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Samedi 27 Juillet 2013 à 00:21
Célébration d'accueil du Pape de la part des jeunes.

Malgré la pluie battante et le vent glacial, des pèlerins de tous les pays ont convergé par centaines de milliers jeudi soir vers la célèbre plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, pour accueillir le pape François, une marée humaine en liesse venue participer à la traditionnelle « cérémonie d’accueil », un des temps forts des Journées mondiales de la jeunesse.

Une soirée festive

Certains s’étaient acheminés très tôt, à pied, sous un ciel de plomb.
Brandissant les drapeaux de leurs pays, chantant à tue-tête, criant et applaudissant les jeunes ne se sont pas laissé décourager par le mauvais temps et le froid inhabituel. L’ambiance était à la fête. Et quand la voiture découverte du Saint-Père est arrivée sur le bord de mer, l’enthousiasme était à son comble. Plusieurs rues avaient été interdites à la circulation comme cela est d’ordinaire le cas pour le réveillon de la Saint-Sylvestre. Visiblement ravi, le pape François a embrassé des enfants, échangé sa calotte avec celle que lui tendait un jeune, adressé des gestes d’encouragements à la foule compacte à perte de vue.

Le pape François a cité la jeune française tué à Cayenne

Après avoir relevé que la présence des jeunes était la preuve que la foi est plus forte que le froid et la pluie, le pape François a rappelé le tragique accident en Guyane française où a perdu la vie la jeune Sophie Morinière, et où d’autres jeunes ont été blessés. Il a invité l’assemblée qui l’écoutait dans la nuit à observer une minute de silence. Puis, il a suscité l’enthousiasme de la foule en exprimant sa reconnaissance envers Benoît XVI qui a convoqué ces JMJ et qui –a-t-il confié – lui a promis avant son départ de les suivre à la télévision.

La foi : une révolution « copernicienne »

« Comme on ajoute du sel ou de l’huile dans un plat », il a exhorté les jeunes à mettre le Christ dans leur vie. La foi – a-t-il dit - accomplit dans notre vie une révolution que nous pourrions appeler copernicienne, parce qu’elle nous enlève du centre et le rend à Dieu. Et le Saint-Père a demandé aux jeunes d’être des disciples et des missionnaires.

Des jeunes représentant les cinq continents ont pris la parole devant lui. Une jeune s’est émue jusqu’aux larmes. La soirée a été animée par des chants et des danses typiques. Elle s’est terminée par le chant du Notre Père et la bénédiction en latin.

Discours du Saint-Père

 

Radio Vatican

Crédit photo: JMJ Rio 2013 / Angelica Rocha

Vidéo par KTO TV

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Vendredi 26 Juillet 2013 à 23:50
Le pape François bénit les personnes de Varginha.

Au cœur de la favela Varginha, à Rio de Janeiro, le pape François a marché dans le dédale des étroites ruelles, accueilli par des centaines d’habitants au comble de la joie. Le Pape a salué sans compter des dizaines de personnes, embrassant des enfants, offrant son sourire et allant au contact sans se soucier de la pluie incessante. Comme le prévoyait le programme, le pape François est entré dans une maison de son choix pour y rencontrer en privé ses occupants durant une quinzaine de minutes, la bénir et poursuivre son périple pour arriver ensuite sur le terrain de football de ce quartier défavorisé « pacifié » par la police il y a quelques mois, mais où le trafic de drogue et la violence, selon les médias locaux, n’auraient pas complètement disparu.

 « J’aurais voulu frapper à la porte de chaque maison »

Le Pape, très à l’aise, appréciant visiblement l’accueil des plus chaleureux que lui réservait la population, est alors monté sur l’estrade préparée pour lui, et s’est adressé à un public conquis par sa simplicité et son enthousiasme. « Je frappe à la porte de cette communauté qui aujourd’hui représente tous les quartiers du Brésil. […] J’aurais voulu frapper à la porte de chaque maison, dire bonjour, demander un verre d’eau fraîche, prendre un « cafezinho », parler comme à des amis à la maison, écouter le cœur de chacun, de vous parents, vous les enfants, vous les grands-parents… Mais le Brésil est si grand ! […] Alors j’ai choisi de venir ici, de visiter votre ‘Communauté’ qui représente aujourd’hui tous les quartiers du Brésil. Qu’il est beau d’être accueillis avec amour, avec générosité, avec joie ! »

« On peut toujours ajouter plus d'eau aux haricots »

