Actualité

Lundi 8 Juillet 2013 à 12:14
Le Pape embrasse un enfant de migrants, à Lampedusa

« Que Lampedusa soit un phare pour le monde entier, pour que tous aient le courage d’accueillir ceux qui cherchent une vie meilleure. » Ce sont les mots du pape François lors de son premier déplacement en dehors de Rome lundi matin à l'île de Lampedusa.

Des « migrants morts en mer, sur ces barques qui ne sont pas un chemin d’espoir, mais un chemin de mort » : cette « pensée revient toujours comme une épine dans le cœur, porteuse de souffrance ». Dans son homélie lors de la messe (voir l'homélie plus bas), le Pape a expliqué les raisons de sa visite : « j’ai senti que je devais venir ici aujourd’hui pour prier, pour accomplir un geste de proximité, mais aussi pour réveiller nos consciences pour que ce qui est arrivé ne se répète plus. »

« Que cela ne se répète pas, s’il vous plaît ! », a insisté François.

« Qui est le responsable du sang de ces frères et sœurs ? », a interpellé le Pape. « La culture du bien-être nous rend insensibles aux cris des autres, nous fait vivre dans des bulles de savon, qui sont belles, mais qui ne sont rien. Elles sont l’illusion de la futilité, a poursuivi François, du provisoire, qui mène à l’indifférence, plus encore, à la mondialisation de l’indifférence ».

Elles mènent « à la mondialisation de l’indifférence » a martelé une seconde fois le Pape.

« Caïn, où est ton frère ? »

« Ils cherchaient un meilleur endroit pour eux et pour leur famille, mais ils ont trouvé la mort ». Pour dénoncer la situation dramatique que vivent les migrants qui traversent la Méditerranée, le pape François s’est basé sur deux questions tirées de l’Ancien Testament.

D’abord, la première que Dieu pose à l’homme après le pêché : « Adam, où es-tu ? » « C’est un homme désorienté, explique le pape, qui a perdu sa place dans la Création parce qu’il croyait devenir puissant, pouvoir tout dominer, être Dieu. »

Dieu pose une seconde question : « Caïn, où est ton frère ! » Pour le pape, ce « rêve » - « être Dieu » - mène vers une succession d’erreurs et cela entraîne la mort. S’incluant lui aussi, François affirme que nous sommes tous désorientés. « Nous ne sommes plus attentifs au monde dans lequel nous vivons. Nous ne prenons plus soins de ce que Dieu a créé pour tous, et nous ne sommes plus capables de prendre soin les uns des autres. »

François a dénoncé la « culture du bien-être », qui nous fait penser seulement à nous-mêmes, qui nous fait vivre dans une « bulle de savon ». « Nous sommes dans une société qui a oublié ce que pleurer veut dire, qui a oublié la compassion », s’est indigné le Pape.

« Qui a pleuré la mort de nos frères et sœurs ? Qui a pleuré pour ceux qui étaient dans les barques ? » a-t-il interrogé, avant de terminer son homélie en demandant au Seigneur de pardonner tous ceux qui, à l’échelle mondiale, ont provoqué ces situations qui ont conduit à ces drames.

Le Pape prie Marie, « étoile de la mer » qui guide les migrants

Au terme de la messe, le Pape a prié la Madonne, « étoile de la mer », pour garantir aux familles de ceux qui « chaque jour affrontent les dangers » des eaux, le minimum pour vivre. François a prié pour que « la rencontre entre nos peuples ne se transforme pas en sources d'esclavage et d’humiliations nouvelles ».

Il a enfin demandé la « conversion des cœurs de ceux qui génèrent guerre, haine et pauvreté, qui exploitent leurs frères et leurs fragilités, qui font de la vie humaine un commerce indigne ».

