Actualité

Lundi 21 Avril 2014 à 10:37
Dimanche de Pâques. Le Pape bénit les fidèles.

Message Urbi et Orbi du pape François - Pâques 2014

Chers frères et sœurs, bonne et sainte fête de Pâques !

L’annonce de l’ange aux femmes résonne dans l’Église répandue de par le monde entier : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus, le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité… venez voir l’endroit où il reposait » (Mt 28, 5-6).

Voici le sommet de l’Évangile, voici la Bonne Nouvelle par excellence : Jésus le Crucifié est ressuscité ! Cet événement est à la base de notre foi et de notre espérance : si le Christ n’était pas ressuscité, le christianisme perdrait sa valeur ; toute la mission de l’Église serait vidée de son élan, parce que c’est de là qu’il est parti et qu’il repart toujours. Le message que les chrétiens apportent au monde, le voici : Jésus, l’Amour incarné, est mort sur la Croix pour nos péchés, mais Dieu le Père l’a ressuscité et l’a fait Seigneur de la vie et de la mort. En Jésus, l’Amour l’a emporté sur la haine, la miséricorde sur le péché, le bien sur le mal, la vérité sur le mensonge, la vie sur la mort.

C’est pourquoi nous disons à tous : « Venez et voyez ! » En chaque situation humaine, marquée par la fragilité, par le péché et par la mort, la Bonne Nouvelle n’est pas seulement une parole, mais c’est un témoignage d’amour gratuit et fidèle : c’est sortir de soi pour aller à la rencontre de l’autre, c’est se tenir proche de celui qui est blessé par la vie, c’est partager avec celui qui manque du nécessaire, c’est rester aux côtés de celui qui est malade ou âgé ou exclu… « Venez et voyez ! » : l’Amour est plus fort, l’Amour donne la vie, l’Amour fait fleurir l’espérance dans le désert.

Avec cette joyeuse certitude dans le cœur, aujourd’hui nous nous adressons à toi, Seigneur ressuscité !

Aide-nous à te chercher afin que tous nous puissions te rencontrer, savoir que nous avons un Père et que nous ne nous sentions pas orphelins ; que nous puissions t’aimer et t’adorer.

Aide-nous à vaincre le fléau de la faim, aggravé par les conflits et par les immenses gaspillages dont nous sommes souvent complices.

Rends-nous capables de protéger les sans défense, surtout les enfants, les femmes et les personnes âgées, parfois transformées en objets d’exploitation et d’abandon.

Fais que nous puissions soigner les frères touchés par l’épidémie d’Ébola en Guinée Conakry, en Sierra Léone et au Libéria, et ceux affectés par tant d’autres maladies qui se diffusent aussi à cause de l’incurie et de la pauvreté extrême.

Console tous ceux qui aujourd’hui ne peuvent pas célébrer Pâques avec leurs familles parce qu’injustement arrachées à leur affection, comme les nombreuses personnes – prêtres et laïcs – qui en diverses parties du monde ont été séquestrées.

Réconforte ceux qui ont laissé leur propre terre pour immigrer vers des endroits où ils puissent espérer un avenir meilleur, mener une vie digne et, souvent, professer librement leur foi.

Nous t’en prions, Jésus glorieux, fais cesser toute guerre, toute hostilité grande ou petite, ancienne ou récente !

Nous te supplions, en particulier, pour la Syrie, la Syrie bien-aimée, afin que tous ceux qui souffrent des conséquences du conflit puissent recevoir les aides humanitaires nécessaires, et que les parties en cause n’utilisent plus la force pour semer la mort, surtout contre la population sans défense, mais aient l’audace de négocier la paix, désormais attendue depuis trop longtemps !

Jésus glorieux, nous te demandons de réconforter les victimes des violences fratricides en Iraq et de soutenir les espoirs suscités par la reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens.

Nous t’implorons, qu’un terme soit mis aux affrontements en République centrafricaine et que s’arrêtent les atroces attentats terroristes dans certaines zones du Nigéria ainsi que les violences au Soudan du Sud.

Nous te demandons que les esprits se tournent vers la réconciliation et la concorde fraternelle au Venezuela.

