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Lundi 18 Février 2013 à 12:10
Collège jésuite Saint François-Xavier, à Fianarantsoa, Madagascar

C’est ma première fois à Madagascar. Je découvre un pays, une culture et des personnes magnifiques, extrêmement accueillantes. À la capitale malgache d’Antananarivo, ce qui me frappe c'est le calme avec lequel vont les choses. Imaginez : une ville de quelques 2 000 000 d'habitants, sans feux de circulation! Et ça fonctionne très bien.

En ce moment c'est la saison des ouragans à Madagascar. Mais cela ne nous empêche pas de faire un beau voyage et de visiter les missions que nous aidons, de voir les projets qui s’y rattachent.

« Les OPM font vraiment la différence »

Le mercredi des Cendres, j’ai célébré la messe avec Mgr Fidélis Radotonarivo, s.j., évêque du diocèse d’Ambositra situé au sud du pays. C’était dans un centre catéchétique, un projet qui reçoit de l’aide cette année de la part de l’Œuvre pontificale de la propagation de la foi. Je peux vous confirmer que les subsides pour la catéchèse sont vraiment utiles.

Force est de constater que Œuvres pontificales missionnaires (OPM) font vraiment la différence dans les diocèses. Il y a beaucoup de beaux projets qui se réalisent. Les gens sont heureux de voir que je me suis déplacé pour les visiter. Ils sont étonnés que je fasse une aussi grande distance pour les rencontrer. Je vous transmets leurs nombreux remerciements.

Ce qui est beau également, c'est de rencontrer des prêtres qui sont ordonnés depuis 10 ou 15 ans, qui me demandent des nouvelles de leur parrain ou marraine qui, grâce à l’Œuvre de Saint-Pierre-Apôtre, les ont soutenus financièrement et spirituellement lorsqu’ils étaient en formation au séminaire. Ces prêtres se souviennent encore des noms de leur parrain : un M. Ouellet ou une Mme Tremblay... C’est vraiment touchant.

Les pauvres du Seigneur

Vendredi, presque une semaine après mon arrivée à Madagascar, je compte 8 projets visités. Les OPM sont un encouragement pour des milliers de personnes, principalement pour les plus pauvres de notre monde.

Ce matin, le père Simon-Raphaël Randrianalimanana, directeur national des OPM à Madagascar, Mgr Fidélis, et moi-même, avons célébrés la sainte Eucharistie dans un hôpital psychiatrique maintenu par les Sœurs de la Charité où 35 personnes dont 15 enfants lourdement handicapées, sont prises en charge.

Quelle Eucharistie!  Un moment d’émotion, de vérité et de prière. Qui de mieux pour prier que le pauvre devant son Seigneur. Et qui sont les pauvres du Seigneur? Et bien les petits, les enfants, les personnes les plus vulnérables, celles délaissées, abandonnées, mais aimées du Seigneur. Ces célébrations me touchent profondément. Aucune photo ne peut rapporter l’émotion de ces rencontres et de cette action de grâce. Le visage du petit Mathieu est gravé dans mon cœur… Celui de Justine aussi !  Une rencontre, un sourire, un repas partagé… rien de plus.  Ce qui me touche le plus ce sont les poigné de mains des pauvres. Ils embrassent nos mains, alors que ce devrait être nous qui devions embrasser leurs mains et laver leurs pieds.

 

P. André Gagnon, s.j.

Directeur national des OPM au Canada francophone

Photo: collège jésuite Saint François-Xavier, à Fianarantsoa, Madagascar. / © OPM Canada francophone

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Mercredi 13 Février 2013 à 14:02

Allocution de Benoît XVI lors de son audience générale du mercredi, un moment autant inusité que touchant puisque c’était la première fois que le Pape s’adressait au public depuis le 11 février quand il avait annoncé qu’il renonçait à son ministère comme pasteur de l’Église catholique.

Voici, en français, les mots qu’il a adressés en italien :

 

Chers frères et sœurs,

Comme vous le savez, j’ai décidé (applaudissements) – merci pour votre sympathie –, j’ai décidé de renoncer au ministère que le Seigneur m’a confié le 19 avril 2005.

Je l’ai fait en pleine liberté pour le bien de l’Église, après avoir longuement prié et avoir examiné ma conscience devant Dieu, bien conscient de la gravité d’un tel acte, mais en même temps conscient de n’être plus en mesure d’accomplir le ministère pétrinien avec la force qu’il demande.