Homélie du pape François à Lampedusa

Immigrés morts en mer, dans ces bateaux qui au lieu d’être un chemin d’espérance ont été un chemin de mort. Ainsi titrent des journaux. Il y a quelques semaines, quand j’ai appris cette nouvelle, qui malheureusement s’est répétée tant de fois, ma pensée y est revenue continuellement comme une épine dans le cœur qui apporte de la souffrance. Et alors j’ai senti que je devais venir ici aujourd’hui pour prier, pour poser un geste de proximité, mais aussi pour réveiller nos consciences pour que ce qui est arrivé ne se répète pas. Que cela ne se répète pas, s’il vous plaît ! Mais tout d’abord, je voudrais dire une parole de sincère gratitude et d’encouragement à vous, habitants de Lampedusa et Linosa, aux associations, aux volontaires et aux forces de sécurité, qui avez montré et montrez de l’attention aux personnes dans leur voyage vers quelque chose de meilleur. Vous êtes une petite réalité, mais vous offrez un exemple de solidarité ! Merci ! Merci aussi à l’archevêque Mgr Francesco Montenegro pour son aide, son travail et sa proximité pastorale. Je salue cordialement le maire, Mme Giusi Nicolini, merci beaucoup pour ce qu’elle a fait et fait. Je désire me tourner en pensée vers les chers immigrés musulmans qui commencent, ce soir, le jeune du Ramadan, avec le vœu d’abondants fruits spirituels. L’Église vous est proche dans la recherche d’une vie plus digne pour vous et vos familles. A vous : (oshià) !

« Qui est le responsable du sang de ces frères et sœurs ? »

Ce matin, à la lumière de la Parole de Dieu que nous avons écoutée, je voudrais proposer des paroles qui surtout provoquent la conscience de tous, poussent à réfléchir et à changer concrètement certaines attitudes.

« Adam, où es-tu ? » : c’est la première demande que Dieu adresse à l’homme après le péché. « Où es-tu, Adam ? ». Et Adam est un homme désorienté qui a perdu sa place dans la Création parce qu’il croit devenir puissant, pouvoir tout dominer, être Dieu. Et l’harmonie se rompt, l’Homme se trompe et cela se répète aussi dans la relation avec l’autre qui n’est plus le frère à aimer, amis simplement l’autre qui dérange ma vie, mon bien-être. Et Dieu pose la seconde question : « Caïn, où est ton frère, ». Le rêve d’être puissant, d’être grand comme Dieu, ou plutôt d’être Dieu, génère une chaîne d’erreurs, qui est une chaîne de mort, porte à verser le sang du frère !

Ces deux questions de Dieu résonnent aussi aujourd’hui, avec toute leur force ! Beaucoup de nous, je m’y inclus aussi, nous sommes désorientés, nous se sommes plus attentifs au monde dans lequel nous vivons, nous ne soignons pas, nous ne gardons pas ce que Dieu a créé pour tous et nous ne sommes plus capables non plus de nous garder les uns les autres. Et quand cette désorientation assume les dimensions du monde, on arrive à des tragédies comme celle à laquelle nous avons assisté.

« Où est ton frère ? », la voix de son sang crie vers moi, dit Dieu. Ce n’est pas une question adressée aux autres, c’est une question adressée à moi, à toi, à chacun de nous. Ceux-ci parmi nos frères et sœurs cherchaient à sortir de situations difficiles pour trouver un peu de sérénité et de paix ; ils cherchaient un rang meilleur pour eux et pour leurs familles, mais ils ont trouvé la mort. Combien de fois ceux qui cherchent cela ne trouvent pas compréhension, ne trouvent pas accueil, ne trouvent pas solidarité ! Et leurs voix montent jusqu’à Dieu ! Une fois encore, je vous remercie vous habitants de Lampedusa de votre solidarité. J’ai récemment écouté un de ces frères. Avant d’arriver ici, ils ont passé par les mains des trafiquants, ceux exploitent la pauvreté des autres, ces personnes pour qui la pauvreté des autres est une source de revenu. Quelle souffrance ! Et certains n’ont pas pu arriver à destination.

« Où est ton frère ? » Qui est le responsable de ce sang ? Dans la littérature espagnole, il y a une comédie de Lope de Vega qui raconte comment les habitants de la ville de Fuente Ovejuna tuèrent le gouverneur parce que c’est un tyran, et le font de façon à ce qu’on ne sache pas qui l’a exécuté. Et quand le juge du roi demande : « Qui a tué le gouverneur ? », tous répondent : « Fuente Ovejuna, Monsieur ». Tous et personne ! Aujourd’hui aussi cette question émerge avec force : qui est le responsable du sang de ces frères et sœurs ? Personne ! Tous nous répondons ainsi : ce n’est pas moi, moi je ne suis pas d’ici, ce sont d’autres, certainement pas moi. Mais Dieu demande à chacun de nous : « Où est le sang de ton frère qui crie vers moi ? ». Aujourd’hui personne dans le monde ne se sent responsable de cela ; nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle ; nous sommes tombés dans l’attitude hypocrite du prêtre et du serviteur de l’autel, dont parlait Jésus dans la parabole du Bon Samaritain : nous regardons le frère à demi mort sur le bord de la route, peut-être pensons-nous « le pauvre », et continuons notre route, ce n’est pas notre affaire ; et avec cela nous nous mettons l’âme en paix, nous nous sentons en règle. La culture du bien-être, qui nous amène à penser à nous-même, nous rend insensibles aux cris des autres, nous fait vivre dans des bulles de savon, qui sont belles, mais ne sont rien ; elles sont l’illusion du futile, du provisoire, illusion qui porte à l’indifférence envers les autres, et même à la mondialisation de l’indifférence. Dans ce monde de la mondialisation, nous sommes tombés dans la mondialisation de l’indifférence. Nous sommes habitués à la souffrance de l’autre, cela ne nous regarde pas, ne nous intéresse pas, ce n’est pas notre affaire !