Par ta résurrection, que nous célébrons cette année ensemble avec les Églises qui suivent le calendrier julien, nous te prions d’éclairer et d’inspirer des initiatives de pacification en Ukraine, pour que les parties intéressées, soutenues par la communauté internationale, entreprennent tout effort pour empêcher la violence et construire, dans un esprit d’unité et de dialogue, l’avenir du pays. Qu’en tant que frères, ils puissent aujourd’hui chanter : Xphctoc Bocĸpec.

Pour tous les peuples de la Terre, nous te prions, Seigneur : toi qui as vaincu la mort, donne-nous ta vie, donne-nous ta paix !

Chers frères et sœurs, bonne fête de Pâques !

 

Radio Vatican

Crédit photo: L'Osservatore Romano

Vidéo: Radio Vatican

Ajouter un commentaire
Jeudi 17 Avril 2014 à 16:05
Le Pape François lave les pieds de patients en ce Jeudi Saint

Cette année encore, le Pape a choisi de ne pas célébrer la messe de la Cène dans le cadre somptueux de la basilique Saint-Jean-de-Latran, cathédrale de Rome, comme le faisaient ses prédécesseurs, mais de se rendre dans un lieu modeste où l’on côtoie la souffrance humaine. L’année dernière, fraîchement élu, il avait créé la surprise en se rendant dans une prison pour mineurs et en lavant les pieds de jeunes détenus, garçons et filles.

Pour son deuxième Jeudi Saint en tant que pape, il a choisi un centre médical qui accueille notamment des personnes très âgées démunies, la Fondation Don Carlo Gnocchi, une des nombreuses périphéries de la société actuelle, qui privilégie le rendement et la bonne forme et qui marginalise les vieux et les handicapés, souvent considérés comme un poids pour leurs proches et une charge financière pour les contribuables. Le pape François a plus d’une fois attiré l’attention sur la richesse du grand âge, selon lui sous-estimée dans la culture actuelle du déchet.

« L'héritage de Jésus: être les serviteurs les uns des autres »

Dans son homélie, le pape François a souligné que « l'héritage que Jésus nous laisse est celui d'être serviteurs les uns des autres. Et moi à présent, je ferai ce geste mais nous tous dans notre cœur pensons aux autres: comment pouvons-nous mieux les servir, voilà ce que Jésus a voulu de nous». Et d'ajouter: « Nous venons d'entendre dans les lectures ce que Jésus a fait lors de la dernière Cène, ce geste d'adieu, comme un héritage. Lui, Dieu, s'est fait serviteur. Voilà cet héritage: 'vous devez vous faire serviteurs les uns des autres, serviteurs dans l'amour'. »

Le pape François a ensuite souligné que « ce fut un geste d'autant plus symbolique et fort que c'étaient les esclaves, les serviteurs qui lavaient les pieds, et Jésus lors de la Dernière Cène, en instituant l'Eucharistie, pose ce geste du lavement des pieds qui nous rappelle que nous devons être les serviteurs les uns des autres.»

Le pape François a ensuite procédé au lavement des pieds de 12 patients de différents âges, ethnies et religions. Âgés de 16 à 86 ans, neuf Italiens et trois étrangers dont un musulman, ils symbolisent avec leurs infirmités les anciennes et nouvelles formes de fragilités dans lesquelles la communauté chrétienne est appelée à reconnaître le Christ souffrant. Le plus jeune, un cap-verdien, est paralysé des quatre membres à la suite d’un plongeon dans la mer. Pas de prestigieux chœur de la chapelle Sixtine pour exécuter les chants de la messe, la chorale était composée de ces mêmes pensionnaires et volontaires qui animent la messe tous les dimanches.

Radio Vatican

Photo: Reuters

Ajouter un commentaire
Jeudi 17 Avril 2014 à 10:50
Messe chrismale du Jeudi Saint, basilique Saint-Pierre.

Le Pape François a présidé la messe chrismale au cours de laquelle le saint chrême est consacré. Cette huile servira pour les baptêmes de Pâques et de toute l'année, mais aussi pour le sacrement de la confirmation et de l'ordre. Cette messe rappelle l'institution du sacerdoce et pour chaque prêtre le jour de son ordination. Dans son homélie, le Pape a ainsi invité les prêtres à vivre et à revivre la joie du sacerdoce, qui a sa source dans l’amour du Père.

