Actualité

Samedi 23 Mars 2013 à 15:34
Le pape François rencontre Benoît XVI

Rendez-vous historique ce 23 mars 2013, entre le pape François et Benoît XVI, pape émérite. Cette rencontre privée a eu lieu à Castel Gandolfo, où se situe la résidence d’été des papes. Les deux hommes sont allé prier ensemble avant de s’entretenir quelque 45 minutes en privé, rapporte le père Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège. Par la suite, ils sont allés prendre le dîner ensemble.

Notons que le pape François a fait don à Benoît XVI d'une icône mariale. « On m'a dit qu'il s'agit de la Vierge de l'Humilité, a expliqué le Pape à son prédécesseur. Permettez-moi de vous dire quelque chose, a-t-il continué, j’ai pensé à vous. Tellement d’humilité pendant votre pontificat. Vous vous êtes toujours donné avec tellement d’humilité… vraiment. Vous le méritez. » Paroles pour lesquelles Benoît XVI, ému, n’avait que des « merci » bien sentis.

 

Photo: © Osservatore Romano
Vidéo: romereports.com

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Mardi 19 Mars 2013 à 16:19
Messe d'inauguration du pontificat du pape François.

« La vocation à protéger ne concerne pas seulement les chrétiens », et c'est François d'Assise qui a enseigné « à avoir du respect pour toute créature, pour l'environnement ». Dans l'homélie de la messe d'inauguration de son pontificat (dont la version intégrale se trouve en bas de page), le pape François nous invite « à avoir du respect pour tous, pour chaque personne, spécialement les enfants, les personnes âgées, tous ceux qui sont les plus fragiles et qui souvent se trouvent à la périphérie de notre cœur ». « Protéger toutes les situations humaines, en tant que parents, époux, amis, dans la confiance, dans le respect et le bien ».

Le pape François a ensuite souligné que dans l'exercice de son service, le Pape regarde vers celui qui est « humble, concret », cette figure de saint Joseph dont c'est ce mardi la solennité, et comme lui le Pape ouvre les bras à l'Humanité entière, en se rappelant que le jugement dernier « sera sur la charité: celui qui a faim, soif, est étranger, nu, malade, en prison. Seul celui qui est au service avec amour, a ajouté le Pape, sait protéger ».
La messe d'inauguration avait débuté par un tour du pape François au milieu d’une foule immense place Saint-Pierre, en papamobile découverte. Vêtu seulement de sa soutane blanche et d'une pèlerine de même couleur, le premier pape venu des Amériques est apparu à bord d'une jeep pour un long tour sur la place Saint-Pierre, au son de trompettes triomphales. Très souriant et debout dans son véhicule, il a salué la foule, plus de 150 000 personnes qui l'acclamaient sous un grand soleil avec des drapeaux de tous les pays, levant même parfois le pouce en signe de connivence ou embrassant des bébés. Il est même descendu de son véhicule pour caresser le visage d'un handicapé alité.

Une cérémonie solennelle et simple

Après ce tour, le Pape a rejoint la basilique Saint-Pierre, et dans la crypte il a prié devant la tombe de saint Pierre puis est ressorti pour la messe, précédé de ses 180 concélébrants: cardinaux, patriarches, archevêques.

Pallium et anneau papal, le pape François a reçu alors les emblèmes marquant le début officiel de son pontificat. Le doyen du collège cardinalice, Angelo Sodano, a remis au nouveau pontife le pallium et l'anneau du pêcheur, choisi en argent doré et non en or par souci d'humilité. La messe a commencé juste après la Litanie des saints et le salut de six cardinaux représentant le collège cardinalice que le Pape recevait avec chaleur, leur donnant parfois une légère accolade.