La certitude que l’Église est du Christ me soutient et m’éclaire. Celui-ci ne cessera jamais de la guider et d’en prendre soin.

Je vous remercie tous pour l’amour et la prière avec lesquels vous m’avez accompagné (applaudissements) – merci, j’ai senti presque physiquement au cours de ces jours qui ne sont pas faciles pour moi, la force de la prière que me donne l’amour de l’Église, que votre prière me porte.

Continuez à prier pour moi, pour l’Église, pour le futur Pape. Le Seigneur nous guidera.

 

 

Photo © AFP / Filippo Monteforte

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Mardi 12 Février 2013 à 15:34

Stupeur, surprise, étonnement, émotion aux paroles de Benoît XVI qui a communiqué sa décision de « renoncer au ministère d’Évêque de Rome », peut-on lire dans l’Observatore Romano. Autant de sentiments qui se sont dessinés sur les visages des cardinaux et des prélats qui – réunis pour le Consistoire ordinaire public de lundi matin 11 février, dans la salle du consistoire du palais apostolique – ont entendu de vive voix par le Pape cette annonce inattendue.

Les regards de tous se sont croisés, un léger bruissement s’est levé dans la salle et l’étonnement s’est transformé en regret. Mais passés les premiers moments d’égarement, s’est levée chez tous ceux qui étaient présents la reconnaissance unanime que le geste accompli par le Pape est un acte d’humilité très élevé.

Une décision qui a saisi tout le monde de surprise. Et que le Pape a voulu communiquer personnellement lorsque, à la fin de la célébration de l’Ora media et après l’annonce que le 12 mai prochain se tiendraient les trois canonisations à l’ordre du jour du Consistoire, il a lu le texte latin de la Declaratio écrite de sa propre main.

Frères très chers,

Je vous ai convoqués à ce Consistoire non seulement pour les trois canonisations, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Église. Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien. Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière. Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Évangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié. C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Évêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire.

Frères très chers, du fond du cœur je vous remercie pour tout l’amour et le travail avec lequel vous avez porté avec moi le poids de mon ministère et je demande pardon pour tous mes défauts. Maintenant, confions la Sainte Église de Dieu aux soins de son Souverain Pasteur, Notre Seigneur Jésus-Christ, et implorons sa sainte Mère, Marie, afin qu’elle assiste de sa bonté maternelle les pères Cardinaux dans l’élection du Souverain Pontife. Quant à moi, puissé-je servir de tout cœur, aussi dans l’avenir, la Sainte Église de Dieu par une vie consacrée à la prière.

D’un moment de prière et de joie, l’atmosphère s’est emplie de tristesse. C’est le cardinal  Angelo Sodano, doyen du Collège cardinalice, qui s’en est fait le porte-parole, en prononçant immédiatement quelques mots au nom de tous les cardinaux. « Votre Sainteté, aimé et vénéré successeur de Pierre, a-t-il dit,  votre message plein d’émotion a résonné dans cette salle comme un éclair dans le ciel. Nous l’avons écouté avec un sentiment d’égarement, presque tout à fait incrédules. Dans vos paroles, nous avons noté la grande affection que vous avez toujours démontrée pour la sainte Église de Dieu, pour cette Église que vous avez tant aimée ». 

Votre mission, a-t-il conclu, « continuera toutefois. Vous avez dit que vous nous serez toujours proche par votre témoignage et votre prière. Bien sûr, les étoiles dans le ciel continuent de briller et ainsi brillera toujours au milieu de nous l’étoile de votre pontificat. Nous sommes proches de vous, Très Saint-Père, et bénissez-nous ».

Explications de la salle de presse

Le père Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège a convoqué en urgence les journalistes en milieu de journée lundi, peu après l’annonce de démission du Pape, annonçait-on sur le site de Radio-Vatican. La décision de Benoît XVI de renoncer à ses fonctions d’évêque de Rome n'est pas le fruit de pressions extérieures, mais simplement le « désir de rester dans l'obéissance à la Parole de Dieu » a précisé le père Lombardi. Devant plusieurs centaines de journalistes, qui ont pris d’assaut la salle de presse, le père Lombardi a expliqué avec attention les raisons qui ont poussé le Pape à quitter ses fonctions à partir du 28 février à 20h00. Il a également développé les grandes étapes qui vont suivre la démission du Pape jusqu’à l’élection du nouveau successeur de Pierre.

