mal inflige-t-il à l’Humanité ! Guerres, violences, conflits économiques qui frappent celui qui est plus faible, soif d’argent que personne ne peut emporter avec soi, on doit le laisser. Ma grand-mère nous disait à nous enfants : le linceul n’a pas de poches. Amour de l’argent, pouvoir, corruption, divisions, crimes contre la vie humaine et contre la Création ! Et aussi – chacun de nous le sait et le reconnaît – nos péchés personnels : les manques d’amour et de respect envers Dieu, envers le prochain et envers la Création tout entière. Et sur la croix, Jésus sent tout le poids du mal et, avec la force de l’amour de Dieu, le vainc, le défait dans sa résurrection. C’est le bien que Jésus fait à nous tous sur le trône de la Croix. La croix du Christ embrassée avec amour ne porte pas à la tristesse, mais à la joie, à la joie d’être sauvés et de faire un tout petit peu ce qu’il a fait le jour de sa mort !

Jeunes : à la suite de Jésus

Aujourd’hui sur cette place il y a beaucoup de jeunes : depuis 28 ans le Dimanche des Rameaux est la Journée de la jeunesse ! Voici la troisième parole : jeunes ! Chers jeunes, je vous ai vus dans la procession, quand vous entriez ; je vous imagine à faire la fête autour de Jésus, agitant les rameaux d’olivier ; je vous imagine alors que vous criez son nom et exprimez votre joie d’être avec lui ! Vous avez une part importante dans la fête de la foi ! Vous nous portez la joie de la foi et vous nous dites que nous devons vivre la foi avec un cœur jeune, toujours : un cœur jeune, même à soixante-dix ou quatre-vingts ans ! Cœur jeune ! Avec le Christ, le cœur ne vieillit jamais ! Pourtant nous le savons tous et vous le savez bien que le Roi que nous suivons et qui nous accompagne est très spécial : c’est un roi qui aime jusqu’à la Croix et qui nous enseigne à servir, à aimer. Et vous n’avez pas honte de sa Croix ! Au contraire, vous l’embrassez, parce que vous avez compris que c’est dans le don de soi, dans le don de soi, dans le fait de sortir de soi-même, que se trouve la véritable joie et que par l’amour de Dieu, le Christ, lui, a vaincu le mal !

Vous portez la Croix pèlerine à travers tous les continents, par les routes du monde ! Vous la portez en répondant à l’invitation de Jésus « Allez ! De toutes les nations faites des disciples » (cf. Mt 28, 19), qui est le thème de la Journée mondiale de la jeunesse de cette année. Vous la portez pour dire à tous que sur la Croix Jésus a abattu le mur de l’inimitié, qui sépare les Hommes et les peuples, et qu’il a apporté la réconciliation et la paix.

Chers amis, moi aussi je me mets en route avec vous, dès aujourd’hui, sur les traces du bienheureux Jean-Paul II et de Benoît XVI. Désormais nous sommes proches de la prochaine étape de ce grand pèlerinage de la Croix. Je regarde avec joie vers juillet prochain, à Rio de Janeiro ! Je vous donne rendez-vous dans cette grande ville du Brésil ! Préparez-vous bien, surtout spirituellement dans vos communautés, pour que cette rencontre soit un signe de foi pour le monde entier. Les jeunes doivent dire au monde : il est bon de suivre Jésus ; il est bon d’aller avec Jésus ; le message de Jésus est bon ; il est bon de sortir de soi-même, vers les périphéries du monde et de l’existence pour apporter Jésus.

Trois paroles : joie, croix, jeunes.

Demandons l’intercession de la Vierge Marie. Elle nous enseigne la joie de la rencontre avec le Christ, l’amour avec lequel nous devons le regarder sous la Croix, l’enthousiasme du cœur jeune avec lequel nous devons le suivre en cette Semaine sainte et dans toute notre vie. Ainsi soit-il.

Photo © Osservatore Romano
Vidéo: news.va

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Samedi 23 Mars 2013 à 15:34
Le pape François rencontre Benoît XVI

Rendez-vous historique ce 23 mars 2013, entre le pape François et Benoît XVI, pape émérite. Cette rencontre privée a eu lieu à Castel Gandolfo, où se situe la résidence d’été des papes. Les deux hommes sont allé prier ensemble avant de s’entretenir quelque 45 minutes en privé, rapporte le père Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège. Par la suite, ils sont allés prendre le dîner ensemble.