La cérémonie était à la fois solennelle et simple surtout avec la tenue plutôt austère du Pape: pendant la procession depuis la tombe de saint Pierre, à l'intérieur de la basilique vers le parvis, il portait sur sa soutane blanche une chasuble beige frappée d'une fine croix noire à dorures et une mitre, tenue qui contrastait avec les vêtements d'apparat de la dizaine de patriarches des églises orientales qui l'accompagnaient. Le Pape a concélébré avec près de 200 prélats, patriarches et prêtres. Parmi eux, les supérieurs généraux des Jésuites et des Franciscains. Jorge Bergoglio est le premier pape jésuite et a choisi le nom du fondateur des Franciscains, saint François d'Assise. Plus de 30 chefs d'État étaient assis aux premiers rangs du parvis de la place Saint-Pierre.

 

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS LORS DE LA MESSE D'INAUGURATION DE SON PONTIFICAT

Chers frères et sœurs!

Je remercie le Seigneur de pouvoir célébrer cette messe de l’inauguration de mon ministère pétrinien en la solennité de saint Joseph, époux de la Vierge Marie et Patron de l’Église universelle : c’est une coïncidence très riche de signification, et c’est aussi la fête de mon vénéré prédécesseur : nous lui sommes proches par la prière, pleins d’affection et de reconnaissance.

Je salue avec affection les frères cardinaux et évêques, les prêtres, les diacres, les religieux et les religieuses et tous les fidèles laïcs. Je remercie de leur présence les représentants des autres Églises et Communautés ecclésiales, de même que les représentants de la communauté juive et d’autres communautés religieuses. J’adresse mon cordial salut aux chefs d’État et de gouvernement, aux délégations officielles de nombreux pays du monde et au Corps diplomatique.

Joseph, gardien de Marie, de Jésus et de l’Église

Nous avons entendu dans l’Évangile que « Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse » (Mt 1, 24). Dans ces paroles est déjà contenue la mission que Dieu confie à Joseph, celle d’être custos, gardien. Gardien de qui ? De Marie et de Jésus ; mais c’est une garde qui s’étend ensuite à l’Église, comme l’a souligné le bienheureux Jean-Paul II : « Saint Joseph a pris un soin affectueux de Marie et s’est consacré avec joie à l’éducation de Jésus Christ, de même il est le gardien et le protecteur de son Corps mystique, l’Église, dont la Vierge sainte est la figure et le modèle ».  (Redemptoris Custos, n. 1)

Comment Joseph exerce-t-il cette garde? Avec discrétion, avec humilité, dans le silence, mais par une présence constante et une fidélité totale, même quand il ne comprend pas. Depuis son mariage avec Marie jusqu’à l’épisode de Jésus, enfant de douze ans, dans le Temple de Jérusalem, il accompagne chaque moment avec prévenance et avec amour. Il est auprès de Marie son épouse dans les moments sereins et dans les moments difficiles de la vie, dans le voyage à Bethléem pour le recensement et dans les heures d’anxiété et de joie de l’enfantement ; au moment dramatique de la fuite en Égypte et dans la recherche inquiète du fils au Temple ; et ensuite dans le quotidien de la maison de Nazareth, dans l’atelier où il a enseigné le métier à Jésus.

Comment répondre à la vocation de Dieu?

Comment Joseph vit-il sa vocation de gardien de Marie, de Jésus, de l’Église? Dans la constante attention à Dieu, ouvert à ses signes, disponible à son projet, non pas tant au sien propre ; et c’est cela que Dieu demande à David, comme nous l’avons entendu dans la première lecture : Dieu ne désire pas une maison construite par l’Homme, mais il désire la fidélité à sa Parole, à son dessein ; c’est Dieu lui-même qui construit la maison, mais de pierres vivantes marquées de son Esprit. Et Joseph est « gardien », parce qu’il sait écouter Dieu, il se laisse guider par sa volonté, et justement pour cela il est encore plus sensible aux personnes qui lui sont confiées, il sait lire avec réalisme les événements, il est attentif à ce qui l’entoure, et il sait prendre les décisions les plus sages. En lui, chers amis, nous voyons comment on répond à la vocation de Dieu, avec disponibilité, avec promptitude, mais nous voyons aussi quel est le centre de la vocation chrétienne : le Christ! Nous gardons le Christ dans notre vie, pour garder les autres, pour garder la Création!