Revient la figure de l’Innommé de Manzoni. La mondialisation de l’indifférence nous rend tous "innommés", responsables sans nom et sans visage.

« La mondialisation de l’indifférence nous a ôté la capacité de pleurer ! »

« Adam où es-tu ? », « Où est ton frère ? », sont les deux questions que Dieu pose au début de l’histoire de l’Humanité et qu’il adresse aussi à tous les Hommes de notre temps, à nous aussi. Mais je voudrais que nous nous posions une troisième question : « Qui de nous a pleuré pour ce fait et pour les faits comme celui-ci ? » Qui a pleuré pour la mort de ces frères et sœurs ? Qui a pleuré pour ces personnes qui étaient sur le bateau ? Pour les jeunes mamans qui portaient leurs enfants ? Pour ces hommes qui désiraient quelque chose pour soutenir leurs propres familles ? Nous sommes une société qui a oublié l’expérience des pleurs, du « souffrir avec » : la mondialisation de l’indifférence nous a ôté la capacité de pleurer ! Dans l’Évangile nous avons écouté le cri, les pleurs, la longue plainte : « Rachel pleure ses enfants… parce qu’ils ne sont plus ». Hérode a semé la mort pour défendre son propre bien-être, sa propre bulle de savon. Et cela continue à se répéter… Demandons au Seigneur d’effacer ce qui d’Hérode est resté également dans notre cœur ; demandons au Seigneur la grâce de pleurer sur notre indifférence, de pleurer sur la cruauté qui est dans le monde, en nous, aussi en ceux qui dans l’anonymat prennent les décisions socio-économiques qui ouvrent la voie à des drames comme celui-ci. « Qui a pleuré ? » Qui a pleuré aujourd’hui dans le monde ?

Seigneur, en cette liturgie, qui est une liturgie de pénitence, nous demandons pardon pour l’indifférence envers beaucoup de frères et sœurs ; Père, nous te demandons pardon pour celui qui s’est accommodé et s’est enfermé dans son propre bien-être qui porte à l’anesthésie du cœur, nous te demandons pardon pour ceux qui par leurs décisions au niveau mondial ont créé des situations qui conduisent à ces drames. Pardon Seigneur !

Seigneur, que nous entendions aujourd’hui aussi tes questions : « Adam où es-tu ? », « Où est le sang de ton frère ? ».

Source: Radio Vatican
Photo: le Pape embrasse un enfant de migrants arrivés à Lampedusa.
Crédit photo: Grégorio Borgia/AP

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Mardi 4 Juin 2013 à 14:50
P. Fernando Domingues, m.c.c.j., secrétaire général de l'OPSPA

Nous avons la joie de vous annoncer la nomination du père Fernando Domingues, missionnaire combonien, au poste de secrétaire général de l’Œuvre pontificale de Saint-Pierre Apôtre. Il remplace Mgr Jan Dumon qui était secrétaire général depuis 2005. Le père Domingues, 54 ans, d’origine portugaise, est recteur du Collège pontifical urbanien à Rome depuis 2005.

Nous tenons à saluer Mgr Dumon que nous avons eu la chance d’accueillir au Canada en juin 2012. Nous saluons également son engagement missionnaire. Avec rigueur et persévérance, il a fait un travail exceptionnel non seulement pour faire connaître l’Œuvre de Saint-Pierre Apôtre, mais aussi pour mener à bien son développement de par le monde.

