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Mardi 21 Mai 2013 à 10:04

Le Pape s’est adressé vendredi matin à l’une des institutions les plus importantes pour l’Église et sa mission : les Œuvres pontificales missionnaires. Elles ont pour objectif commun de « promouvoir l’esprit missionnaire universel au sein du Peuple de Dieu ». 
Elles reposent sur quatre piliers : faire connaître la vie des chrétiens sur tous les continents, prier en communion avec les Églises du monde, harmoniser les forces missionnaires, partager financièrement avec les Églises les plus démunies.
En pleine Année de la Foi où la nouvelle évangélisation est au cœur des attentions de l’Église, François leur a adressé des paroles d’encouragement et de reconnaissance. 

Appelée pontificale parce qu'elle est au service direct du Pape, cette institution est plus que jamais utile. « Il existe tant de peuples qui n'ont toujours pas connu le Christ, pour lesquels il faut trouver de nouveaux moyens afin que la grâce de Dieu puisse toucher le coeur de tout homme et de toute femme, et soit portée à lui... C'est une mission difficile, mais, sous l'impulsion de l'Esprit, tellement enthousiasmante!
« Et c’est ceci qui devrait toujours vous donner du courage : savoir que la force de l'évangélisation vient de Dieu, que ça lui appartient. Nous sommes appelés à nous ouvrir toujours plus à l'action du Saint-Esprit, à lui offrir toute notre disponibilité afin d'être des instruments de la miséricorde de Dieu, de sa tendresse et de son amour pour chaque homme et chaque femme, surtout pour les pauvres, les exclus et les marginaux. C'est valable pour chaque chrétien, pour l'Église entière. Ce n'est pas une mission facultative, ce n'est pas une mission facultative... mais essentielle ».
Ayant rappelé que Paul VI leur a recommandé de ne jamais perdre leur dimension universelle, le pape François a encouragé les OPM à poursuivre la tradition séculaire consistant à former et ouvrir les Églises locales aux dimensions de la mission évangélisatrice. Les Oeuvres pontificales missionnaires doivent aussi être « un instrument d'éducation à l'esprit missionnaire universel et de meilleure communion et collaboration entre les communautés en vue d'annoncer l'Évangile au monde. Face aux tentations de se refermer sur leurs problèmes, il faut aider les Églises locales à soutenir la mission ad gentes, à témoigner prophétiquement... de sa mission universelle ».
Le Pape a enfin invité ses hôtes à être très attentifs « aux jeunes Églises qui vivent souvent dans un contexte de discrimination ou de persécution. Il faut les soutenir et les aider à témoigner de l'Évangile en paroles et en actes... Continuez donc votre généreux engagement auprès d'elles pour qu'elles assument bien leur part de responsabilité dans la mission universelle de l'Église ».    

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Vendredi 29 Mars 2013 à 23:50
Chemin de Croix au Colisée de Rome 2013

Des milliers de chandelles illuminaient les abords du Colisée, dans le centre de Rome, à l’occasion du Chemin de Croix qui s’est déroulé en présence du pape François. Au milieu d’une foule silencieuse et recueillie de plusieurs dizaines de milliers de personnes, la Croix a été portée par des fidèles originaires d’Italie, d’Inde, de Chine, de Syrie, du Liban, du Brésil ou du Nigéria; une diversité à l’image de l’universalité de l’Église. Le pape François a suivi l’ensemble du chemin de croix, assis, depuis la terrasse qui surplombe l’amphithéâtre flavien.
Cette année, les méditations qui illustrent les quatorze stations de la via crucis, ont été rédigées par une commission du patriarcat maronite composée de nombreux jeunes. Chacune des différentes communautés chrétiennes du Liban a rédigé une méditation : maronite, catholique latin, chaldéen, syro-catholique, gréco-melkite ou arménien. Des universitaires, des élèves du secondaire ou des membres d’ONG ont également participé à la rédaction d’une des méditations.