« On peut imaginer qu’un nouveau Pape présidera les célébrations de Pâques », c’est l’une des hypothèses émises par le Père Lombardi lors du point presse. Un conclave devrait ainsi être organisé dans les 15-20 jours suivant la démission de Benoît XVI, mais le Pape n’y participera pas, à bien précisé le père Lombardi. À partir du 1er mars, Benoît XVI se déplacera dans un premier temps dans sa résidence de Castel Gandolfo puis il retournera au Vatican, dans le monastère de religieuses cloîtrées, actuellement en rénovation, pour continuer à servir l'Église « à travers une vie dédiée à la prière » et à la réflexion.

Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège a également expliqué que Benoît XVI a donné sa résignation librement, conformément à l'article 332 §2 du Code de droit canon : « S'il arrive que le Pontife Romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité que la renonciation soit faite librement et qu'elle soit dûment manifestée, mais non pas qu'elle soit acceptée par qui que ce soit ».

Le Père Lombardi a bien précisé qu’aucune maladie, ni même dépression n’a poussé le Pape à prendre une telle décision, d’ailleurs, jusqu’au 28 février aucune modification du programme de Benoît XVI n’est à prévoir. Les célébrations du mercredi des Cendres, l’audience générale ainsi que l’Angélus de dimanche auront bien lieu comme prévu.

Réactions de l’Église au Canada

Joint par Internet à la ville d’Antananarivo (Madagascar), le père André Gagnon, s.j., directeur national des OPM au Canada francophone, a tenu à rappeler les propos de Joseph Ratzinger lors d’un entretien : « L’Église peut précisément être moderne en étant antimoderne, en s’opposant à l’opinion commune. À l’Église incombe un rôle de contradiction prophétique et elle doit en avoir le courage ».

C’est ainsi que le père Gagnon veut « rendre grâce pour la lucidité, les lumières et la sagesse du Saint-Père Benoît XVI, un Pape humble et sage, qui a écouté et donné à l'Église un élan nouveau.»

De son côté, l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ) s’est prononcée par une déclaration de son président, Mgr Pierre-André Fournier, archevêque de Rimouski, dans laquelle il exprime combien la renonciation du Saint-Père leur a « surpris et bouleversés. » Et d’ajouter, « nous perdrons un pasteur, un maître et un père que nous aimons profondément et qui nous manquera beaucoup. »

« Qu'il ait choisi pour cette annonce ce 11 février, fête de Notre‑Dame de Lourdes et Journée mondiale des malades, nous laisse entendre en outre qu'il comptera désormais sur notre prière pour l'accompagner dans cette nouvelle phase de sa vie. »

Le président de l’AECQ revient sur quelques faits marquants du pontificat du Pape rappelant par exemple, son enseignement sous la forme des catéchèses du mercredi et la série sur la prière.

« Et que dire de ses encycliques?, poursuit Mgr Fournier. La première, Dieu est Amour, avait étonné et touché bien des cœurs, dans l'Église et bien au-delà. De plus, ses trois livres sur Jésus ont été des succès de librairie et resteront des références pour longtemps. Dans l'avant-propos du premier tome, Jésus de Nazareth, paru en 2007, il avait présenté cette œuvre en disant : " Ce livre n'est en aucune manière un acte du magistère, mais uniquement l'expression de ma quête personnelle de "la face du Seigneur". Aussi chacun est-il libre de me contredire. Je prie simplement les lectrices et les lecteurs de me faire le crédit de la bienveillance sans lequel il n'y a pas de compréhension possible ". Ces quelques mots sont tout à fait caractéristiques de l'humilité et de la grandeur de Joseph Ratzinger. »

Enfin, le président de l’AECQ mentionne les voyages de Benoît XVI qui « nous ont laissé des images fortes et indélébiles: on pense à la prière silencieuse dans la Mosquée bleue d'Istanbul, aux côtés du Grand Mufti; aux rencontres personnelles avec des victimes d'agressions sexuelles; aux grandes célébrations en Terre sainte, à Cuba, au Mexique, au Bénin, au Liban; aux Journées mondiales de la jeunesse à Cologne, à Sydney et à Madrid; à la prière à Ground Zero à New York. Et encore… »