L’Œuvre pontificale de Saint-Pierre Apôtre (OPSPA), fondée à Caen en 1889 par les Dames Bigard s’occupe de soutenir la formation du clergé local dans les Églises de mission, étendant ses aides également aux candidats à la vie religieuse. Actuellement, elle suit les besoins des séminaires dans les territoires de mission.

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Mardi 21 Mai 2013 à 10:04

Le Pape s’est adressé vendredi matin à l’une des institutions les plus importantes pour l’Église et sa mission : les Œuvres pontificales missionnaires. Elles ont pour objectif commun de « promouvoir l’esprit missionnaire universel au sein du Peuple de Dieu ». 
Elles reposent sur quatre piliers : faire connaître la vie des chrétiens sur tous les continents, prier en communion avec les Églises du monde, harmoniser les forces missionnaires, partager financièrement avec les Églises les plus démunies.
En pleine Année de la Foi où la nouvelle évangélisation est au cœur des attentions de l’Église, François leur a adressé des paroles d’encouragement et de reconnaissance. 

Appelée pontificale parce qu'elle est au service direct du Pape, cette institution est plus que jamais utile. « Il existe tant de peuples qui n'ont toujours pas connu le Christ, pour lesquels il faut trouver de nouveaux moyens afin que la grâce de Dieu puisse toucher le coeur de tout homme et de toute femme, et soit portée à lui... C'est une mission difficile, mais, sous l'impulsion de l'Esprit, tellement enthousiasmante!
« Et c’est ceci qui devrait toujours vous donner du courage : savoir que la force de l'évangélisation vient de Dieu, que ça lui appartient. Nous sommes appelés à nous ouvrir toujours plus à l'action du Saint-Esprit, à lui offrir toute notre disponibilité afin d'être des instruments de la miséricorde de Dieu, de sa tendresse et de son amour pour chaque homme et chaque femme, surtout pour les pauvres, les exclus et les marginaux. C'est valable pour chaque chrétien, pour l'Église entière. Ce n'est pas une mission facultative, ce n'est pas une mission facultative... mais essentielle ».
Ayant rappelé que Paul VI leur a recommandé de ne jamais perdre leur dimension universelle, le pape François a encouragé les OPM à poursuivre la tradition séculaire consistant à former et ouvrir les Églises locales aux dimensions de la mission évangélisatrice. Les Oeuvres pontificales missionnaires doivent aussi être « un instrument d'éducation à l'esprit missionnaire universel et de meilleure communion et collaboration entre les communautés en vue d'annoncer l'Évangile au monde. Face aux tentations de se refermer sur leurs problèmes, il faut aider les Églises locales à soutenir la mission ad gentes, à témoigner prophétiquement... de sa mission universelle ».
Le Pape a enfin invité ses hôtes à être très attentifs « aux jeunes Églises qui vivent souvent dans un contexte de discrimination ou de persécution. Il faut les soutenir et les aider à témoigner de l'Évangile en paroles et en actes... Continuez donc votre généreux engagement auprès d'elles pour qu'elles assument bien leur part de responsabilité dans la mission universelle de l'Église ».    

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Vendredi 29 Mars 2013 à 23:50
Chemin de Croix au Colisée de Rome 2013

Des milliers de chandelles illuminaient les abords du Colisée, dans le centre de Rome, à l’occasion du Chemin de Croix qui s’est déroulé en présence du pape François. Au milieu d’une foule silencieuse et recueillie de plusieurs dizaines de milliers de personnes, la Croix a été portée par des fidèles originaires d’Italie, d’Inde, de Chine, de Syrie, du Liban, du Brésil ou du Nigéria; une diversité à l’image de l’universalité de l’Église. Le pape François a suivi l’ensemble du chemin de croix, assis, depuis la terrasse qui surplombe l’amphithéâtre flavien.
Cette année, les méditations qui illustrent les quatorze stations de la via crucis, ont été rédigées par une commission du patriarcat maronite composée de nombreux jeunes. Chacune des différentes communautés chrétiennes du Liban a rédigé une méditation : maronite, catholique latin, chaldéen, syro-catholique, gréco-melkite ou arménien. Des universitaires, des élèves du secondaire ou des membres d’ONG ont également participé à la rédaction d’une des méditations.