Le pape François a alors souligné combien les Brésiliens sont accueillants, et de préciser : « Lorsque nous sommes généreux dans l’accueil d’une personne, je vous le dis, et que nous partageons quelque chose avec elle – un peu de nourriture, une place dans notre maison, notre temps – non seulement nous ne restons pas plus pauvres, mais nous nous enrichissons. Lorsqu’une personne qui a besoin de manger frappe à votre porte, je sais bien que vous trouvez toujours une façon de partager la nourriture ; comme dit le proverbe, on peut toujours “ajouter plus d’eau aux haricots” ! Et vous le faites avec amour, montrant que la véritable richesse n’est pas dans les choses, mais dans le cœur ! »

Pour le pape François, pas de doute, le peuple brésilien « en particulier les personnes plus simples, peut offrir au monde une précieuse leçon de solidarité, une parole souvent oubliée ou tue, parce qu’elle gêne. » Le Pape a alors lancé un appel aux autorités publiques et à tous les hommes de bonne volonté engagés pour la justice sociale pour qu’ils ne cessent de travailler pour un monde plus juste et plus solidaire. « Personne ne peut rester insensible aux inégalités qu’il y a encore dans le monde », a ajouté le Pape, invitant à lutter contre la culture de l’égoïsme, de l’individualisme qui souvent régule notre société, et à se décider à construire une culture de la solidarité qui voit dans l’autre non un concurrent ou un numéro, mais un frère.

Une société ne peut abandonner dans la périphérie une partie d'elle-même

Le pape François encourageait alors les efforts que la société brésilienne fait pour intégrer toutes ses composantes, même les plus souffrantes et nécessiteuses, dans la lutte contre la faim et la misère. « Aucun effort de “pacification” ne sera durable, il n’y aura ni harmonie, ni bonheur pour une société qui ignore, qui met en marge et abandonne dans la périphérie une partie d’elle-même. Une telle société s’appauvrit ainsi simplement et perd même quelque chose d’essentiel pour elle-même. Rappelons-nous-le toujours : c’est seulement quand nous sommes capables de partager que nous nous enrichissons vraiment ; tout ce qui se partage se multiplie ! La mesure de la grandeur d’une société est donnée par la façon dont elle traite celui qui est le plus nécessiteux, qui n’a rien d’autre que sa pauvreté ! »

Promouvoir la famille, défendre la vie, promouvoir l'éducation et la santé

Le pape François a souligné par ailleurs que l’Église, “avocate de la justice et défenseur des pauvres contre les inégalités sociales et économiques intolérables qui crient vers le ciel” (Document d’Aparecida, no. 395), désire collaborer à toute initiative ayant le sens du vrai développement de tout homme et de tout l’Homme. Mais il rappelait « qu’il n’y a ni de véritable promotion du bien commun, ni de véritable développement de l’Homme quand on ignore les piliers fondamentaux qui soutiennent une Nation, ses biens immatériels : la vie, qui est don de Dieu, valeur à préserver et à promouvoir toujours ; la famille, fondement de la vie ensemble et remède contre l’effritement social ; l’éducation intégrale, qui ne se réduit pas à une simple transmission d’informations dans le but de produire du profit ; la santé, qui doit chercher le bien-être intégral de la personne, aussi dans sa dimension spirituelle, essentielle pour l’équilibre humain et pour une saine vie en commun ; la sécurité, dans la conviction que la violence peut être vaincue seulement à partir du changement du cœur humain. »

Le pape François s’est enfin adressé directement aux jeunes de la favela et de tout le Brésil pour les encourager à ne pas se décourager face aux laideurs du monde, mais à continuer à vouloir vaincre les maux de la société. Car « la réalité peut changer, l’Homme peut changer ».

 

Radio Vatican

Crédit photo: JMJ Rio 2013 / Gustavo Kelly

Vidéo par KTO TV

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Jeudi 25 Juillet 2013 à 17:03
Pape François au centre Saint-François d'Assise, à Rio de Janeiro

Non à la légalisation des drogues : le pape François a été très clair lors de sa visite à l’hôpital Saint-François d’Assise de la Providence de Dieu, mercredi en début de soirée. Situé à Rio de Janeiro, cet établissement s’occupe de malades toxicodépendants ou alcooliques, et se charge d’assurer des soins gratuits à des indigents. Disposant d’une capacité de 500 lits, il est géré par l’association homonyme fondée en 1985 par le frère François et qui gère de nombreux autres centres de par le pays.