Entouré des cardinaux, de dizaines d’évêques et de centaines de prêtres, le Pape a souligné que « le prêtre est une personne toute petite : l’incommensurable grandeur du don qui nous est donné pour ce ministère, nous relègue parmi les plus humbles des hommes.

« S’il ne prend pas racine dans le Christ, a ajouté le Pape, le prêtre est par contre le plus pauvre des hommes, le plus sans défense des chrétiens, vu que personne n’est plus petit qu’un prêtre abandonné à ses seules forces ».

Le Pape a également rappelé les trois caractéristiques selon lui de la joie d’être prêtre : « c’est une joie qui nous oint (« che ci unge, non che rende untuosi, sontuosi, presuntuosi »), et le Pape jouant sur la sonorité de plusieurs adjectifs ajoutait : « pas une joie qui rend onctueux, somptueux, présomptueux, c’est une joie incorruptible et c’est une joie missionnaire qui irradie et attire, en commençant par les personnes qui sont les plus lointaines ».

Le Pape a également confié que « dans les moments de tristesse, où tout semble s’assombrir et quand le vertige de l’isolement nous séduit, dans les moments d’apathie et d’ennui qui parfois surviennent dans la vie du prêtre, et par lesquels je suis aussi passé, même dans ces moments-là, a insisté le Pape, le peuple de Dieu est capable de protéger la joie, de te protéger, de t’embrasser, de t’aider à continuer d’ouvrir ton cœur et de retrouver la joie, une joie renouvelée ».

La joie du prêtre a trois sœurs : la pauvreté, la fidélité, l'obéissance

« La joie du prêtre a trois sœurs qui l’entourent, la protègent, la défendent: la pauvreté, la fidélité, l’obéissance. […] Le prêtre, a souligné le pape François, est pauvre en joie tout simplement humaine : il a renoncé à tant de choses ». Sa joie donc, il doit « la demander à son peuple et au Seigneur, il ne doit pas se la procurer par lui-même.

« Beaucoup en parlant de la crise d’identité sacerdotale, a ajouté le Pape, ne tiennent pas compte du fait que l’identité présuppose l’appartenance. Il n’y a pas d’identité et donc de joie de vivre, sans appartenance active et engagée au service du peuple de Dieu.

« Le prêtre qui prétend trouver l’identité sacerdotale en enquêtant au fond de lui-même ne trouvera peut-être que des signes qui lui disent ‘sortie’ : sors de toi-même, sors à la recherche de Dieu dans l’adoration, sors et donne à ton peuple ce qui t’a été confié, et le peuple aura soin de te faire goûter qui tu es, comment tu t’appelles, quelle est ton identité, et te réjouira au centuple comme le Seigneur l’a promis à ses serviteurs. Si tu ne sors pas de toi-même, a averti le Pape, l’huile devient rance et l’onction ne peut être féconde. Sortir de soi-même demande que l’on se dépouille de soi-même, cela demande une pauvreté.

« La fidélité, a ensuite déclaré le Pape, ce n’est pas tant dans le sens que nous serons tous ‘immaculés’, parce que tous nous sommes pécheurs. Mais plutôt dans le sens d’une fidélité toujours renouvelée à l’Unique Épouse, l’Église. […] Il s’agit de l’Église vivante, avec nom et prénom, dont le prêtre doit prendre soin dans sa paroisse ou dans la mission qui lui a été confiée ».
À propos de l’obéissance, le Pape a rappelé que « l’Église hiérarchique donne non seulement le cadre plus externe de l’obéissance mais aussi l’union avec Dieu le Père, d’où vient toute paternité. […] Elle donne aussi l’obéissance à l’Église du service.

« La disponibilité du prêtre, a ajouté le Pape, fait de l’Église la maison aux portes ouvertes, le refuge pour les pécheurs, le foyer pour tous ceux qui vivent dans la rue, la maison de soins pour les malades, le camping pour les jeunes, la salle pour la catéchèse des tous petits qui se préparent à la Première Communion… Là où le peuple de Dieu a un désir ou un besoin, a conclu le Pape, là se trouve le prêtre qui sait écouter et ressent une mission que lui a donné le Christ qui l’envoie secourir avec miséricorde cette nécessité ou ce désir avec une charité pleine de créativité ».