Les chrétiens du Proche-Orient au cœur des méditations

Ces réflexions ont notamment dénoncé les « Pilate » qui « tiennent dans leurs mains le pouvoir et ne le mettent qu’au service des plus forts » ; « le monde qui se plie à une réalité qui cherche de chasser Dieu de la vie de l’Homme, comme le laïcisme qui étouffe les valeurs de la foi et de la morale au nom d’une soi-disant défense de l’Homme ou le fondamentalisme violent qui prend prétexte de la défense des valeurs religieuses ».
Une méditation a évoqué la souffrance, qui, « accueillie dans la foi, se transforme en voie de salut ». Les rédacteurs ont évoqué « les sans domiciles fixes, les pauvres et les enfants exposés à la violence et à l’exploitation », rappelant que « une personne blessée ou oubliée ne perd ni sa valeur ni sa dignité et qu’elle demeure signe de la présence du Seigneur cachée dans le monde ».
La situation au Proche-Orient a bien évidemment été évoquée quand une prière a appelé l’Esprit Saint « à consoler et à fortifier les chrétiens du Proche-Orient afin que, unis au Christ, ils soient sur une terre lacérée par l’injustice et les conflits, les témoins de son amour universel ». Il a été demandé aussi au Seigneur d’accorder aux « fils des Églises orientales, affligées de diverses difficultés, parfois allant jusqu’à la persécution ou affaiblies par l’émigration, le courage de rester dans leurs pays pour annoncer la Bonne Nouvelle ». Les victimes des conflits n’ont pas été oubliées, espérant que le « sang des victimes innocentes soit le germe d’un nouvel Orient plus fraternel, plus pacifique, et plus juste et que cet Orient récupère la splendeur de sa vocation de berceau de la civilisation et des valeurs spirituelles et humaines ».

Les femmes et les jeunes

La situation des jeunes, « victimes de la drogue, des sectes ou des perversions », et des femmes, des mères, victimes « de discriminations, de l’injustice, bafouées dans leur dignité » ont été évoquées. Un appel à l’unité des chrétiens a également été lancé, invoquant le Seigneur pour qu’il donne « la sagesse et l’humilité pour que le chrétiens se relèvent et avancent sur la voie de l’unité, dans la vérité et l’amour, sans succomber à la tentation du recours aux seuls critères des intérêts personnels ou sectaires », citant ainsi l’exhortation post-synodale sur le Proche-Orient de Benoît XVI.

Le Pape François a ensuite pris la parole brièvement pour conclure ce chemin de croix.

Paroles du pape François à l’issue du Chemin de Croix au Colisée

Chers frères et sœurs,

Je vous remercie d’avoir participé nombreux à ce moment d’intense prière. Et je remercie aussi tous ceux qui se sont unis à nous par les moyens de communication, spécialement les personnes malades et les personnes âgées. Je ne veux pas ajouter beaucoup de paroles. En cette nuit une seule parole doit demeurer, c’est la Croix elle-même. La Croix de Jésus est la parole par laquelle Dieu a répondu au mal du monde. Parfois il nous semble que Dieu ne répond pas au mal, qu’il demeure silencieux. En réalité Dieu a parlé, a répondu, et sa réponse est la Croix du Christ : une parole qui est amour, miséricorde, pardon. Elle est aussi jugement : Dieu nous juge en nous aimant. Dieu nous juge en nous aimant. Si j’accueille son amour je suis sauvé, si je le refuse je suis condamné, non par lui, mais par moi-même, parce que Dieu ne condamne pas, lui aime et sauve seulement.
Chers frères et sœurs, la parole de la Croix est aussi la réponse des chrétiens au mal qui continue à agir en nous et autour de nous. Les chrétiens doivent répondre au mal par le bien, en prenant sur eux la Croix, comme Jésus. Ce soir nous avons entendu le témoignage de nos frères du Liban : ce sont eux qui ont composé ces belles méditations et prières. Nous les remercions de tout cœur pour ce service et surtout pour le témoignage qu’ils nous donnent. Nous l’avons vu quand le pape Benoît est allé au Liban : nous avons vu la beauté et la force de la communion des chrétiens de cette Terre et de l’amitié de tant de nos frères musulmans et de beaucoup d’autres. Ce fut un signe pour le Moyen Orient et pour le monde entier : un signe d’espérance. Alors continuons ce Chemin de Croix dans la vie de tous les jours ! Marchons ensemble sur le chemin de la Croix, marchons en portant dans le cœur cette parole d’amour et de pardon. Marchons en attendant la Résurrection de Jésus qui nous aime tant, qui n’est qu’amour!

Source: Radio Vatican

Crédit photo: © Alessia GIULIANI/CPP (Source: www.aleteia.org)

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