Actualité

Samedi 27 Juillet 2013 à 01:06
JMJ: au bord de Copacabana, un chemin de croix contemporain

La foule immense des jeunes venus du monde entier, encore plus nombreux que lors de la cérémonie d’accueil jeudi soir, s’est retrouvée une nouvelle fois vendredi soir sur la plage de Copacabana. Lieu symbole de fête et de réjouissances, le splendide bord de mer de Rio a été le théâtre d’un grand moment de prière et de recueillement. C’est là que s’est déroulé le traditionnel Chemin de Croix, un des temps forts des Journées mondiales de la jeunesse : treize stations le long de 900 mètres de l’avenue Atlantico, la XIVe et dernière sur le podium central où le pape François s’est adressé aux jeunes. Un chemin de croix à ciel ouvert animé par 280 personnes, artistes et volontaires, placé sous le signe de la solidarité.


Un chemin de croix à l’image du contexte social actuel

Chaque étape a été accompagnée d’une méditation sur les problèmes, les souffrances, les interrogations des jeunes, la Mission, la conversion. Au milieu de chorégraphies élaborées et colorées, des témoins ont évoqué l’addiction aux drogues, la défense de la vie, les esclavages modernes, les persécutions religieuses, la misère, le chômage, la prison, la maladie, les femmes maltraitées… Mais aussi l’évangélisation de l’univers virtuel et la communication sur les réseaux sociaux, ainsi que la peur de devenir otages de la toile. Des jeunes de nationalités différentes ont porté la croix. Des volontaires ont été choisis pour représenter des groupes sociaux plus fragiles, comme les femmes, les handicapés, les drogués. Les méditations avaient été composées par deux religieux déhoniens, connus au Brésil pour leur engagement aux côtés des jeunes.

« Jésus parcourt nos routes pour prendre sur lui nos souffrances »

Dans un discours intense, le pape François a invité les jeunes à avoir confiance en Jésus à s’en remettre totalement à lui et à se laisser contaminer par son amour. Chargé de sa Croix – a dit le Saint-Père – Jésus parcourt nos routes pour prendre sur lui nos peurs, nos problèmes, nos souffrances, même les plus profondes. Avec sa Croix, Jésus s’unit au silence des victimes de la violence qui ne peuvent plus crier, surtout les innocents et ceux qui sont sans défense ; avec elle, Jésus s’unit aux familles qui sont en difficulté, qui pleurent la mort de leurs enfants, ou qui souffrent quand ils sont la proie des paradis artificiels comme la drogue ; avec elle, Jésus s’unit à toutes les personnes qui souffrent de la faim dans un monde où des tonnes de nourriture sont jetées à la poubelle ; avec elle, Jésus s’unit à ceux qui sont persécutés à cause de leur religion, de leurs idées, ou simplement de la couleur de leur peau ; avec elle, Jésus s’unit aux nombreux jeunes qui ne mettent plus leur confiance dans les institutions politiques qu’ils considèrent égoïstes ou corrompues, ou qui ont perdu la foi en l’Église, et même en Dieu, à cause de l’incohérence des chrétiens et des ministres de l’Évangile.

« Personne ne peut toucher la Croix de Jésus sans y laisser quelque chose de lui-même »

Dans la Croix du Christ, se trouve la souffrance, le péché de l’Homme. Mais Jésus nous accueille les bras ouverts et nous aide à porter nos croix. La Croix du Christ renferme tout l’amour de Dieu, son immense miséricorde. Elle nous enseigne aussi à regarder notre prochain avec miséricorde et amour, surtout ceux qui souffrent, qui ont besoin d’aide, qui attendent une parole, un geste ; elle nous enseigne à sortir de nous-mêmes pour aller à sa rencontre et lui tendre la main. Personne ne peut toucher la Croix de Jésus sans y laisser quelque chose de lui-même et sans porter quelque chose de la Croix de Jésus dans sa vie. Et le pape a exhorté avec force l’assemblée à ne pas être comme Pilate qui n’a pas eu le courage d’aller à contre-courant pour sauver la vie de Jésus. La rencontre s’est achevée par le chant du Notre Père en latin et par la bénédiction du Pape.