« Tout est confié à la garde de l’Homme »

La vocation de garder, cependant, ne nous concerne pas seulement nous les chrétiens, elle a une dimension qui précède et qui est simplement humaine, elle concerne tout le monde. C’est le fait de garder la Création tout entière, la beauté de la Création, comme il nous est dit dans le Livre de la Genèse et comme nous l’a montré saint François d’Assise : c’est le fait d’avoir du respect pour toute créature de Dieu et pour l’environnement dans lequel nous vivons. C’est le fait de garder les gens, d’avoir soin de tous, de chaque personne, avec amour, spécialement des enfants, des personnes âgées, de celles qui sont plus fragiles et qui souvent sont dans la périphérie de notre cœur. C’est d’avoir soin l’un de l’autre dans la famille : les époux se gardent réciproquement, puis comme parents ils prennent soin des enfants et avec le temps aussi les enfants deviennent gardiens des parents. C’est le fait de vivre avec sincérité les amitiés, qui sont une garde réciproque dans la confiance, dans le respect et dans le bien. Au fond, tout est confié à la garde de l’Homme, et c’est une responsabilité qui nous concerne tous. Soyez des gardiens des dons de Dieu!

Et quand l’Homme manque à cette responsabilité, quand nous ne prenons pas soin de la Création et des frères, alors la destruction trouve une place et le cœur s’endurcit. À chaque époque de l’Histoire, malheureusement, il y a des « Hérode » qui trament des desseins de mort, détruisent et défigurent le visage de l’homme et de la femme.
Je voudrais demander, s’il vous plaît, à tous ceux qui occupent des rôles de responsabilité dans le domaine économique, politique ou social, à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté : nous sommes « gardiens » de la Création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement ; ne permettons pas que des signes de destruction et de mort accompagnent la marche de notre monde!

Mais pour « garder » nous devons aussi avoir soin de nous-mêmes! Rappelons-nous que la haine, l’envie, l’orgueil, souillent la vie! Garder veut dire alors veiller sur nos sentiments, sur notre cœur, parce que c’est de là que sortent les intentions bonnes et mauvaises : celles qui construisent et celles qui détruisent! Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, et même pas non plus de la tendresse!

Et ici j’ajoute alors une remarque supplémentaire : le fait de prendre soin, de garder, demande bonté, demande d’être vécu avec tendresse. Dans les Évangiles, saint Joseph apparaît comme un homme fort, courageux, travailleur, mais dans son âme émerge une grande tendresse, qui n’est pas la vertu du faible, mais au contraire, dénote une force d’âme et une capacité d’attention, de compassion, de vraie ouverture à l’autre, d’amour. Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, de la tendresse!

Le vrai pouvoir

Aujourd’hui, en même temps que la fête de saint Joseph, nous célébrons l’inauguration du ministère du nouvel évêque de Rome, Successeur de Pierre, qui comporte aussi un pouvoir. Certes, Jésus-Christ a donné un pouvoir à Pierre, mais de quel pouvoir s’agit-il ? À la triple question de Jésus à Pierre sur l’amour, suit une triple invitation : sois le pasteur de mes agneaux, sois le pasteur de mes brebis. N’oublions jamais que le vrai pouvoir est le service et que le Pape aussi pour exercer le pouvoir doit entrer toujours plus dans ce service qui a son sommet lumineux sur la Croix ; il doit regarder vers le service humble, concret, riche de foi, de saint Joseph et comme lui, ouvrir les bras pour garder tout le Peuple de Dieu et accueillir avec affection et tendresse l’Humanité tout entière, spécialement les plus pauvres, les plus faibles, les plus petits, ceux que Matthieu décrit dans le jugement final sur la charité : celui qui a faim, soif, est étranger, nu, malade, en prison (cf. Mt 25, 31-46). Seul celui qui sert avec amour sait garder!