Radio Vatican

Photo: L'Osservatore Romano

Ajouter un commentaire
Lundi 14 Avril 2014 à 11:10
Célébration du Dimanche des Rameaux 2014, place Saint-Pierre.

Quelque 100 000 personnes massées sur la place Saint-Pierre de Rome ont assisté à la célébration solennelle du Dimanche des Rameaux, présidée par le pape François. Cette fête coïncidait avec la 29eJournée diocésaine de la Jeunesse. À la fin de la messe, un groupe de jeunes Brésiliens a remis la Croix des JMJ aux jeunes Polonais qui la porteront en pèlerinage jusqu’à Cracovie. L’occasion pour le Saint-Père d’annoncer que Jean-Paul II sera désormais le grand patron des JMJ, et de confirmer que le 15 août prochain il rencontrera les jeunes asiatiques en Corée du Sud.

Dans une homélie entièrement improvisée, le pape François a analysé l’attitude des personnages de la Passion de Jésus en invitant les fidèles à s’interroger sur eux-mêmes, sur leur attitude à l’égard de Jésus ; à se demander où est leur cœur et auquel de ces personnages ils ressemblent : aux pharisiens et docteurs de la loi, qui avaient décidé d’éliminer Jésus ? À Judas, qui fait semblant de l’aimer et le livre pour trente deniers ? Aux disciples qui ne comprennent rien et s’endorment alors que Jésus souffre ? À celui d’entre eux qui prétend tout résoudre par l’épée ? Ou bien aux femmes courageuses qui souffrent en silence ? Qui suis-je devant Jésus qui souffre ?

Ma vie est-elle endormie ?

Le souverain pontife n’a pas lu le texte distribué à l’avance. Sur un ton lent et grave, il a pointé du doigt ces dirigeants qui improvisent un tribunal, cherchent des faux témoins et qui pensent ainsi sauver le peuple ; il a évoqué Ponce Pilate qui, face à une situation trop difficile, s’en lave les mains ; la foule qui ne sait pas au juste si elle participe à une réunion religieuse, à un jugement, ou à un cirque et qui choisit Barabbas ; les soldats qui s’amusent à humilier Jésus.
Mais parmi les personnages de la Passion, il a cité aussi Simon de Cyrène qui rentrait du travail fatigué mais qui a eu la bonne volonté d’aider le Seigneur à porter la croix ; Joseph le disciple caché qui porte le corps de Jésus avec amour pour lui donner une sépulture ; les deux Marie qui se tiennent à la porte du sépulcre. Sommes-nous capables d’exprimer notre joie et de louer Jésus, ou prenons-nous nos distances, s’est-il encore interrogé, ma vie est-elle endormie ? Le pape François a souhaité que ces questions accompagnent les fidèles pendant toute la semaine.

On a prié en français pour les chrétiens persécutés

La liturgie avait commencé par la traditionnelle bénédiction des palmes tressées venues comme chaque année des villes italiennes de San Remo et Bordighera : 3000 palmes confectionnées selon une très ancienne tradition locale. La palme réservée au Saint-Père symbolisait la Sainte Trinité. Les oliviers et les fleurs qui ornaient la place avaient été offerts par la région italienne des Pouilles. Un espace aménagé autour de l’obélisque évoquait l’accueil du Christ à Jérusalem. La crosse utilisée par le pape François avait été spécialement réalisée en bois d’olivier par les détenus de la prison de San Remo.

Pendant la prière des fidèles, on a prié en français pour ceux qui sont persécutés à cause de leur foi, afin que le Seigneur soutienne la fidélité et la modération des chrétiens durant l’épreuve. On a par ailleurs prié en chinois pour la paix entre les peuples et la justice dans le monde.

À la fin de la célébration, le Pontife a longuement salué la foule en liesse à bord de sa jeep. Il est même sorti du périmètre de la place pour saluer ceux qui se trouvaient sur l'avenue de la Conciliazione.

Radio Vatican

Photo: InterMirifica.net

Ajouter un commentaire

Pages