Quant à Mgr Richard Smith, archevêque d’Edmonton et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, il s’est prononcé au nom de la Conférences dans ces termes :

« Très Saint-Père […] comme les fidèles du Canada, nous avons appris à vous aimer et à vous admirer, et c’est avec tristesse que nous envisageons votre prochain éloignement du souverain pontificat. Par ailleurs, nous sommes pleins de gratitude envers le Seigneur pour les grâces extraordinaires que nous a values votre leadership hors du commun. C’est dans l’admiration que nous accueillons le témoignage de courage vécu et l’admirable clarté de pensée qui ont marqué vos nombreuses années de dévouement et de service comme prêtre et évêque, comme enseignant et écrivain, comme préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et d’une manière toute particulière, comme pasteur de l’Église universelle.

Mgr Smith ajoute plus loin : « Admirables, inspirés, vos encycliques, vos homélies et vos innombrables messages nous laissent l’héritage d’un enseignement limpide, pénétré d’amour pour le Christ et son Église; cet héritage sera un guide sûr pour les chrétiennes et les chrétiens des prochaines générations. »

Mgr Smith remercie le Pape « pour la grande bonté et le soutien sans faille que vous avez toujours témoignés à l’Église du Canada et à ses évêques, qui s’efforcent d’être de fidèles ouvriers dans la vigne du Seigneur. Je voudrais en particulier vous dire combien nous avons apprécié de vous voir exprimer les regrets de l’Église pour ses erreurs passées à l’endroit de la population autochtone du Canada, et ouvrir la voie à un nouvel avenir par la canonisation de sainte Kateri Tekakwitha. »

Finalement, le président de la CECC déclare au Saint-Père que sa décision de renoncer à ses fonctions est « un acte de foi qui nous invite à notre tour à mettre notre foi et notre confiance en notre Père céleste qui conduit toutes choses, en Jésus Christ qui reste toujours avec nous et en l’Esprit Saint qui nous unit dans l’amour et dans l’espérance. »

Un Pape unique, un signe prophétique

Laissons le dernier mot à Romilda Ferrauto, rédactrice en chef de la section française de Radio-Vatican qui commente :

« Le Pape ne recule pas devant les loups. Il ne fuit pas les nombreuses crises et polémiques qui ont jalonné son pontificat : Vatileaks, le scandale des agressions sexuelles. Sa démarche, sans précédent, désoriente, certes, une large partie du peuple de Dieu ; mais quand on y regarde de plus près, elle suscite l’admiration. Car il faut du courage pour partir, il faut de l’humilité pour admettre ses limites, il faut beaucoup de finesse et de clairvoyance pour savoir ce dont l’Église a besoin, à ce moment précis de l’histoire. Benoît XVI n’est pas un impulsif qui agit sous le coup d’une émotion. C’est un homme de foi, cohérent, animé par son amour de Dieu et de l’Église. Sa décision profonde et spirituelle est sans aucun doute le fruit d’une longue réflexion, un geste qui lui ressemble.

« Dès le début de son pontificat, il avait marqué sa différence, alors qu’on le comparait à son prédécesseur Jean-Paul II dont la souffrance, largement relayée par les caméras des télévisions, avait ému le monde entier. Peu à peu, il a imprimé sa marque dans l’Église faisant preuve de fermeté et de transparence. L’intellectuel austère a tenu la barre avec détermination et n’a jamais donné l’impression de ne plus pouvoir gouverner. Ces dernières semaines, on l’avait vu faiblir, prendre de l’âge ; il apparaissait parfois très fatigué. Or Benoît XVI, estime que les temps ont changé, qu’ils sont plus exigeants. Et il sait que l’Église ne se résume pas à la personne du Pape. Certains commentateurs affirment déjà que sa démission et cette annonce publique et inédite a fait entrer l’Église dans la modernité. Un signe prophétique qui ouvre la porte à des changements. »

Sources : L'Osservatore Romano, Radio-Vatican, la CECC, l’AECQ, et les OPM au Canada francophone
Photo: L'Osservatore Romano

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Samedi 2 Février 2013 à 13:39
Sur la photo: Alessio Antonelli

Alessio Antonielli, un jeune italien de Florence, était aux côtés du cardinal Ravasi le 31 janvier dernier, au Vatican, pour présenter la prochaine assemblée plénière du Conseil pontifical de la culture qui aura lieu du 6 au février, sur le thème: « Les cultures émergentes des jeunes ».
Alors que le cardinal Ravasi constatait de son côté « l’apparente indifférence » de la jeunesse qui semble parfois être « déconnectée » du monde des adultes, Alessio Antonielli, a répondu que « pour pouvoir combattre l’indifférence, il faut capter les exigences des jeunes », en invitant l’Église à « traduire » son message à leur intention.

