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Lundi 26 Mai 2014 à 12:05
Le pape François rencontre des enfants au camp de réfugiés de Dheisheh.

Le pèlerinage du pape François en Terre Sainte s'est poursuivi, à un rythme soutenu. Après avoir déjeuné avec des familles palestiniennes à la maison d’accueil franciscaine de Casa Nova, le Pape s’est rendu à la basilique de la Nativité, pour une visite privée, et un moment de prière devant la Grotte, lieu de la naissance de Christ.

François a ensuite gagné le centre Phœnix de Bethléem, qui se trouve au cœur du camp de réfugiés de Dheisheh, déjà visité par saint Jean-Paul II, lors de son pèlerinage, en l’an 2000. Ce centre culturel, construit grâce à un don du pape polonais, propose diverses activités aux enfants et aux jeunes vivant dans le camp.

Le Pape est arrivé souriant, accueilli par deux jeunes Palestiniens, une fille et un garçon, vêtus de tenues traditionnelles. Ils lui ont remis une étole aux couleurs vives. Le Pape s’est ensuite dirigé vers l’auditorium du centre où l’attendaient des dizaines d’enfants. À son arrivée, ils ont chacun brandi une feuille de papier, où étaient écrits des messages en arabe et en anglais, disant pour certains : « nous demandons la liberté », « chrétiens et musulmans sous occupation ».

Des chants ont ponctué cette rencontre. Un jeune s'est ensuite adressé au Pape en arabe au nom de tous ses camarades. Le Pape, attentif, suivait la traduction qu'on lui faisait simultanément. Il s’est adressé aux jeunes en espagnol, sans texte.

« Je vous remercie pour les chants, très beaux ! Vous chantez très bien », les a félicités le Pape. « J’ai lu ce que vous aviez écrit sur vos feuilles. Je comprends le message que vous me faites parvenir », faisant allusion aux messages brandis par les enfants à son arrivée.

« Ne laissez jamais le passé déterminer votre vie, regardez toujours devant vous. Travaillez et luttez pour ce que vous voulez. Seulement, sachez que la violence ne se vainc pas par la violence ! La violence se vainc par la paix ! C’est avec la paix, le travail, et la dignité qu’on fait avancer le pays ».

Le Pape les a ensuite chaudement remerciés de leur accueil et leur a demandé de prier pour lui.

Radio Vatican

Crédit photo: AP Photo/Andrew Medichini, Pool

 

 

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Lundi 26 Mai 2014 à 11:51
Messe avec le Pape à la place de la Mangeoire, Bethléem.

C’est au cœur de Bethléem, Place de la Mangeoire, devant la basilique de la Nativité que le Pape célèbre une grande messe pour les chrétiens de Terre Sainte, du moins, ceux qui ont réussi à venir jusqu’ici dans cette enclave, en ayant les autorisations requises. Quelque 10 000 fidèles, dont une poignée venue par miracle de la Bande de Gaza, d’autres de Galilée - où le Pape n’ira pas - de Jérusalem aussi, où pour les chrétiens il sera ensuite difficile de retrouver ou seulement voir le successeur de Pierre, tant les mesures de sécurité sont draconiennes. Et pas mal de quartiers sont bouclés.

Homélie centrée sur l'enfant

Le Pape des pauvres et des exclus, comme titrait ce dimanche matin la presse palestinienne, a célébré la messe de Noël, sur fond d’une grande peinture représentant la crèche, avec notamment pour personnages les papes Paul VI, Jean-Paul II, et Benoît XVI en adoration. La place de la Mangeoire, inondée de soleil, résonnait de chants de Noël, que les fidèles entonnaient avec ferveur.

Une liturgie en latin et en arabe durant laquelle le pape François nous a livré une très belle homélie centrée sur l’enfant. L’enfant signe d’espérance, signe de vie, mais baromètre pour comprendre l’état de santé d’une famille, d’une société, du monde entier. « Quand les enfants sont accueillis, aimés, défendus, protégés dans leurs droits, a déclaré le Pape, la famille est saine, la société est meilleure, le monde est plus humain ». Et le Pape rappelait qu’aujourd’hui également les enfants ont besoin d’être accueillis et défendus.

Savoir écouter les enfants, les défendre

« Malheureusement, dans notre monde qui a développé les technologies les plus sophistiquées, il y a encore de nombreux enfants dans des conditions inhumaines, qui vivent en marge de la société, dans les périphéries des grandes villes ou dans les zones rurales. De nombreux enfants aujourd’hui encore sont exploités, maltraités, tenus en esclavage, objets de violence et de trafics illicites. De nombreux enfants sont aujourd’hui déracinés, réfugiés, parfois noyés dans les mers, spécialement dans les eaux de la Méditerranée. De tout cela nous avons honte aujourd’hui devant Dieu, ce Dieu qui s’est fait Enfant ».