 

Radio Vatican

Crédit photo: JMJ Rio 2013 / Alex Mazullo

 

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Samedi 27 Juillet 2013 à 00:21
Célébration d'accueil du Pape de la part des jeunes.

Malgré la pluie battante et le vent glacial, des pèlerins de tous les pays ont convergé par centaines de milliers jeudi soir vers la célèbre plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, pour accueillir le pape François, une marée humaine en liesse venue participer à la traditionnelle « cérémonie d’accueil », un des temps forts des Journées mondiales de la jeunesse.

Une soirée festive

Certains s’étaient acheminés très tôt, à pied, sous un ciel de plomb.
Brandissant les drapeaux de leurs pays, chantant à tue-tête, criant et applaudissant les jeunes ne se sont pas laissé décourager par le mauvais temps et le froid inhabituel. L’ambiance était à la fête. Et quand la voiture découverte du Saint-Père est arrivée sur le bord de mer, l’enthousiasme était à son comble. Plusieurs rues avaient été interdites à la circulation comme cela est d’ordinaire le cas pour le réveillon de la Saint-Sylvestre. Visiblement ravi, le pape François a embrassé des enfants, échangé sa calotte avec celle que lui tendait un jeune, adressé des gestes d’encouragements à la foule compacte à perte de vue.

Le pape François a cité la jeune française tué à Cayenne

Après avoir relevé que la présence des jeunes était la preuve que la foi est plus forte que le froid et la pluie, le pape François a rappelé le tragique accident en Guyane française où a perdu la vie la jeune Sophie Morinière, et où d’autres jeunes ont été blessés. Il a invité l’assemblée qui l’écoutait dans la nuit à observer une minute de silence. Puis, il a suscité l’enthousiasme de la foule en exprimant sa reconnaissance envers Benoît XVI qui a convoqué ces JMJ et qui –a-t-il confié – lui a promis avant son départ de les suivre à la télévision.

La foi : une révolution « copernicienne »

« Comme on ajoute du sel ou de l’huile dans un plat », il a exhorté les jeunes à mettre le Christ dans leur vie. La foi – a-t-il dit - accomplit dans notre vie une révolution que nous pourrions appeler copernicienne, parce qu’elle nous enlève du centre et le rend à Dieu. Et le Saint-Père a demandé aux jeunes d’être des disciples et des missionnaires.

Des jeunes représentant les cinq continents ont pris la parole devant lui. Une jeune s’est émue jusqu’aux larmes. La soirée a été animée par des chants et des danses typiques. Elle s’est terminée par le chant du Notre Père et la bénédiction en latin.

Discours du Saint-Père

 

Radio Vatican

Crédit photo: JMJ Rio 2013 / Angelica Rocha

Vidéo par KTO TV

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Vendredi 26 Juillet 2013 à 23:50
Le pape François bénit les personnes de Varginha.

Au cœur de la favela Varginha, à Rio de Janeiro, le pape François a marché dans le dédale des étroites ruelles, accueilli par des centaines d’habitants au comble de la joie. Le Pape a salué sans compter des dizaines de personnes, embrassant des enfants, offrant son sourire et allant au contact sans se soucier de la pluie incessante. Comme le prévoyait le programme, le pape François est entré dans une maison de son choix pour y rencontrer en privé ses occupants durant une quinzaine de minutes, la bénir et poursuivre son périple pour arriver ensuite sur le terrain de football de ce quartier défavorisé « pacifié » par la police il y a quelques mois, mais où le trafic de drogue et la violence, selon les médias locaux, n’auraient pas complètement disparu.