Capter les exigences des jeunes

« Les jeunes, ou une bonne partie d’entre eux n’attendent probablement rien de l’Église, mais ils demandent quelque chose à la vie », a-t-il souligné. Dans ce contexte, c’est à l’Église « de savoir capter les exigences des jeunes, leurs besoins essentiels les plus profonds ».
Alessio a donné des éléments de réponse sur ces « besoins » : malgré les différences de culture entre les jeunes qui vivent à des milliers de kilomètres, « une chose nous unit tous et relie toutes les cultures et toutes les générations, c’est la question fondamentale du sens de l’existence ».
« Nous nous retrouvons tous, ou nous nous sommes déjà trouvés, face à face avec la vie et avec la mort […]. C’est un horizon inévitable de notre existence, quelque chose d’existentiel, et tôt ou tard nous devons y faire face », a-t-il insisté.
Même dans l’« écosystème digital » actuel, « personne n’est à l’abri de la question fondamentale sur l’existence », a-t-il affirmé : bien que les jeunes soient « probablement seulement plus distraits, plus indifférents aux questions que pose l’Église », « chacun de nous, dans sa vie, a besoin de s’arrêter un instant, de réfléchir sur le sens de ses actes pour ne pas arriver en apnée à l’autre bout de la piscine sans jamais sortir la tête de l’eau ».
Pour Alessio, cela fait partie de « la nature de l’Homme » d’avoir ce « besoin existentiel de trouver des réponses à des questions de sens », et c’est justement « dans ces moments, essentiels et inévitables dans la vie d’un homme, que les jeunes s’orientent ».
Il convient donc pour l’Église de ne pas rater le coche et de prendre à bras le corps le « problème le plus urgent » qui est celui de « l’indifférence ». Dans ce contexte, l’Église doit pouvoir « détourner leur regard de ce qui est fugace, de ce qui est éphémère vers ce qui est essentiel et fondamental pour l’Homme […]. Pour pouvoir combattre l’indifférence, il faut capter les exigences des jeunes ».

Présence massive dans les multimédias

« Depuis 2000 ans, l’Église donne une réponse » à la question du sens de la vie, a rappelé Alessio, qui a regretté pourtant de n’avoir pas été « pour le moment, saisi par le message de l’Église ».
Que faire ? « Essayer de traduire son message pour le rendre compréhensible aux nouvelles générations en le divulguant sur les places des multimédias par une présence massive », a répondu ce professionnel de la communication au service des franciscains.
Aujourd’hui, a-t-il fait observer, le rapport avec le monde, notamment en Occident, a changé, « avec l’arrivée de la technique et en particulier, dans le monde des jeunes, la technologie, la smartTV en 3D, Internet, les smartphones, le peer to peer, les navigateurs, la Wi-Fi, Bluetooth, les réseaux sociaux, etc. ».
« On peut dire que nous sommes devenus, aujourd’hui, multi-task. La rapidité et l’« à-peu-près » sont devenus la marque fondamentale de la culture qui nous environne », a-t-il ajouté.
À partir de ces réalités, Alessio pense que « le langage de l’Église doit, d’un côté, être multiplié de manière exponentielle et, de l’autre, il doit être traduit », car « jamais comme aujourd’hui le besoin de mettre la main au vocabulaire ne s’est fait autant sentir ».
La traduction devient « un moment inévitable, complémentaire, si l’on veut saisir les exigences des jeunes », a-t-il poursuivi, expliquant que cette traduction se fait « par la cohérence, au moyen du témoignage de vie, avec un raisonnement rationnel qui puisse arriver aux personnes de manière simple et rapide d’une part, profond et compréhensible de l’autre ».
Il s’agit de « créer cette osmose capable de saisir les exigences de ceux qui sont en dehors des réseaux habituels » auxquels l’Église s’adresse.
 

D’après un article de l’agence Zenit
Sur la photo: Alessio Antonelli.Source: www.cultura.va

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