Ouvrir l’horizon de l’espérance

Dans la deuxième Lecture, saint Paul parle d’Abraham, qui « espérant contre toute espérance, a cru » (Rm 4, 18). Espérant contre toute espérance! Aujourd’hui encore devant tant de traits de ciel gris, nous avons besoin de voir la lumière de l’espérance et de donner nous-mêmes espérance. Garder la Création, tout homme et toute femme, avec un regard de tendresse et d’amour, c’est ouvrir l’horizon de l’espérance, c’est ouvrir une trouée de lumière au milieu de tant de nuages, c’est porter la chaleur de l’espérance! Et pour le croyant, pour nous chrétiens, comme Abraham, comme saint Joseph, l’espérance que nous portons à l’horizon de Dieu qui nous a été ouvert dans le Christ, est fondée sur le rocher qui est Dieu.

Garder Jésus et Marie, garder la Création tout entière, garder chaque personne, spécialement la plus pauvre, nous garder nous-mêmes : voici un service que l’évêque de Rome est appelé à accomplir, mais auquel nous sommes tous appelés pour faire resplendir l’étoile de l’espérance : gardons avec amour ce que Dieu nous a donné!

Je demande l’intercession de la Vierge Marie, de saint Joseph, des saints Pierre et Paul, de saint François, afin que l’Esprit Saint accompagne mon ministère et je vous dis à tous : priez pour moi! Amen.

Source: Radio VaticanCrédit photo: news.vaVidéo: KTO Télévision

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Lundi 18 Mars 2013 à 00:55
Dimanche matin, le pape François a célébré la messe dans la paroisse Sainte-Anne au Vatican.

Après Benoît XVI, l’intellectuel timide et réservé, le nouveau pape « venu du bout du monde » a inauguré un nouveau style d’expression, bousculant les habitudes romaines et séduisant les médias et l’opinion publique par sa simplicité naturelle et spontanée et par ses gestes de proximité. Devant les journalistes, samedi matin, il a suscité l’étonnement et l’enthousiasme, en racontant le choix de son patronyme pendant le Conclave, et en ponctuant son discours d’improvisations et de quelques phrases fortes :

« L’Église tout en étant une institution humaine, historique, avec tout ce que cela comporte, elle n’a pas une nature politique, mais essentiellement spirituelle : c’est le peuple de Dieu qui marche à la rencontre de Jésus Christ […] Le Christ est au centre, la référence fondamentale, le cœur de l’Église. Sans lui, Pierre et l’Église n’existeraient pas et n’auraient pas de raison d’exister. »

Le choix du nom François

« Certains ne savait pas pourquoi l’évêque de Rome a voulu s’appeler François. Certains ont pensé à François-Xavier, saint François de Sales et aussi à saint François d’Assise. Je vais vous raconter l’histoire ».

Face aux journalistes, le Pape leur fait faire un voyage inattendu. Il leur faire revivre le conclave pendant un instant : « Pendant l’élection, dit-il en improvisant, j’avais à mes côtés l’archevêque émérite de Sao Paolo et préfet émérite pour le clergé, le cardinal Claudio Hummes : un grand ami. Et quand les choses ont commencé à devenir un peu “dangereuses” pour moi, il m’a réconforté. Et quand nous sommes arrivés aux deux tiers de votes (en sa faveur) et que tous se sont mis à applaudir comme c’est l’usage, il m’a embrassé et a dit ‘n’oublie pas le pauvres !’ Cette parole est entrée là (il indique sa tête du doigt) : les pauvres… les pauvres… Et soudain, j’ai pensé à François d’Assise. Puis aux guerres alors que le scrutin se prolongeait jusqu’à ce que le décompte s’achève. François est l’homme de la paix, l’homme qui aime et protège la Création, et en ce moment où nous avons une relation qui n’est pas si bonne avec la Création... Il est l’homme qui nous donne cet esprit de paix, l’homme pauvre… Ah comme je voudrais une Église pauvre, pour les pauvres! »