 « J’aurais voulu frapper à la porte de chaque maison »

Le Pape, très à l’aise, appréciant visiblement l’accueil des plus chaleureux que lui réservait la population, est alors monté sur l’estrade préparée pour lui, et s’est adressé à un public conquis par sa simplicité et son enthousiasme. « Je frappe à la porte de cette communauté qui aujourd’hui représente tous les quartiers du Brésil. […] J’aurais voulu frapper à la porte de chaque maison, dire bonjour, demander un verre d’eau fraîche, prendre un « cafezinho », parler comme à des amis à la maison, écouter le cœur de chacun, de vous parents, vous les enfants, vous les grands-parents… Mais le Brésil est si grand ! […] Alors j’ai choisi de venir ici, de visiter votre ‘Communauté’ qui représente aujourd’hui tous les quartiers du Brésil. Qu’il est beau d’être accueillis avec amour, avec générosité, avec joie ! »

« On peut toujours ajouter plus d'eau aux haricots »

Le pape François a alors souligné combien les Brésiliens sont accueillants, et de préciser : « Lorsque nous sommes généreux dans l’accueil d’une personne, je vous le dis, et que nous partageons quelque chose avec elle – un peu de nourriture, une place dans notre maison, notre temps – non seulement nous ne restons pas plus pauvres, mais nous nous enrichissons. Lorsqu’une personne qui a besoin de manger frappe à votre porte, je sais bien que vous trouvez toujours une façon de partager la nourriture ; comme dit le proverbe, on peut toujours “ajouter plus d’eau aux haricots” ! Et vous le faites avec amour, montrant que la véritable richesse n’est pas dans les choses, mais dans le cœur ! »

Pour le pape François, pas de doute, le peuple brésilien « en particulier les personnes plus simples, peut offrir au monde une précieuse leçon de solidarité, une parole souvent oubliée ou tue, parce qu’elle gêne. » Le Pape a alors lancé un appel aux autorités publiques et à tous les hommes de bonne volonté engagés pour la justice sociale pour qu’ils ne cessent de travailler pour un monde plus juste et plus solidaire. « Personne ne peut rester insensible aux inégalités qu’il y a encore dans le monde », a ajouté le Pape, invitant à lutter contre la culture de l’égoïsme, de l’individualisme qui souvent régule notre société, et à se décider à construire une culture de la solidarité qui voit dans l’autre non un concurrent ou un numéro, mais un frère.

Une société ne peut abandonner dans la périphérie une partie d'elle-même

Le pape François encourageait alors les efforts que la société brésilienne fait pour intégrer toutes ses composantes, même les plus souffrantes et nécessiteuses, dans la lutte contre la faim et la misère. « Aucun effort de “pacification” ne sera durable, il n’y aura ni harmonie, ni bonheur pour une société qui ignore, qui met en marge et abandonne dans la périphérie une partie d’elle-même. Une telle société s’appauvrit ainsi simplement et perd même quelque chose d’essentiel pour elle-même. Rappelons-nous-le toujours : c’est seulement quand nous sommes capables de partager que nous nous enrichissons vraiment ; tout ce qui se partage se multiplie ! La mesure de la grandeur d’une société est donnée par la façon dont elle traite celui qui est le plus nécessiteux, qui n’a rien d’autre que sa pauvreté ! »

Promouvoir la famille, défendre la vie, promouvoir l'éducation et la santé

Le pape François a souligné par ailleurs que l’Église, “avocate de la justice et défenseur des pauvres contre les inégalités sociales et économiques intolérables qui crient vers le ciel” (Document d’Aparecida, no. 395), désire collaborer à toute initiative ayant le sens du vrai développement de tout homme et de tout l’Homme. Mais il rappelait « qu’il n’y a ni de véritable promotion du bien commun, ni de véritable développement de l’Homme quand on ignore les piliers fondamentaux qui soutiennent une Nation, ses biens immatériels : la vie, qui est don de Dieu, valeur à préserver et à promouvoir toujours ; la famille, fondement de la vie ensemble et remède contre l’effritement social ; l’éducation intégrale, qui ne se réduit pas à une simple transmission d’informations dans le but de produire du profit ; la santé, qui doit chercher le bien-être intégral de la personne, aussi dans sa dimension spirituelle, essentielle pour l’équilibre humain et pour une saine vie en commun ; la sécurité, dans la conviction que la violence peut être vaincue seulement à partir du changement du cœur humain. »

Le pape François s’est enfin adressé directement aux jeunes de la favela et de tout le Brésil pour les encourager à ne pas se décourager face aux laideurs du monde, mais à continuer à vouloir vaincre les maux de la société. Car « la réalité peut changer, l’Homme peut changer ».