Notons que le pape François a fait don à Benoît XVI d'une icône mariale. « On m'a dit qu'il s'agit de la Vierge de l'Humilité, a expliqué le Pape à son prédécesseur. Permettez-moi de vous dire quelque chose, a-t-il continué, j’ai pensé à vous. Tellement d’humilité pendant votre pontificat. Vous vous êtes toujours donné avec tellement d’humilité… vraiment. Vous le méritez. » Paroles pour lesquelles Benoît XVI, ému, n’avait que des « merci » bien sentis.

 

Photo: © Osservatore Romano
Vidéo: romereports.com

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Mardi 19 Mars 2013 à 16:19
Messe d'inauguration du pontificat du pape François.

« La vocation à protéger ne concerne pas seulement les chrétiens », et c'est François d'Assise qui a enseigné « à avoir du respect pour toute créature, pour l'environnement ». Dans l'homélie de la messe d'inauguration de son pontificat (dont la version intégrale se trouve en bas de page), le pape François nous invite « à avoir du respect pour tous, pour chaque personne, spécialement les enfants, les personnes âgées, tous ceux qui sont les plus fragiles et qui souvent se trouvent à la périphérie de notre cœur ». « Protéger toutes les situations humaines, en tant que parents, époux, amis, dans la confiance, dans le respect et le bien ».

Le pape François a ensuite souligné que dans l'exercice de son service, le Pape regarde vers celui qui est « humble, concret », cette figure de saint Joseph dont c'est ce mardi la solennité, et comme lui le Pape ouvre les bras à l'Humanité entière, en se rappelant que le jugement dernier « sera sur la charité: celui qui a faim, soif, est étranger, nu, malade, en prison. Seul celui qui est au service avec amour, a ajouté le Pape, sait protéger ».
La messe d'inauguration avait débuté par un tour du pape François au milieu d’une foule immense place Saint-Pierre, en papamobile découverte. Vêtu seulement de sa soutane blanche et d'une pèlerine de même couleur, le premier pape venu des Amériques est apparu à bord d'une jeep pour un long tour sur la place Saint-Pierre, au son de trompettes triomphales. Très souriant et debout dans son véhicule, il a salué la foule, plus de 150 000 personnes qui l'acclamaient sous un grand soleil avec des drapeaux de tous les pays, levant même parfois le pouce en signe de connivence ou embrassant des bébés. Il est même descendu de son véhicule pour caresser le visage d'un handicapé alité.

Une cérémonie solennelle et simple

Après ce tour, le Pape a rejoint la basilique Saint-Pierre, et dans la crypte il a prié devant la tombe de saint Pierre puis est ressorti pour la messe, précédé de ses 180 concélébrants: cardinaux, patriarches, archevêques.

Pallium et anneau papal, le pape François a reçu alors les emblèmes marquant le début officiel de son pontificat. Le doyen du collège cardinalice, Angelo Sodano, a remis au nouveau pontife le pallium et l'anneau du pêcheur, choisi en argent doré et non en or par souci d'humilité. La messe a commencé juste après la Litanie des saints et le salut de six cardinaux représentant le collège cardinalice que le Pape recevait avec chaleur, leur donnant parfois une légère accolade.

La cérémonie était à la fois solennelle et simple surtout avec la tenue plutôt austère du Pape: pendant la procession depuis la tombe de saint Pierre, à l'intérieur de la basilique vers le parvis, il portait sur sa soutane blanche une chasuble beige frappée d'une fine croix noire à dorures et une mitre, tenue qui contrastait avec les vêtements d'apparat de la dizaine de patriarches des églises orientales qui l'accompagnaient. Le Pape a concélébré avec près de 200 prélats, patriarches et prêtres. Parmi eux, les supérieurs généraux des Jésuites et des Franciscains. Jorge Bergoglio est le premier pape jésuite et a choisi le nom du fondateur des Franciscains, saint François d'Assise. Plus de 30 chefs d'État étaient assis aux premiers rangs du parvis de la place Saint-Pierre.

 

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS LORS DE LA MESSE D'INAUGURATION DE SON PONTIFICAT

Chers frères et sœurs!