Le pape François recommandait de savoir écouter les enfants, de vouloir les défendre, de prier pour eux et avec eux. Car dans notre monde du rebut quotidien de tonnes de nourriture et de médicaments, des enfants aujourd’hui encore pleurent de faim, et souffrent de maladies. Et le Pape de condamner une fois encore le trafic d’armes qui finissent dans les mains d’enfants-soldats, la main-d’œuvre des petits travailleurs esclaves pour les multinationales.

Chaque enfant et ses conditions de vie doivent provoquer une interrogation sur l’état de santé de notre monde. « De ce diagnostic franc et honnête, peut jaillir un nouveau style de vie, où les relations ne soient plus de conflit, d’oppression, de ‘‘consommation’, mais soient des relations de fraternité, de pardon et de réconciliation, de partage et d’amour ».

Étape imprévue au mur de séparation

Le patriarche Twal lui aussi devait parler des enfants, des enfants de Terre Sainte, dénonçait-il, pour lesquels il n’y a plus de place dans les législations, qui sont absents des négociations pour une paix qui ne trouve pas le chemin pour arriver jusqu’à nous, une paix qui ne réussit pas à détruire les murs de la peur et de la méfiance qui entourent cette ville de Bethléem.

Des murs que le Pape a pu voir se dresser devant lui et toucher du doigt. Décidé à marquer les esprits, et espérons, les cœurs, le pape François se rendant au cœur de Bethléem a fait arrêté le convoi au pied du Mur de séparation, le Mur de sécurité construit par les Israéliens pour isoler les territoires palestiniens. Au pied d’une impressionnante tour de guet, couverte de barbelés et de graffitis réclamant la liberté, le Pape a prié.

 

Radio Vatica

Crédit photo: Sliman Khader/Flash90

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Dimanche 25 Mai 2014 à 01:20
Le Pape rencontre des réfugiés syriens parmi les fidèles venus le voir en Jordanie.

Avant-dernière étape de ce passage en Jordanie pour le pape François : le site de « Béthanie au-delà-du-Jourdain », à l’Est du fleuve, lieu identifié comme celui où Jésus a été baptisé par saint Jean-Baptiste.

C’est dans l’église latine, encore inachevée, de ce lieu saint, que le Pape a rencontré plusieurs centaines de réfugiés syriens, ainsi que de jeunes handicapés. L’église semblait trop petite pour contenir la foule nombreuse rassemblée dans ses murs. On notait la présence de nombreux enfants. Le pape argentin, que l’on sait très sensible à la tragédie syrienne, avait ardemment souhaité cette rencontre.


Appel vibrant pour la paix, et pour l'accueil des réfugiés

Il en a donc profité pour lancer un vibrant appel en faveur de la paix en Syrie : « Que cessent les violences et que soit respecté le droit humanitaire, en garantissant l’assistance nécessaire à la population qui souffre ! Que tous abandonnent la prétention de laisser aux armes la solution des problèmes et que l’on revienne sur le chemin de la négociation. La solution, en effet, ne peut venir que du dialogue et de la modération, de la compassion pour celui qui souffre, de la recherche d’une solution politique et du sens de la responsabilité envers les frères ».


Une condamnation sévère de la vente d'armes

Le Pape, sortant alors de son texte, a fustigé avec force « la haine et la cupidité qui sont la racine du mal ». « Qui se cache derrière la vente d'armes ? » s'est alors interrogé le Pape avec fougue. « Qui s'occupe de vendre des armes aux belligérants, alimentant ainsi le conflit ?» Des questions que le Pape n'a pas hésité à poser à la conscience de chacun, et spécialement des acteurs directs et indirects du conflit syrien. Il ne faut pas hésiter à prier pour ces « pauvres criminels », a-t-il encore déclaré.

Le Pape a également lancé un appel à l’adresse de la communauté internationale, plaidant pour qu’elle accroisse son action de soutien et d’aide, et « qu’elle ne laisse pas seule la Jordanie », face à l’afflux de réfugiés qui n’est pas sans poser problème.
François a d’ailleurs tenu à remercier chaudement les autorités et le peuple jordaniens pour l’accueil « généreux » des centaines de milliers de réfugiés jetés sur les routes de l’exode par ce conflit fratricide et meurtrier. Le Pape a salué de manière particulière le travail accompli par des institutions de l’Église, comme la Caritas Jordanie.