 

Radio Vatican

Crédit photo: JMJ Rio 2013 / Gustavo Kelly

Vidéo par KTO TV

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Jeudi 25 Juillet 2013 à 17:03
Pape François au centre Saint-François d'Assise, à Rio de Janeiro

Non à la légalisation des drogues : le pape François a été très clair lors de sa visite à l’hôpital Saint-François d’Assise de la Providence de Dieu, mercredi en début de soirée. Situé à Rio de Janeiro, cet établissement s’occupe de malades toxicodépendants ou alcooliques, et se charge d’assurer des soins gratuits à des indigents. Disposant d’une capacité de 500 lits, il est géré par l’association homonyme fondée en 1985 par le frère François et qui gère de nombreux autres centres de par le pays.

Après avoir été accueilli par le personnel de l’hôpital, et avoir été salué par l’archevêque de Rio de Janeiro et par le père directeur de l’association, le Pape a écouté le témoignage émouvant de deux patients. Ils ont raconté comment ils sont tombés dans la drogue, comment ils ont perdu l’amour de leurs proches, comment ils ont ruiné leur vie avant de reprendre pied grâce à l’association.

Trafic de drogue condamné avec force

Le pape François a ensuite pris la parole pour rappeler les gestes de saint François d’Assise qui inspire la structure de soins. François en a surtout profité pour condamner le trafic de drogue. « Combien de « marchands de mort » suivent la logique du pouvoir et de l’argent à n’importe quel prix ! La plaie du narcotrafic, qui favorise la violence et sème douleur et mort, requiert un acte de courage de toute la société. Ce n’est pas avec la libéralisation de l’usage des drogues, comme on en discute en divers lieux d’Amérique latine, que l’on pourra réduire la diffusion et l’influence de la dépendance chimique. »
Le Pape condamne donc sans ambages la légalisation de l’usage de la drogue et s’invite dans ce débat controversé qui secoue le continent sud-américain, particulièrement concerné par ce problème protéiforme.

Loin de s’en tenir cependant à une simple condamnation, François invite chacun de nous à se poser la question de savoir pourquoi ce trafic est si florissant. Le Pape conseille donc de promouvoir « une plus grande justice, en éduquant les jeunes aux valeurs qui construisent la vie commune, en accompagnant celui qui est en difficulté, et en donnant espérance dans l’avenir. »

« Personne ne peut remonter à ta place »

Cette main tendue seule ne suffit pas. Le Pape veut également mettre chacun devant ses responsabilités, y compris les victimes : « tu peux te relever, tu peux refaire surface, cela demande un effort, mais c’est possible si tu le veux. […] Tu as le premier rôle dans ton relèvement ; voilà la condition indispensable ! Tu trouveras la main tendue de qui voudra bien t’aider, mais personne ne peut remonter à ta place. » François place donc les malades devant leur libre-arbitre.

Ce n’est pas pour autant qu’il les laisse seuls face à ce choix et leur rappelle que « l’Église et beaucoup de personnes vous sont proches. Regardez avec confiance devant vous. […] Ne vous laissez pas voler l’espérance ! Mais je voudrais dire aussi : ne volons pas l’espérance, mais devenons tous des porteurs d’espérance ! »

En chaque personne en difficulté, « nous embrassons la chair souffrante du Christ »

Le Pape rappelle qu’« en chaque frère et sœur en difficulté, nous embrassons la chair souffrante du Christ. Aujourd’hui, en ce lieu de lutte contre la dépendance chimique, je voudrais embrasser chacun et chacune d’entre vous, vous qui êtes la chair du Christ, et demander que Dieu remplisse de sens et de ferme espérance votre chemin, et aussi le mien. »

Fidèle à sa volonté d’aller dans les périphéries, François a mis en lumière un autre aspect souvent occulté de nos périphéries pour les mettre en lumière et faire comme saint François qui n’a pas hésité à embrasser un lépreux.

 

Radio Vatican

JMJ Rio 2013 / Ana Luisa

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