Après avoir été accueilli par le personnel de l’hôpital, et avoir été salué par l’archevêque de Rio de Janeiro et par le père directeur de l’association, le Pape a écouté le témoignage émouvant de deux patients. Ils ont raconté comment ils sont tombés dans la drogue, comment ils ont perdu l’amour de leurs proches, comment ils ont ruiné leur vie avant de reprendre pied grâce à l’association.

Trafic de drogue condamné avec force

Le pape François a ensuite pris la parole pour rappeler les gestes de saint François d’Assise qui inspire la structure de soins. François en a surtout profité pour condamner le trafic de drogue. « Combien de « marchands de mort » suivent la logique du pouvoir et de l’argent à n’importe quel prix ! La plaie du narcotrafic, qui favorise la violence et sème douleur et mort, requiert un acte de courage de toute la société. Ce n’est pas avec la libéralisation de l’usage des drogues, comme on en discute en divers lieux d’Amérique latine, que l’on pourra réduire la diffusion et l’influence de la dépendance chimique. »
Le Pape condamne donc sans ambages la légalisation de l’usage de la drogue et s’invite dans ce débat controversé qui secoue le continent sud-américain, particulièrement concerné par ce problème protéiforme.

Loin de s’en tenir cependant à une simple condamnation, François invite chacun de nous à se poser la question de savoir pourquoi ce trafic est si florissant. Le Pape conseille donc de promouvoir « une plus grande justice, en éduquant les jeunes aux valeurs qui construisent la vie commune, en accompagnant celui qui est en difficulté, et en donnant espérance dans l’avenir. »

« Personne ne peut remonter à ta place »

Cette main tendue seule ne suffit pas. Le Pape veut également mettre chacun devant ses responsabilités, y compris les victimes : « tu peux te relever, tu peux refaire surface, cela demande un effort, mais c’est possible si tu le veux. […] Tu as le premier rôle dans ton relèvement ; voilà la condition indispensable ! Tu trouveras la main tendue de qui voudra bien t’aider, mais personne ne peut remonter à ta place. » François place donc les malades devant leur libre-arbitre.

Ce n’est pas pour autant qu’il les laisse seuls face à ce choix et leur rappelle que « l’Église et beaucoup de personnes vous sont proches. Regardez avec confiance devant vous. […] Ne vous laissez pas voler l’espérance ! Mais je voudrais dire aussi : ne volons pas l’espérance, mais devenons tous des porteurs d’espérance ! »

En chaque personne en difficulté, « nous embrassons la chair souffrante du Christ »

Le Pape rappelle qu’« en chaque frère et sœur en difficulté, nous embrassons la chair souffrante du Christ. Aujourd’hui, en ce lieu de lutte contre la dépendance chimique, je voudrais embrasser chacun et chacune d’entre vous, vous qui êtes la chair du Christ, et demander que Dieu remplisse de sens et de ferme espérance votre chemin, et aussi le mien. »

Fidèle à sa volonté d’aller dans les périphéries, François a mis en lumière un autre aspect souvent occulté de nos périphéries pour les mettre en lumière et faire comme saint François qui n’a pas hésité à embrasser un lépreux.

 

Radio Vatican

JMJ Rio 2013 / Ana Luisa

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Mercredi 24 Juillet 2013 à 15:05
Pape François embrasse une représentation de la Vierge d'Aparecida.

C’est à toute l’Église de l’Amérique latine que l’ancien archevêque de Buenos Aires a voulu consacrer son pèlerinage à Notre-Dame d’Aparecida, ce mercredi, à 200 km de Rio de Janeiro où il présidera à partir de jeudi soir les 28° Journées mondiales de la jeunesse. Aparecida est le deuxième sanctuaire marial le plus visité du continent, avec 7 millions de pèlerins par an. Sa dévotion est notamment liée aux souffrances des esclaves noirs du Brésil. Pour s’y rendre, le pape François a sacrifié une journée de repos qui figurait sur l’agenda initial préparé pour Benoît XVI. Le Saint-Père a tenu personnellement à accomplir cet acte de dévotion mariale avant de rejoindre les jeunes. 


Dans un message adressé en premier lieu à tous les jeunes catholiques du continent, le pape a remercié la Vierge d'Aparecida, patronne du Brésil. « Quelle joie pour moi de venir dans la maison de la Mère de chaque Brésilien! J'ai voulu venir ici pour demander à Marie le succès des Journées mondiales de la jeunesse et pour déposer à ses pieds la vie du peuple latino-américain », a-t-il lancé. « Que de difficultés dans la vie de chacun, dans nos communautés! Mais aussi énormes que ces difficultés puissent sembler, Dieu ne nous laisse jamais en être submergés ».