Je remercie le Seigneur de pouvoir célébrer cette messe de l’inauguration de mon ministère pétrinien en la solennité de saint Joseph, époux de la Vierge Marie et Patron de l’Église universelle : c’est une coïncidence très riche de signification, et c’est aussi la fête de mon vénéré prédécesseur : nous lui sommes proches par la prière, pleins d’affection et de reconnaissance.

Je salue avec affection les frères cardinaux et évêques, les prêtres, les diacres, les religieux et les religieuses et tous les fidèles laïcs. Je remercie de leur présence les représentants des autres Églises et Communautés ecclésiales, de même que les représentants de la communauté juive et d’autres communautés religieuses. J’adresse mon cordial salut aux chefs d’État et de gouvernement, aux délégations officielles de nombreux pays du monde et au Corps diplomatique.

Joseph, gardien de Marie, de Jésus et de l’Église

Nous avons entendu dans l’Évangile que « Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse » (Mt 1, 24). Dans ces paroles est déjà contenue la mission que Dieu confie à Joseph, celle d’être custos, gardien. Gardien de qui ? De Marie et de Jésus ; mais c’est une garde qui s’étend ensuite à l’Église, comme l’a souligné le bienheureux Jean-Paul II : « Saint Joseph a pris un soin affectueux de Marie et s’est consacré avec joie à l’éducation de Jésus Christ, de même il est le gardien et le protecteur de son Corps mystique, l’Église, dont la Vierge sainte est la figure et le modèle ».  (Redemptoris Custos, n. 1)

Comment Joseph exerce-t-il cette garde? Avec discrétion, avec humilité, dans le silence, mais par une présence constante et une fidélité totale, même quand il ne comprend pas. Depuis son mariage avec Marie jusqu’à l’épisode de Jésus, enfant de douze ans, dans le Temple de Jérusalem, il accompagne chaque moment avec prévenance et avec amour. Il est auprès de Marie son épouse dans les moments sereins et dans les moments difficiles de la vie, dans le voyage à Bethléem pour le recensement et dans les heures d’anxiété et de joie de l’enfantement ; au moment dramatique de la fuite en Égypte et dans la recherche inquiète du fils au Temple ; et ensuite dans le quotidien de la maison de Nazareth, dans l’atelier où il a enseigné le métier à Jésus.

Comment répondre à la vocation de Dieu?

Comment Joseph vit-il sa vocation de gardien de Marie, de Jésus, de l’Église? Dans la constante attention à Dieu, ouvert à ses signes, disponible à son projet, non pas tant au sien propre ; et c’est cela que Dieu demande à David, comme nous l’avons entendu dans la première lecture : Dieu ne désire pas une maison construite par l’Homme, mais il désire la fidélité à sa Parole, à son dessein ; c’est Dieu lui-même qui construit la maison, mais de pierres vivantes marquées de son Esprit. Et Joseph est « gardien », parce qu’il sait écouter Dieu, il se laisse guider par sa volonté, et justement pour cela il est encore plus sensible aux personnes qui lui sont confiées, il sait lire avec réalisme les événements, il est attentif à ce qui l’entoure, et il sait prendre les décisions les plus sages. En lui, chers amis, nous voyons comment on répond à la vocation de Dieu, avec disponibilité, avec promptitude, mais nous voyons aussi quel est le centre de la vocation chrétienne : le Christ! Nous gardons le Christ dans notre vie, pour garder les autres, pour garder la Création!

« Tout est confié à la garde de l’Homme »

La vocation de garder, cependant, ne nous concerne pas seulement nous les chrétiens, elle a une dimension qui précède et qui est simplement humaine, elle concerne tout le monde. C’est le fait de garder la Création tout entière, la beauté de la Création, comme il nous est dit dans le Livre de la Genèse et comme nous l’a montré saint François d’Assise : c’est le fait d’avoir du respect pour toute créature de Dieu et pour l’environnement dans lequel nous vivons. C’est le fait de garder les gens, d’avoir soin de tous, de chaque personne, avec amour, spécialement des enfants, des personnes âgées, de celles qui sont plus fragiles et qui souvent sont dans la périphérie de notre cœur. C’est d’avoir soin l’un de l’autre dans la famille : les époux se gardent réciproquement, puis comme parents ils prennent soin des enfants et avec le temps aussi les enfants deviennent gardiens des parents. C’est le fait de vivre avec sincérité les amitiés, qui sont une garde réciproque dans la confiance, dans le respect et dans le bien. Au fond, tout est confié à la garde de l’Homme, et c’est une responsabilité qui nous concerne tous. Soyez des gardiens des dons de Dieu!