Les chrétiens du Proche-Orient au cœur des méditations

Ces réflexions ont notamment dénoncé les « Pilate » qui « tiennent dans leurs mains le pouvoir et ne le mettent qu’au service des plus forts » ; « le monde qui se plie à une réalité qui cherche de chasser Dieu de la vie de l’Homme, comme le laïcisme qui étouffe les valeurs de la foi et de la morale au nom d’une soi-disant défense de l’Homme ou le fondamentalisme violent qui prend prétexte de la défense des valeurs religieuses ».
Une méditation a évoqué la souffrance, qui, « accueillie dans la foi, se transforme en voie de salut ». Les rédacteurs ont évoqué « les sans domiciles fixes, les pauvres et les enfants exposés à la violence et à l’exploitation », rappelant que « une personne blessée ou oubliée ne perd ni sa valeur ni sa dignité et qu’elle demeure signe de la présence du Seigneur cachée dans le monde ».
La situation au Proche-Orient a bien évidemment été évoquée quand une prière a appelé l’Esprit Saint « à consoler et à fortifier les chrétiens du Proche-Orient afin que, unis au Christ, ils soient sur une terre lacérée par l’injustice et les conflits, les témoins de son amour universel ». Il a été demandé aussi au Seigneur d’accorder aux « fils des Églises orientales, affligées de diverses difficultés, parfois allant jusqu’à la persécution ou affaiblies par l’émigration, le courage de rester dans leurs pays pour annoncer la Bonne Nouvelle ». Les victimes des conflits n’ont pas été oubliées, espérant que le « sang des victimes innocentes soit le germe d’un nouvel Orient plus fraternel, plus pacifique, et plus juste et que cet Orient récupère la splendeur de sa vocation de berceau de la civilisation et des valeurs spirituelles et humaines ».

Les femmes et les jeunes

La situation des jeunes, « victimes de la drogue, des sectes ou des perversions », et des femmes, des mères, victimes « de discriminations, de l’injustice, bafouées dans leur dignité » ont été évoquées. Un appel à l’unité des chrétiens a également été lancé, invoquant le Seigneur pour qu’il donne « la sagesse et l’humilité pour que le chrétiens se relèvent et avancent sur la voie de l’unité, dans la vérité et l’amour, sans succomber à la tentation du recours aux seuls critères des intérêts personnels ou sectaires », citant ainsi l’exhortation post-synodale sur le Proche-Orient de Benoît XVI.

Le Pape François a ensuite pris la parole brièvement pour conclure ce chemin de croix.

Paroles du pape François à l’issue du Chemin de Croix au Colisée

Chers frères et sœurs,

Je vous remercie d’avoir participé nombreux à ce moment d’intense prière. Et je remercie aussi tous ceux qui se sont unis à nous par les moyens de communication, spécialement les personnes malades et les personnes âgées. Je ne veux pas ajouter beaucoup de paroles. En cette nuit une seule parole doit demeurer, c’est la Croix elle-même. La Croix de Jésus est la parole par laquelle Dieu a répondu au mal du monde. Parfois il nous semble que Dieu ne répond pas au mal, qu’il demeure silencieux. En réalité Dieu a parlé, a répondu, et sa réponse est la Croix du Christ : une parole qui est amour, miséricorde, pardon. Elle est aussi jugement : Dieu nous juge en nous aimant. Dieu nous juge en nous aimant. Si j’accueille son amour je suis sauvé, si je le refuse je suis condamné, non par lui, mais par moi-même, parce que Dieu ne condamne pas, lui aime et sauve seulement.
Chers frères et sœurs, la parole de la Croix est aussi la réponse des chrétiens au mal qui continue à agir en nous et autour de nous. Les chrétiens doivent répondre au mal par le bien, en prenant sur eux la Croix, comme Jésus. Ce soir nous avons entendu le témoignage de nos frères du Liban : ce sont eux qui ont composé ces belles méditations et prières. Nous les remercions de tout cœur pour ce service et surtout pour le témoignage qu’ils nous donnent. Nous l’avons vu quand le pape Benoît est allé au Liban : nous avons vu la beauté et la force de la communion des chrétiens de cette Terre et de l’amitié de tant de nos frères musulmans et de beaucoup d’autres. Ce fut un signe pour le Moyen Orient et pour le monde entier : un signe d’espérance. Alors continuons ce Chemin de Croix dans la vie de tous les jours ! Marchons ensemble sur le chemin de la Croix, marchons en portant dans le cœur cette parole d’amour et de pardon. Marchons en attendant la Résurrection de Jésus qui nous aime tant, qui n’est qu’amour!

Source: Radio Vatican

Crédit photo: © Alessia GIULIANI/CPP (Source: www.aleteia.org)

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Jeudi 28 Mars 2013 à 15:40
Jeudi Sain 2013: la messe chrismale

Jeudi saint, le pape François a présidé la messe chrismale en la basilique Saint-Pierre. Durant cette messe les prêtres renouvellent leurs promesses faites lors de leur ordination sacerdotale. Une messe durant laquelle on consacre le saint-chrème et sont bénies les autres huiles saintes utilisées durant toute l'année pour les divers rites. Le pape François a célébré cette messe entouré de quelque 1 600 cardinaux, évêques et prêtres, diocésains et religieux.