Revenir à l’essentiel de l'Église

Depuis sa première apparition au balcon de la basilique Saint-Pierre, mercredi soir, le nouvel évêque de Rome semble vouloir relativiser le pouvoir pontifical et le poids de la hiérarchie pour revenir aux fondamentaux de l'Église. Intègre et sincère, il a déjà exhorté les catholiques à ne pas céder « au pessimisme, à l’amertume que le diable offre chaque jour ». Il a rappelé à ceux qu’il appelle « ses frères » (les cardinaux) sa certitude : l’Esprit-Saint insuffle courage et persévérance pour rechercher de nouvelles méthodes d’évangélisation, pour porter l’Évangile jusqu’au bout du monde. » L’Église, selon lui, doit retrouver le courage et l’unité.

Cette élection marque un tournant

Ceux qui le connaissent soulignent que son engagement pour la justice sociale n’est pas un vain mot. Ferme en matière de doctrine et de morale familiale, il ne manquera pas de se poser en défenseur des pauvres et des exclus. Son élection, qui a bousculé les logiques médiatiques, a prouvé que le collège des cardinaux ne manquait pas d'audace. Benoît XVI s’est efforcé de purifier l’Église, François pourrait mener à bien la réforme radicale tant souhaitée et améliorer la coordination. Mais il devra se montrer solide alors que l’Église, avec ses vertus et ses péchés, est attaquée de toutes parts.

Personne ne peut savoir de quoi l’avenir sera fait mais beaucoup estiment que le choix des cardinaux marque un tournant et une nouvelle ère. Les catholiques attendaient du nouveau de cette élection et cela s'est produit. Comment ne pas penser alors au Poverello d’Assise qui s’entendit demander par Jésus : « François, reconstruis mon Église qui est tombée en ruine ». La mutation pour l’Église s’annonce forte et douce à la fois. Les romains, eux, aiment déjà leur pape.

Source: Radio Vatican

Vidéo: Dimanche 17 mars, première prière de l'Angélus par le pape François.

Sur la photo: le pape François salue la foule qui l'attendait dehors à l'issue de la messe qu'il a célébrée à la paroisse Sainte-Anne au Vatican. (Crédit photo: © L'Osservatore Romano)

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Jeudi 14 Mars 2013 à 03:12
Le pape François

Un conclave court, cinq tours de scrutin et la surprise générale. L’élu qui se présente à la Loggia de la basilique Saint-Pierre déjoue tous les pronostics. Premier pape américain, premier pape jésuite, premier pape à choisir le nom de François. Ses premiers gestes et ses premières paroles sont déjà un programme : il se présente avant tout comme l’évêque de Rome qui salue le peuple de Rome, un retour aux origines et à l’essence même du ministère pétrinien; mais surtout il prie avec simplicité et parvient à obtenir le silence d’une foule immense à perte de vue.

Les critères de l’Église ne sont pas ceux qui gouvernent le monde

Après avoir longuement discuté de l’avenir de l’Église, des défis qui attendent le nouveau pape, suscitant l’effervescence médiatique et une curiosité planétaire, les cardinaux ont finalement opté pour un homme connu pour sa simplicité et son humilité, un homme au service de l’Église universelle, loin des luttes de pouvoir. Ils ont montré que les critères dans l’Église n’étaient pas ceux qui gouvernent le monde.

Treize jours après la fin du pontificat de Benoît XVI, c’est un homme de 76 ans qui prend la relève, réservé, austère et sensible aux questions sociales. Il incarne une Église qui sait aller à la rencontre des Hommes, là où ils vivent pour annoncer l’Évangile. Car pour lui, la foi n’est pas un bien que l’on possède ; c’est une mission. Il y a quelque mois, il avait reconnu que l’Église a des défauts, des péchés, mais - ajoutait-il - on oublie trop souvent sa sainteté.

