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Mardi 6 Mai 2014 à 12:39
Cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples

« Si les Œuvres pontificales missionnaires ne persévèrent pas pour conserver jalousement leur dimension catholique universelle, ce n’est pas leur survie qui est en danger, mais le service de toutes les Églises missionnaires » : c’est ce qu’a affirmé ce matin le cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, en ouvrant les travaux de l’Assemblée générale annuelle des Œuvres pontificales missionnaires (OPM), qui se déroule en ce moment à Rome jusqu’au samedi 10 mai.

Dans son discours d’ouverture, le Cardinal a rappelé avant tout qu’en « cette première année de son service pastoral comme évêque de Rome, le pape François a imprimé à l’Église un grand élan missionnaire » par de nombreux gestes et par la publication de deux importants documents : Lumen Fidei et Evangelii Gaudium.

« L’évangélisation en cette période d’énormes transformations sociales – a-t-il poursuivi – requiert une Église transformée, une Église missionnaire en sortie… car l’action missionnaire est le paradigme de toute œuvre de l’Église ».

Le cardinal Filoni s’est ensuite attardé sur le rôle des OPM dans le nouveau contexte ecclésiologique, en relevant qu’après le Concile Vatican II, les OPM « ont redéfini leur place, précisément pour s’adapter à la redécouverte de l’activité des Églises locales. Celles-ci sont maintenant appelées à apporter leur contribution spécifique pour créer et faire mûrir leurs Églises, même les Églises jeunes, comme sujets responsables de l’évangélisation ».

Un service pour l’Évangélisation et non un poste honorifique ou d’autorité

« Ces derniers temps – a poursuivi le préfet du dicastère missionnaire – la réflexion entre la sollicitude du Pape pour toutes les Églises et la coopération bilatérale entre Églises dans le cadre du soutien et de l’entraide devient toujours plus intéressante ». Les OPM ont été reconnues pontificales dans la mesure où « le Pasteur Suprême connaît et sent plus que quiconque les urgences et les besoins de toutes et de chacune des Églises », mais les OPM « appartiennent aussi à chaque évêque, car elles sont enracinées dans la vie des Églises particulières. Il ne s’agit absolument pas de niveaux ou de postes honorifiques ou d’autorité, mais d’un service rendu à l’Évangélisation.

« Nous sommes tous des serviteurs de la Mission – a réaffirmé le Cardinal. Chaque Église locale doit se modeler de par les besoins, les aspirations, la foi et la charité de toutes les autres Églises. Chaque Église qui croirait affirmer son identité par opposition ou en ignorant sa dimension catholique universelle est destinée à devenir une branche morte ».

« La coopération missionnaire ne peut pas se fonder exclusivement sur la collecte des offrandes »

Le cardinal Filoni a ensuite relevé que les Œuvres pontificales missionnaires subissent elles aussi les effets de la crise économico-financière : « Nous devons constater une diminution progressive des offrandes de la part des fidèles des Églises de vieille fondation, même si l’on enregistre une modeste augmentation dans les jeunes Églises de l’Afrique et de l’Asie ». Pour le préfet du dicastère missionnaire, les raisons ne sont en tout cas pas uniquement de nature économique, mais cela vient sans doute aussi d’une certaine « désaffection du Peuple de Dieu à l’égard du monde missionnaire.

« Il s’agit alors de revoir notre activité d’animation, qui doit parler au cœur du Peuple de Dieu, en indiquant la beauté de la participation au service missionnaire – a affirmé le Cardinal. La coopération missionnaire ne peut pas se fonder exclusivement sur la collecte des offrandes. Les Œuvres pontificales missionnaires sont charismatiques, c’est-à-dire qu’elles puisent leur efficacité dans la puissance de l’Esprit Saint. L’appropriation de la foi, pour la donner, ainsi que la prière pour les missions et le sacrifice sont des éléments nécessaires à l’efficacité de l’œuvre d’évangélisation ».

Renouvellement de la présence et de la participation active missionnaires

Sur les traces de l’apôtre Paul et de la première communauté apostolique, « il est nécessaire de sortir d’où nous sommes et de nous rendre dans les périphéries, comme a coutume de le dire le pape François. Il est important de nous rendre présents dans les organismes diocésains, dans les paroisses et dans les Congrégations et les Instituts religieux. Il faut de nouveau appeler les fidèles à une participation active à l’œuvre des missions dans les congrès diocésains et nationaux », a enfin exhorté le cardinal préfet, en confiant « tout notre travail à la Reine des Missions ».