« Que Dieu convertisse les violents »

Le Pape s’est enfin adressé aux jeunes handicapés présents dans l’église, sollicitant leur prière, les encourageant à « collaborer (…) à la construction d’une société respectueuse des plus faibles, des malades, des enfants, des personnes âgées », les enjoignant à être signes d’espérance malgré les épreuves. « Vous êtes dans le cœur de Dieu et dans mes prières », les a-t-il ensuite assurés, avant de renouveler une dernière fois le souhait « que prévalent la raison et la modération et, qu’avec l’aide de la communauté internationale, la Syrie retrouve le chemin de la paix ». « Que Dieu convertisse les violents et ceux qui ont des projets de guerre, que Dieu convertisse ceux qui fabriquent et vendent des armes », a-t-il enfin conclu, le visage grave.

Cette rencontre a été ponctuée de plusieurs chants, interprétés par des jeunes, ainsi que de témoignages émouvants de réfugiés venus d'Irak, et de jeunes malades (dont une fille de 19 ans, et un petit garçon de 11 ans). Le Pape s'est ensuite laissé aller à un petit bain de foule, sous le regard vigilant des agents de sécurité, quelque peu dépassés.

Avant cette rencontre, le Pape a visité le site du Baptême, en compagnie notamment du couple royal jordanien. Comme le firent ses prédécesseurs, Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI, il s'est arrêté pour un temps de prière, dans la lumière dorée du soleil couchant, avant de signer le Livre d’Or du Lieu Saint. Il s’est ensuite rendu dans l’église latine du Baptême, encore en chantier, et dont la première pierre avait été bénie par le pape émérite Benoît XVI, lors de sa visite en ce même lieu, le 10 mai 2009.


Ci-dessous le discours du Pape (manquent les paroles du Pape sur le trafic d'armes) :
 

J’ai beaucoup souhaité vous rencontrer au cours de mon pèlerinage, vous qui, à cause de conflits sanglants, avez dû laisser vos maisons et votre Patrie et avez trouvé refuge en cette terre hospitalière de Jordanie; et en même temps, j’ai voulu vous rencontrer, chers jeunes qui faites l’expérience du poids de quelque limite physique.

Le lieu dans lequel nous nous trouvons nous rappelle le baptême de Jésus. En venant ici au Jourdain se faire baptiser par Jean, Jésus montre son humilité et partage notre condition humaine : il s’abaisse jusqu’à nous et, par son amour, il nous rend la dignité et nous donne le salut. Cette humilité de Jésus, le fait qu’il se penche sur les blessures humaines pour les guérir, nous touche toujours. Et à notre tour nous sommes profondément touchés par les drames et les blessures de notre temps, spécialement par celles provoquées par les conflits encore ouverts au Moyen-Orient. Je pense en premier lieu à la Syrie, déchirée par une lutte fratricide qui dure depuis désormais trois ans, et qui a déjà fait d’innombrables victimes, obligeant des millions de personnes à se faire réfugiées et exilées en d’autres pays.

Je remercie les autorités et le peuple jordanien pour l’accueil généreux d’un nombre très élevé de réfugiés provenant de la Syrie et de l’Irak, et j’étends mes remerciements à tous ceux qui font œuvre d’assistance et de solidarité envers les réfugiés. Je pense aussi aux œuvres de charité réalisées par des institutions de l’Église comme Caritas Jordanie, et d’autres qui, en portant assistance à ceux qui en ont besoin, sans distinction de foi religieuse, d’appartenance ethnique ou idéologique, manifestent la splendeur du visage charitable de Jésus miséricordieux. Que Dieu Clément et Tout-Puissant vous bénisse tous et chacun pour vos efforts, afin de soulager les souffrances causées par la guerre !

Je m’adresse à la communauté internationale pour qu’elle ne laisse pas seule la Jordanie à faire face à l’urgence humanitaire venant de l’arrivée sur son territoire d’un nombre si élevé de réfugiés ; mais qu’elle continue et accroisse son action de soutien et d’aide. Et je renouvelle mon appel le plus pressant pour la paix en Syrie. Que cessent les violences et que soit respecté le droit humanitaire, en garantissant l’assistance nécessaire à la population qui souffre ! Que tous abandonnent la prétention de laisser aux armes la solution des problèmes et que l’on revienne sur le chemin de la négociation. La solution, en effet, ne peut venir que du dialogue et de la modération, de la compassion pour celui qui souffre, de la recherche d’une solution politique et du sens de la responsabilité envers les frères.