Le prêtre : médiateur entre Dieu et les Hommes 

Le pape François a invité les prêtres à répondre aux attentes des gens, en étant proches d'eux dans la vie quotidienne. « Les gens nous remercient, a expliqué le Pape, lorsqu'ils sentent que nous avons prié avec les réalités de leur vie de tous les jours, leurs peines, leurs joies, leurs angoisses et leurs espérances ». « Quand nous sommes dans cette relation avec Dieu et avec son Peuple, a-t-il ajouté, et que la grâce passe à travers nous, alors nous sommes prêtres, et des médiateurs entre Dieu et les Hommes ».
Pour le Pape,  « il faut que les prêtres redonnent vie à la grâce et soient à l'écoute de toutes les attentes et demandes, même inopportunes, parfois purement matérielles ou banales, mais souvent seulement en apparence. »

Prêtres « tristes, collectionneurs d’antiquités »

Dans cette même homélie, véritable feuille de route pour le clergé du monde, le pape François a fustigé les prêtres qui ne seraient que des « gestionnaires », les appelant à redynamiser leurs messes. Une fois encore il les a exhortés à aller aux « périphéries » porter l'Évangile à ceux qui « n'ont rien de rien ». Il s'en est pris aux « prêtres tristes », qui peu à peu se sont « convertis en collectionneurs d'antiquités ou de nouveautés ». « Ils ne paient pas d'eux-mêmes, ni de leur cœur », et « ne reçoivent pas non plus un merci affectueux qui vient du cœur », devait-il ajouté.

Le clergé doit s'ouvrir et aller « aux périphéries », où se trouvent la souffrance et le sang versé

« Le prêtre qui ne sort pas de lui-même au lieu d'être un médiateur se convertit peu à peu en intermédiaire, en gestionnaire ». Avec une telle « insatisfaction », « la soi-disant crise d'identité sacerdotale nous menace tous et se greffe sur une crise de civilisation », a estimé le pape François.
Dans cette homélie au terme de laquelle il a été longuement applaudi par l'assemblée des prêtres, religieux, évêques et cardinaux, le Pape a appelé à plusieurs reprises le clergé à aller « aux périphéries »: « Où se trouve la souffrance, où le sang est versé, il y a un aveuglement qui désire voir, il y a des prisonniers de tant de mauvais patrons ».
Et d'enfoncer le clou: « Ce ne sont pas précisément dans les auto-expériences ou les introspections répétées que nous rencontrons le Seigneur: les cours pour s'aider soi-même dans la vie peuvent être utiles, mais vivre passant d'un bord à l'autre, de méthode en méthode, pousse à devenir pélagiens, à minimiser le pouvoir de la grâce qui s'actualise et croît dans la mesure selon laquelle, avec foi, nous sortons pour nous donner nous-mêmes et pour donner l'Évangile aux autres. »
Dans l'après-midi, à 17 h 30, le pape François s’est rendu à la prison pour mineurs de Casal del Marmo pour célébrer la messe de la Cène du Seigneur, durant laquelle il a procédé au rite du lavement des pieds. 

Source: news.va

Crédit photo: Andrew Medichini/AP 

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Mercredi 27 Mars 2013 à 23:39
Première audience générale du pape François.

En ce Mercredi Saint, des milliers de personnes rassemblées place Saint-Pierre ont accueilli le Pape lors de sa première audience générale que voici :

Frères et soeurs, bonjour!

Je suis heureux de vous accueillir à ma première audience générale. C’est avec gratitude et vénération que je prends le témoin des mains de mon prédécesseur Benoît XVI. Après Pâques, nous reprendrons les catéchèses de l'Année de la foi. Aujourd'hui, je voudrais m’arrêter sur la Semaine sainte. Avec le dimanche des Rameaux, nous avons commencé cette semaine, centre de toute l’année liturgique, pendant laquelle nous accompagnons Jésus dans sa Passion, sa mort et sa résurrection.

« C’est lui qui est allé vers nous »

Mais que signifie vivre la Semaine sainte pour nous? Que signifie suivre Jésus dans son chemin sur le calvaire vers la Croix et la résurrection? Dans sa mission terrestre, Jésus a parcouru les routes de Terre sainte; il a appelé douze personnes simples pour qu’elles restent avec lui, qu’elles partagent son chemin et qu’elles continuent sa mission; il a parlé à tous sans distinction, aux grands et aux humbles, aux puissants et aux faibles; il a porté la miséricorde et le pardon de Dieu; il a guéri, consolé, compris; il a donné l’espérance; il a porté à tous la présence de Dieu qui s’intéresse à tout homme et toute femme, comme le font un bon père et une bonne mère envers chacun de ses enfants.