Sur la photo: le cardinal Filoni en visite en Guadeloupe

Crédit photo: www.catholique-guadeloupe.info

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Mardi 29 Avril 2014 à 16:30
Le Salésianum, là où ont lieu les Assemblées générales des OPM

C’est le lundi 5 mai 2014, que s’ouvriront à Rome les travaux de l’Assemblée générale annuelle des Œuvres pontificales missionnaires (OPM), à la Maison d’exercices spirituels des Salésiens. Les directeurs nationaux des OPM provenant de tous les continents, réunis autour du président et des secrétaires généraux des quatre Œuvres, se retrouveront ainsi pour leur rendez-vous annuel qui prévoit, comme à l’accoutumée, une session pastorale (5 et 6 mai) et une session ordinaire (7 au 10 mai).

Révision et mise à jour des Statuts des OPM

Les travaux seront ouverts par les discours du cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples ¹, et de Mgr Protase Rugambwa, archevêque secrétaire adjoint de cette même congrégation et président des OPM.

La session pastorale sera consacrée à la révision et à l’aggiornamento des Statuts qui réglementent l’activité des OPM, à la lumière des « nouveaux paradigmes » de la missio ad gentes, du Magistère et de la pratique des Églises locales. Plusieurs interventions sont prévues sur ce sujet et seront suivies de travaux de groupe pour l’approfondissement et les indications opérationnelles.

Procédure de la session ordinaire

La session ordinaire de l’Assemblée débutera le mercredi 7 mai. Les secrétaires généraux des quatre Œuvres y présenteront le compte-rendu de l’année écoulée, la révision du budget et les demandes d’aide qui ont été adressées pour différents projets. Prendront donc la parole le secrétaire général de l’Œuvre pontificale de la propagation de la foi (OPPF), le P. Ryszard Szmydki, o.m.i.; le P. Fernando Domingues, m.c.c.j., secrétaire général de l’Œuvre pontificale de Saint-Pierre-Apôtre (OPSPA); Mme J. Baptistine Ralamboarison, secrétaire générale de l’Œuvre pontificale de l’Enfance missionnaire; le P. Vito Del Prete, PIME, secrétaire général de l’Union pontificale missionnaire et directeur du CIAM.

Ces rapports seront suivis par les interventions des participants, par la discussion en assemblée et par l’approbation des projets. Le dernier rapport sera celui de Mgr Silvano Rossi, chargé de l’administration.

Conclusion de l’Assemblée et audience papale

Le programme du vendredi 9 mai prévoit des rencontres par continent, l’examen des décisions de l’assemblée, l’approbation des budgets et les autres formalités conclusives. L’intervention finale reviendra au président des OPM, Mgr Rugambwa, qui clôturera les travaux de l’Assemblée. Le tout culminera samedi 10 mai par une célébration en la basilique Saint-Pierre et par l’audience avec le pape François.

 

 

¹ La Congrégation pour l’évangélisation des peuples subit des changements importants depuis maintenant trois ans. Rappelons que le préfet de la congrégation, le cardinal Fernando Filoni, fut nommé à son poste en mai 2011. Mgr Rugambwa, quant à lui, fut nommé au poste de président des OPM en juin 2012. Plus récemment, deux secrétaires généraux, le père Domingues, responsable de l’OPSPA, et le père Szmydki, responsable de l’OPPF, furent nommés en juin 2013 et en avril 2014 respectivement.

 

 

 

Crédit photo : www.istituti-religiosi.org

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Lundi 28 Avril 2014 à 12:11
Canonisation de Jean-Paul II et de Jean XXIII.

Rome aura connu une journée inoubliable en ce dimanche de la Divine miséricorde. Première absolue dans les 2000 ans d'Histoire de l'Église catholique, deux papes ont été canonisés en présence de deux papes et de 800 000 fidèles émus et enthousiastes.

En présence de son prédécesseur Benoît XVI et devant une foule qui s’étendait à perte de vue, bien au-delà du château Saint-Ange et dans les rues avoisinantes, le pape François a canonisé deux grandes figures emblématiques de la papauté : Jean XXIII et Jean-Paul II. Deux saints papes qui, a-t-il souligné dans son homélie, ont connu les tragédies du XXème siècle, mais qui n’en ont pas été écrasés.

Le rite de canonisation a lieu au tout début de la cérémonie. Le préfet de la Congrégation pour la cause des saints, le cardinal Angelo Amato, a demandé par trois fois au Pape, d’inscrire Jean XXIII et Jean-Paul II sur le catalogue des saints.