Résister à la tentation de l'argent et du pouvoir

Durant cette messe à laquelle participaient quelque 200 000 personnes, dont la plupart étaient sur l’esplanade de la basilique sous la pluie, le pape François a exhorté ces mêmes jeunes à se défier des « idoles éphémères », comme l'argent et le pouvoir. « De nos jours, tous, un peu, et nos jeunes aussi, se sentent séduits par beaucoup d'idoles qui se substituent à Dieu et semblent donner l'espérance : l'argent, le succès, le pouvoir, le plaisir. Une sensation de solitude et de vide gagne souvent le cœur de beaucoup et les pousse à la recherche de compensations, de ces idoles éphémères », devait-il affirmer dans son homélie.

Le Saint-Père ne manquait pas d’inviter les pasteurs, les parents et les éducateurs à transmettre aux jeunes les valeurs qui feront d’eux les artisans d’un monde plus juste, plus solidaire et fraternel et à encourager la générosité qui les caractérise. Ils sont, a-t-il dit, un moteur puissant pour l’Église et pour la société. Ils n’ont pas besoin seulement de choses, ils ont besoin avant tout que leur soient proposées les valeurs immatérielles qui sont le cœur spirituel et la mémoire des peuples : la solidarité, la persévérance… des valeurs qui trouvent leurs plus profondes racines dans la foi chrétienne. Reprenant des idées qui lui sont chères, le pape François a recommandé trois attitudes : garder l’espérance, se laisser surprendre par Dieu, et vivre dans la joie. Même au milieu des difficultés, Dieu agit et nous surprend, a-t-il lancé. Le chrétien est joyeux, il ne peut pas être pessimiste !

Aparecida, où le cardinal Bergoglio avait marqué les esprits en 2007

Mais le pape François ne pouvait se rendre à Aparecida sans se souvenir de ce que ce lieu représente pour tout l’épiscopat latino-américain et pour lui-même. C’est là que s’est déroulée en 2007 la Ve Assemblée générale de l’épiscopat d’Amérique latine et des Caraïbes, inaugurée par Benoît XVI. À l’époque, le cardinal Bergoglio avait participé activement à la rédaction du document conclusif de cette assemblée où il avait fait forte impression. Un texte majeur, au fort contenu social et politique, visant à redonner un élan d’évangélisation au continent, marqué par l’influence et la pensée du futur pape. Le modèle proposé invite à sortir de l’enclos d’une Église autosuffisante pour atteindre toutes les périphéries humaines, surtout dans les grandes mégapoles, et souligne l’option préférentielle pour les pauvres. Cette assemblée apaisée, libre et participative, le pape François l’a évoquée lors de cette même homélie, parlant d’un « grand moment d’Église », et mettant l’accent sur un aspect qu’il affectionne : la richesse de la piété populaire, comme expression spontanée du peuple de Dieu.

« Dans ce sanctuaire, où s’est tenue la Ve Conférence générale de l’épiscopat de l’Amérique latine et des Caraïbes, il y a six ans, s’est déroulé un fait très beau dont j’ai pu me rendre compte personnellement : voir comment les évêques se sentaient encouragés, accompagnés et, dans un certain sens, inspirés par les milliers de pèlerins qui venaient chaque jour confier leur vie à la Vierge. Nous pouvons dire que le Document d’Aparecida est bien connu justement à cause de cette imbrication entre les travaux des pasteurs et la foi simple des pèlerins, sous la protection maternelle de Marie. »

Le pape François embrasse la statue de la Vierge

Dans une brève allocution, l’archevêque d’Aparecida a rappelé que ce sanctuaire est une icône religieuse nationale. En le visitant, vous visitez symboliquement tout le Brésil, a-t-il dit en s'adressant au pape François. Le cardinal Damasceno (archevêque d’Aparecida : NDLR) a par ailleurs insisté sur l’importance pour l’Église de s’engager aux côtés des pauvres et d’être pauvre pour évangéliser.

Dès son arrivée au sanctuaire d’Aparecida, le Pape s’était rendu dans la Salle des douze apôtres pour prier devant la statuette en terre cuite retirée des eaux d’un fleuve au début du XVIIIe siècle et lui rendre un hommage floréal. Avant de l'embrasser tendrement.

Radio Vatican

Crédit photo: JMJ Rio 2013

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