À vous les jeunes, je demande de vous unir à ma prière pour la paix. Vous pouvez le faire aussi en offrant à Dieu vos peines quotidiennes, et ainsi votre prière deviendra précieuse et efficace. Et je vous encourage à collaborer, par votre engagement et votre sensibilité, à la construction d’une société respectueuse des plus faibles, des malades, des enfants, des personnes âgées. Même dans les difficultés de la vie, soyez signe d’espérance. Vous êtes dans le cœur de Dieu et de mes prières, et je vous remercie pour votre présence chaleureuse et nombreuse.

Au terme de cette rencontre, je renouvelle le souhait que prévalent la raison et la modération et, qu’avec l’aide de la communauté internationale, la Syrie retrouve le chemin de la paix. Que Dieu convertisse les violents et ceux qui ont des projets de guerre.

Source: Radio Vatican

Crédit photo: Andrew Medichini, AP

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Dimanche 25 Mai 2014 à 00:53
Fidèles accueillent le Pape pendant la messe, à Amman, Jordanie

C’est dans le Stade international de Amman que le pape François a pu nouer le contact avec plusieurs dizaines de milliers de fidèles, lors d’une messe célébrée sous les portraits des Papes Jean XXIII et Jean-Paul II. Messe très recueillie, mais aussi décontractée, et chantée en arabe, durant laquelle 1400 enfants ont fait leur première communion, visiblement réjouis, avec des sourires jusqu’aux oreilles, par la circonstance de la présence du Successeur de Pierre. Ils pourront un jour le raconter à leurs propres enfants lorsqu’eux aussi s’approcheront de ce sacrement.

Le Pape dans son homélie nous a offert une longue réflexion sur l’Esprit Saint, et son action dans le Christ et en nous. L’Esprit saint prépare, il oint, il envoie, nous a-t-il dit.

La paix est un don qu'on reçoit

La mission de l’Esprit Saint est de générer l’harmonie, et de faire la paix dans les différents contextes et entre des sujets divers. Il nous faut donc lui demander de préparer la route de la paix et de l’unité. Le Pape ajoutait qu’avec l’onction de l’Esprit, notre humanité est marquée de la sainteté de Jésus Christ et cette onction nous rend capables d’aimer nos frères. Il est donc nécessaire de poser des gestes d’humilité, de fraternité, de pardon, de réconciliation : les prémices et la condition pour une paix vraie, solide et durable.
Et comme l’Esprit aussi envoie, nous sommes envoyés comme messagers de paix. Or, la Paix, rappelle François, n’est pas un bien qu’on achète. « La paix ne peut s’acheter : elle est un don à recevoir avec patience et à construire 'de manière artisanale' par des petits et des grands gestes qui impliquent notre vie quotidienne. Le chemin de la paix se consolide si nous reconnaissons que nous avons tous le même sang et faisons partie du genre humain ; si nous n’oublions pas que nous avons un unique Père céleste et que nous sommes tous ses enfants, faits à son image et à sa ressemblance. »

Message pour les réfugiés chrétiens

Le Pape s’est adressé alors de manière particulière aux nombreux réfugiés chrétiens provenant de la Palestine, de la Syrie et de l’Irak : portez à vos familles et à vos communautés mon salut et ma proximité, leur a-t-il dit. Rappelons que la Jordanie a dû faire face à un flux énorme de réfugiés venus de Syrie pour échapper à la guerre. Des centaines de milliers de familles, venues s’ajouter à d’autres populations réfugiées, palestinienne et irakienne, arrivées avec d’autres vagues d’émigration.

C’est ainsi que le Pape en quittant le stade, lors d’un long tour de piste, a pris les mains qui se tendaient, a répondu aux attentes inscrites sur les visages. On sait combien son charisme aide les gens dans leur quotidien. Et pour tous ces chrétiens du Proche-Orient, il peut s’avérer parfois comme on le sait dramatique et brutal.

À la fin de la messe, le patriarche latin de Jérusalem, S.B. Fouad Twal s’est adressé au Pape, rappelant la situation des chrétiens en Jordanie, soulignant combien sa visite était un signe d’espérance pour une terre tourmentée et divisée, comparant François au nouveau St Jean-Baptiste, patron de la Jordanie, le Précurseur qui appelle à la conversion du cœur avant la venue du Messie. Le Patriarche a également profité de ce discours pour demander au Pape la canonisation de Sœur Marie-Alphonsine, palestinienne, fondatrice de la congrégation des Sœurs du Rosaire, unique congrégation autochtone de Terre Sainte.
Le Pape a ensuite quitté Amman pour sa prochaine étape : Béthanie au delà du Jourdain, le site du baptême du Christ, où il a rencontré des réfugiés syriens ainsi que de jeunes handicapés.

Source: News.va

Crédit photo: AP/Raad Adayleh

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