« Nous déclarons et définissons saints les bienheureux Jean XXIII et Jean Paul II »

Ce fut ensuite le cœur de la célébration, le moment le plus émouvant. Le pape François a récité solennellement la formule de canonisation en latin : « En l'honneur de la Sainte Trinité, par l'exaltation de la foi catholique et l'accroissement de la vie chrétienne, avec l'autorité de Notre Seigneur Jésus Christ, des saints apôtres Pierre et Paul, après avoir longuement réfléchi, invoqué plusieurs fois l'aide de Dieu et écouté l'avis de beaucoup de nos frères dans l'épiscopat, nous déclarons et définissons saints les bienheureux Jean XXIII et Jean Paul II, et nous les inscrivons dans le catalogue des saints et établissons que dans toute l'Église ils soient dévotement honorés parmi les saints ». La foule des fidèles a alors acclamé les nouveaux saints pendant que les cloches résonnaient dans les églises de la Ville éternelle.

Sur le parvis, le pape François a officié avec quatre cardinaux. Deux reliquaires ont été portés près de l'autel : l'un contenant une petite fiole de sang de Jean Paul II, l'autre un morceau de peau de Jean XXIII. L’évangile a été chanté en latin et en grec. Au moment de la prière des fidèles, l’intention en français a été lue par sœur Marie Simon Pierre, la religieuse française miraculée à l’origine de la béatification de Jean-Paul II.

Jean XXIII et Jean-Paul II, les papes de la docilité et de la famille

« Saint Jean XXIII et saint Jean-Paul II ont connu les tragédies du XX e siècle mais n’en ont pas été écrasés », a souligné dans son homélie le Souverain Pontife visiblement ému et impressionné. En eux, « Dieu était plus fort, plus forte était la foi en Jésus-Christ rédempteur de l’Homme et Seigneur de l’Histoire ». En ces deux hommes, contemplatifs des plaies du Christ et témoins de sa miséricorde, demeurait une « vivante espérance », avec une « joie indicible et glorieuse». L’espérance et la joie que le Christ ressuscité donne à ses disciples, et dont rien ni personne ne peut les priver.

Applaudi avec enthousiasme par la foule, le Pape a souligné que Jean XXIII avait montré, « dans la convocation du Concile, une délicate docilité à l’Esprit Saint. C’est le grand service qu’il a rendu à l’Église ; il a été le Pape de la docilité à l’Esprit ».
Et c’est sous des applaudissements encore plus nourris qu’il a salué en Jean Paul II le « Pape de la famille », rappelant que lui-même avait dit un jour qu’il aurait voulu qu’on se souvienne de lui comme du pape de la famille. « Cela me plaît de le souligner, a-t-il ajouté, alors que nous vivons un chemin synodal sur la famille et avec les familles, un chemin que, du Ciel, certainement, il accompagne et soutient ».

Accolade entre François et Benoît XVI

Les portraits d'Angelo Roncalli et Karol Wojtyla avaient été déroulés sur la façade de la basilique Saint-Pierre. Tout de blanc vêtu et coiffé d'une mitre, longuement applaudi à son arrivée, Benoît XVI avait pris place à gauche de l'autel, au premier rang parmi les cardinaux concélébrants. S’appuyant sur une canne, il avait salué les cardinaux et évêques présents, en levant les deux mains. Le pape François lui avait donné chaleureusement l'accolade. Depuis sa rénonciation historique l'an dernier, Benoît XVI vit retiré au Vatican. Deux papes saints au ciel, deux papes sur la place Saint-Pierre, pouvait-on lire sur une banderole.

À la fin de la messe, avant la prière du Regina Cœli, qui remplace l’Angélus en cette période de l’année, le pape François a chaleureusement remercié tous ceux qui ont voulu rendre hommage à deux papes qui ont contribué de façon indélébile à la cause du développement des peuples et de la paix.

Puis, les délégations étrangères ont défilé devant le pape François. Le Souverain Pontife s’est ensuite livré à un bain de foule dans une voiture découverte, circulant entre les rangées de barrières métalliques.

Radio Vatican

Crédit photo: News.va

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Lundi 21 Avril 2014 à 10:37
Dimanche de Pâques. Le Pape bénit les fidèles.

Message Urbi et Orbi du pape François - Pâques 2014

Chers frères et sœurs, bonne et sainte fête de Pâques !

L’annonce de l’ange aux femmes résonne dans l’Église répandue de par le monde entier : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus, le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité… venez voir l’endroit où il reposait » (Mt 28, 5-6).