Et quand l’Homme manque à cette responsabilité, quand nous ne prenons pas soin de la Création et des frères, alors la destruction trouve une place et le cœur s’endurcit. À chaque époque de l’Histoire, malheureusement, il y a des « Hérode » qui trament des desseins de mort, détruisent et défigurent le visage de l’homme et de la femme.
Je voudrais demander, s’il vous plaît, à tous ceux qui occupent des rôles de responsabilité dans le domaine économique, politique ou social, à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté : nous sommes « gardiens » de la Création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement ; ne permettons pas que des signes de destruction et de mort accompagnent la marche de notre monde!

Mais pour « garder » nous devons aussi avoir soin de nous-mêmes! Rappelons-nous que la haine, l’envie, l’orgueil, souillent la vie! Garder veut dire alors veiller sur nos sentiments, sur notre cœur, parce que c’est de là que sortent les intentions bonnes et mauvaises : celles qui construisent et celles qui détruisent! Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, et même pas non plus de la tendresse!

Et ici j’ajoute alors une remarque supplémentaire : le fait de prendre soin, de garder, demande bonté, demande d’être vécu avec tendresse. Dans les Évangiles, saint Joseph apparaît comme un homme fort, courageux, travailleur, mais dans son âme émerge une grande tendresse, qui n’est pas la vertu du faible, mais au contraire, dénote une force d’âme et une capacité d’attention, de compassion, de vraie ouverture à l’autre, d’amour. Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, de la tendresse!

Le vrai pouvoir

Aujourd’hui, en même temps que la fête de saint Joseph, nous célébrons l’inauguration du ministère du nouvel évêque de Rome, Successeur de Pierre, qui comporte aussi un pouvoir. Certes, Jésus-Christ a donné un pouvoir à Pierre, mais de quel pouvoir s’agit-il ? À la triple question de Jésus à Pierre sur l’amour, suit une triple invitation : sois le pasteur de mes agneaux, sois le pasteur de mes brebis. N’oublions jamais que le vrai pouvoir est le service et que le Pape aussi pour exercer le pouvoir doit entrer toujours plus dans ce service qui a son sommet lumineux sur la Croix ; il doit regarder vers le service humble, concret, riche de foi, de saint Joseph et comme lui, ouvrir les bras pour garder tout le Peuple de Dieu et accueillir avec affection et tendresse l’Humanité tout entière, spécialement les plus pauvres, les plus faibles, les plus petits, ceux que Matthieu décrit dans le jugement final sur la charité : celui qui a faim, soif, est étranger, nu, malade, en prison (cf. Mt 25, 31-46). Seul celui qui sert avec amour sait garder!

Ouvrir l’horizon de l’espérance

Dans la deuxième Lecture, saint Paul parle d’Abraham, qui « espérant contre toute espérance, a cru » (Rm 4, 18). Espérant contre toute espérance! Aujourd’hui encore devant tant de traits de ciel gris, nous avons besoin de voir la lumière de l’espérance et de donner nous-mêmes espérance. Garder la Création, tout homme et toute femme, avec un regard de tendresse et d’amour, c’est ouvrir l’horizon de l’espérance, c’est ouvrir une trouée de lumière au milieu de tant de nuages, c’est porter la chaleur de l’espérance! Et pour le croyant, pour nous chrétiens, comme Abraham, comme saint Joseph, l’espérance que nous portons à l’horizon de Dieu qui nous a été ouvert dans le Christ, est fondée sur le rocher qui est Dieu.

Garder Jésus et Marie, garder la Création tout entière, garder chaque personne, spécialement la plus pauvre, nous garder nous-mêmes : voici un service que l’évêque de Rome est appelé à accomplir, mais auquel nous sommes tous appelés pour faire resplendir l’étoile de l’espérance : gardons avec amour ce que Dieu nous a donné!

Je demande l’intercession de la Vierge Marie, de saint Joseph, des saints Pierre et Paul, de saint François, afin que l’Esprit Saint accompagne mon ministère et je vous dis à tous : priez pour moi! Amen.

Source: Radio VaticanCrédit photo: news.vaVidéo: KTO Télévision

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