Reconnaissance et prière

Habemus Papam, dominum cardinalem Bergoglio. Il est jésuite et nous vient de l'Argentine! Il a pris le nom de François. Il s'agit du premier pape des Amériques et du premier Jésuite à devenir pape.

L'élection par les 115 cardinaux réunis en secret dans la Chapelle Sixtine avait été annoncée auparavant par l'émission rituelle d'une fumée blanche et par les cloches de la basilique Saint-Pierre qui avaient retenti à toute volée. « Les cardinaux sont allés me chercher au bout du monde », ont été les premières paroles du nouveau Pape, François, qui ajoutait: «Avant de vous bénir, je vous demande de prier pour moi ». Et ce fut une place Saint-Pierre en silence qui se recueillait. François priait aussi pour son prédécesseur Benoît XVI, pour que Dieu le préserve.

Le nouveau pape François a téléphoné après son élection au pape émérite Benoît XVI et « le rencontrera dans les prochains jours », a fait savoir le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi. Jeudi après-midi, le nouveau pape François célébrera une messe avec l'ensemble des cardinaux dans la chapelle Sixtine, et vendredi matin leur donnera audience dans la salle Clémentine au Vatican.

Un homme connu pour sa vie simple, au plus près des pauvres

José Maria Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, 76 ans, est né le 17 décembre 1936 dans la capitale argentine, d'un couple d'immigrés italiens. Sa formation est celle d'un ingénieur chimiste. Mais il est entré très tôt dans la Compagnie de Jésus. Prêtre depuis 1969, il a toujours lié sa carrière ecclésiastique à l'expérience de la réalité sociale de son pays.

Dès 1992, il était évêque auxiliaire de Buenos Aires, promu archevêque en 1998. Autorité morale en Argentine, l’archevêque de Buenos Aires est connu pour sa simplicité, son humilité et son sens pastoral. Il considère que la pauvreté est assimilable à une violation des droits de l’Homme, et a dénoncé à plusieurs reprises le néolibéralisme et les méfaits économiques de la mondialisation.

José Maria Bergoglio est connu pour la vie simple qu'il a menée à Buenos Aires, voyageant en métro et en bus, passant ses week-ends dans les paroisses défavorisées, au contact des prêtres des bidonvilles. Il est cardinal depuis 2001. Et son nom avait déjà beaucoup été cité lors du précédent conclave.

Les premiers mots de notre nouveau pape François

« Frères et sœurs, bonsoir!

Comme vous le savez, pendant le conclave, on choisit l'évêque de Rome. On dirait que mes frères cardinaux sont allés le prendre presque au bout du monde, mais nous voilà. Je vous remercie pour votre accueil, celui de la communauté du diocèse de Rome à son évêque. Avant tout, je voudrais faire une prière pour notre évêque émérite, Benoît XVI. Prions pour que le Seigneur le bénisse et pour que la Vierge le garde. »

(Le pape François et la foule place Saint-Pierre récitent alors un « Notre Père » et un « Je vous salue Marie ».)

« Et maintenant, commençons ce chemin, évêque et peuple. Ce chemin de l'Église de Rome, celle qui préside à la charité de toutes les Églises. Un chemin de fraternité, d'amour, de confiance entre nous. Prions toujours les uns pour les autres et prions pour le monde, pour qu'il y ait une grande fraternité. Je souhaite que ce chemin d'Église, et en cela le cardinal vicaire m'aidera, soit fructueux pour l'évangélisation.

« Je veux vous demander une faveur, avant de vous donner ma bénédiction, je vous demande votre prière, qui est la bénédiction du peuple pour son évêque.

(Le Pape s'incline alors pour recevoir la bénédiction des fidèles)

« Demain, je vais prier la Vierge pour qu'elle protège la ville de Rome. À demain, à bientôt. Bonne nuit et bon repos. » 

Source: Radio Vatican

Crédit photo: cbc.ca

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