Voici le sommet de l’Évangile, voici la Bonne Nouvelle par excellence : Jésus le Crucifié est ressuscité ! Cet événement est à la base de notre foi et de notre espérance : si le Christ n’était pas ressuscité, le christianisme perdrait sa valeur ; toute la mission de l’Église serait vidée de son élan, parce que c’est de là qu’il est parti et qu’il repart toujours. Le message que les chrétiens apportent au monde, le voici : Jésus, l’Amour incarné, est mort sur la Croix pour nos péchés, mais Dieu le Père l’a ressuscité et l’a fait Seigneur de la vie et de la mort. En Jésus, l’Amour l’a emporté sur la haine, la miséricorde sur le péché, le bien sur le mal, la vérité sur le mensonge, la vie sur la mort.

C’est pourquoi nous disons à tous : « Venez et voyez ! » En chaque situation humaine, marquée par la fragilité, par le péché et par la mort, la Bonne Nouvelle n’est pas seulement une parole, mais c’est un témoignage d’amour gratuit et fidèle : c’est sortir de soi pour aller à la rencontre de l’autre, c’est se tenir proche de celui qui est blessé par la vie, c’est partager avec celui qui manque du nécessaire, c’est rester aux côtés de celui qui est malade ou âgé ou exclu… « Venez et voyez ! » : l’Amour est plus fort, l’Amour donne la vie, l’Amour fait fleurir l’espérance dans le désert.

Avec cette joyeuse certitude dans le cœur, aujourd’hui nous nous adressons à toi, Seigneur ressuscité !

Aide-nous à te chercher afin que tous nous puissions te rencontrer, savoir que nous avons un Père et que nous ne nous sentions pas orphelins ; que nous puissions t’aimer et t’adorer.

Aide-nous à vaincre le fléau de la faim, aggravé par les conflits et par les immenses gaspillages dont nous sommes souvent complices.

Rends-nous capables de protéger les sans défense, surtout les enfants, les femmes et les personnes âgées, parfois transformées en objets d’exploitation et d’abandon.

Fais que nous puissions soigner les frères touchés par l’épidémie d’Ébola en Guinée Conakry, en Sierra Léone et au Libéria, et ceux affectés par tant d’autres maladies qui se diffusent aussi à cause de l’incurie et de la pauvreté extrême.

Console tous ceux qui aujourd’hui ne peuvent pas célébrer Pâques avec leurs familles parce qu’injustement arrachées à leur affection, comme les nombreuses personnes – prêtres et laïcs – qui en diverses parties du monde ont été séquestrées.

Réconforte ceux qui ont laissé leur propre terre pour immigrer vers des endroits où ils puissent espérer un avenir meilleur, mener une vie digne et, souvent, professer librement leur foi.

Nous t’en prions, Jésus glorieux, fais cesser toute guerre, toute hostilité grande ou petite, ancienne ou récente !

Nous te supplions, en particulier, pour la Syrie, la Syrie bien-aimée, afin que tous ceux qui souffrent des conséquences du conflit puissent recevoir les aides humanitaires nécessaires, et que les parties en cause n’utilisent plus la force pour semer la mort, surtout contre la population sans défense, mais aient l’audace de négocier la paix, désormais attendue depuis trop longtemps !

Jésus glorieux, nous te demandons de réconforter les victimes des violences fratricides en Iraq et de soutenir les espoirs suscités par la reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens.

Nous t’implorons, qu’un terme soit mis aux affrontements en République centrafricaine et que s’arrêtent les atroces attentats terroristes dans certaines zones du Nigéria ainsi que les violences au Soudan du Sud.

Nous te demandons que les esprits se tournent vers la réconciliation et la concorde fraternelle au Venezuela.

Par ta résurrection, que nous célébrons cette année ensemble avec les Églises qui suivent le calendrier julien, nous te prions d’éclairer et d’inspirer des initiatives de pacification en Ukraine, pour que les parties intéressées, soutenues par la communauté internationale, entreprennent tout effort pour empêcher la violence et construire, dans un esprit d’unité et de dialogue, l’avenir du pays. Qu’en tant que frères, ils puissent aujourd’hui chanter : Xphctoc Bocĸpec.

Pour tous les peuples de la Terre, nous te prions, Seigneur : toi qui as vaincu la mort, donne-nous ta vie, donne-nous ta paix !

Chers frères et sœurs, bonne fête de Pâques !

 

Radio Vatican

Crédit photo: L'Osservatore Romano

Vidéo: Radio Vatican

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