Dieu n’attend pas qu'ils viennent à lui, mais c’est lui qui est allé vers nous... Jésus a vécu les réalités quotidiennes des gens les plus communs: il a pleuré devant les souffrances de Marthe et Marie pour la mort de leur frère Lazare; il a aussi vécu la trahison d’un ami. En lui, Dieu nous a donné la certitude qu’il est avec nous, au milieu de nous... Jésus n’a pas de maison, car sa maison ce sont les gens, c’est nous, sa mission est d’ouvrir à tous les portes de Dieu, d’être la présence d’amour de Dieu.

Suivre Jésus c’est aller à la rencontre des autres

Pendant la Semaine sainte, nous vivons le sommet de ce plan d’amour qui parcourt toute l’histoire des rapports entre Dieu et l’Humanité. Jésus entre à Jérusalem pour faire le dernier pas, par lequel il résume toute son existence: il se donne totalement, ne garde rien pour lui, pas même la vie. Lors de la dernière Cène avec ses amis, il partage le pain et distribue le calice pour nous. Le Fils de Dieu s’offre à nous, remet dans nos mains son Corps et son Sang pour être toujours avec nous. Et dans le jardin des Oliviers, comme pendant son procès devant Pilate, il n’oppose pas de résistance, il se donne. Jésus ne vit pas cet amour qui conduit au sacrifice de façon passive ou comme une fatalité; certes, il ne cache pas son trouble humain profond face à une mort violente, mais il s’en remet avec une pleine confiance au Père... pour montrer son amour pour nous. Chacun peut dire: Jésus m’a aimé et il s’est livré pour moi, pour moi.

Que signifie tout cela pour nous? Cela signifie qu’il s’agit de ma route, de la tienne, de notre route. Vivre la Semaine sainte en suivant Jésus pas seulement avec émotion, cela veut dire apprendre à sortir de nous-mêmes... pour aller à la rencontre des autres, pour aller vers les périphéries de l’existence, nous bouger, nous les premiers, vers nos frères et nos sœurs, surtout ceux qui sont les plus éloignés, les oubliés, ceux qui ont le plus besoin de compréhension, de consolation, d’aide.

Sortons de notre façon routinière de vivre la foi

Vivre la Semaine sainte c’est entrer toujours plus dans la logique de Dieu, dans la logique de la Croix, qui n’est pas, avant tout, celle de la douleur et de la mort, mais celle de l’amour et du don de soi qui donne vie. C’est entrer dans la logique de l’Évangile. Suivre, accompagner le Christ, rester avec lui exige de sortir: de soi-même, d’une façon routinière de vivre la foi, de la tentation de se renfermer dans ces schémas qui finissent par fermer l’horizon de l’action créative de Dieu. Dieu est sorti de lui-même pour venir au milieu de nous, pour nous apporter la miséricorde... qui sauve et donne l’espérance. Nous aussi, si nous voulons le suivre et rester avec lui, nous ne devons pas nous contenter de rester dans l’enceinte des quatre-vingt-dix-neuf brebis; nous devons sortir, chercher avec lui la brebis perdue, celle qui est la plus éloignée.

Souvent nous nous contentons de quelques prières, d’une messe dominicale distraite et non constante, de quelques gestes de charité, mais nous n’avons pas ce courage de sortir pour apporter le Christ. Nous sommes un peu comme saint Pierre. Dès que Jésus parle de passion, de mort et de résurrection, de don de soi, d’amour vers tous, l’apôtre le prend à part et le réprimande. Ce que dit Jésus bouleverse ses plans, apparaît inacceptable, met en difficulté les sécurités qu’il s’était construites, son idée du Messie. Et Jésus adresse à Pierre peut-être une des paroles les plus dures des évangiles: Passe derrière moi Satan! Parce que tu ne penses pas selon Dieu, mais selon les Hommes.

Dieu pense avec miséricorde; Dieu pense comme le père qui attend le retour de son fils et qui va à sa rencontre, qui le voit venir alors qu’il est encore loin... signe qu’il l’attendait tous les jours depuis la terrasse de sa maison. Dieu pense comme le Samaritain qui ne passe pas près du malchanceux en le plaignant ou en regardant de l’autre côté, mais en le secourant sans rien demander en échange, sans lui demander s’il était juif, samaritain, riche ou pauvre...

La Semaine sainte est un temps de grâce que le Seigneur nous donne pour ouvrir les portes de notre cœur, de notre vie, de nos paroisses, des mouvements, des associations, et sortir à la rencontre des autres, nous rendre proches pour porter la lumière et la joie de notre foi. Sortir toujours, avec l’amour et la tendresse de Dieu!

Source: VIS

Crédit photo: Andrew Medichini/AP

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