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Mardi 7 Octobre 2014 à 12:21
Intervention d'un évêque pendant l'Assemblée synodale

Trente-deux pères du Synode ont pris la parole mardi matin, dans un foisonnement d’interventions, certaines critiques, d’autres consensuelles, certaines académiques, d’autres pastorales, dans un climat de grande liberté, entretenu par la présence constante et le style du pape François. Un climat qui a permis à des participants venus de pays en conflit ou marqués par la pauvreté et la violence, de décrire leur situation ; qui a également permis à certains d’exprimer sans détour leurs convictions profondes ou leurs inquiétudes quant à l’issue possible de cet important synode.

Un portrait aussi varié que complexe

Dans la longue succession des interventions convergentes ou divergentes, diverses et variées, selon les contextes et les sensibilités, des voix secouent l’assemblée, comme lorsqu’un évêque venu de loin prononce un acte d’accusation contre le clergé en affirmant que ce n’est pas dans la société mais à l’intérieur même de l’Église qu’il faut chercher les causes de la désaffection des fidèles ; ou quand un autre père synodal venu d’encore plus loin soutient que la doctrine de l’Église sur le mariage et la famille est un fardeau trop lourd à porter ; ou encore lorsqu’un évêque africain rappelle que le problème, dans son pays, ce ne sont pas les divorcés remariés, mais les polygames qui veulent se convertir.

Plus près du centre de l’Église universelle, des approches différentes se dégagent entre ceux pour qui la vérité doit être proclamée sans compromis, dans un monde en perte de repères, et tant pis si les mariages religieux baissent, et ceux pour qui la tension entre l’idéal et le réel oblige l’Église à revoir son langage trop désincarné ainsi que ses méthodes pastorales. Entre ceux qui privilégient la prévention par une meilleure formation en amont et ceux qui pensent que l’Église doit surtout guérir avec miséricorde.

Rechercher l’authenticité de la foi chrétienne

Les attitudes se diversifient également en ce qui concerne les déclarations de nullité : si la majorité souhaite un assouplissement des procédures, certains relèvent que la plupart des annulations ne sont que des divorces camouflés. Un cardinal proche du pape François a invité les évêques à ne pas se prendre pour des psychiatres chargés d’aider les couples à surmonter leurs échecs conjugaux. Les gens nous suivront si nous leur disons la vérité, a-t-il lancé, ils nous abandonneront si nous nous efforçons de nous montrer complaisants. Un autre a averti que l’Église qui est déjà un hôpital de campagne, risque de ressembler « à une morgue où se multiplieront les autopsies des mariages défunts ». La vraie question n’est pas de savoir si nous devons ou pas nous montrer miséricordieux, si nous devons ou pas donner la communion. Le cœur du problème, c’est l’authenticité de la foi chrétienne.

Radio Vatican / Romilda Ferrauto

Crédit photo: L'Osservatore Romano

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Lundi 6 Octobre 2014 à 12:11
Début de l'Assemblée synodale

En ouvrant le Synode extraordinaire sur la pastorale de la famille dans le contexte de l'évangélisation, le Pape a indiqué les deux comportements qui permettront à l’Assemblée d’être un succès : parler avec liberté et franchise et écouter avec humilité. François a également demandé à tous de faire entendre la voix des Églises locales dans la salle du Synode.

François a surpris tout le monde ce lundi matin en arrivant 30 minutes avant l'heure officielle de début des travaux. Face aux 181 pères synodaux, le Pape a affirmé que c’était « une grande responsabilité de porter les problématiques des Églises locales pour les aider à cheminer sur la voie de l’Évangile de la famille »  et a posé une condition de base pour fonctionne ce Synode : il faut parler clairement. « Que personne ne dise "cela ou ceci ne peut se dire". Il faut dire, poursuit le Pape, tout ce qu’on ressent avec parresia (le fait de parler librement et franchement) ».

« Après le dernier Consistoire (en février 2014), lors duquel nous avons parlé de la famille, raconte le Pape, un cardinal m’a écrit en disant "dommage que certains cardinaux n’aient pas eu le courage de dire certaines choses par respect pour le Pape, par peur que peut-être le Pape pense différemment". Cela ne va pas », a affirmé le Pape ce lundi matin à l’ouverture du Synode.

« Il faut dire tout ce que l’on ressent, et en même temps, il faut écouter et accueillir avec un cœur ouvert ce que disent les frères. Avec ces deux comportements s’exerce la synodalité. Je vous demande cela : de parler avec parresia et d’écouter avec humilité. Et de le vivre en paix parce que le synode se vit "cum Petro et sub Petro" et que la présence du Pape est une garantie pour tous et une protection pour la foi. [...] Collaborons pour que s’affirme avec clarté la dynamique synodale », a conclu François.

À 10 h 30, le Pape a pris part avec beaucoup de naturel à la première pause café du Synode.

 

Radio Vatican

Crédit photo: News.va

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Vendredi 3 Octobre 2014 à 12:16
Pape François avec une famille pendant l'audience générale

C’est dans deux jours que sera donné le coup d’envoi du premier des deux synodes sur la famille, convoqués par le pape François. Un synode extraordinaire sur le thème : les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation, qui rassemblera 253 participants dont 13 couples, 38 auditeurs et auditrices, 8 délégués fraternels, les présidents des 114 conférences épiscopales du monde entier, les chefs des 13 Églises catholiques orientales, les responsables de tous les dicastères de la Curie romaine.

L’assemblée, qui sera inaugurée dimanche par une concélébration solennelle présidée par le Pape, durera deux semaines et s’achèvera par la publication d’un Message au peuple de Dieu et d’un document final qui sera remis au Pape et qui servira de base pour la préparation du deuxième synode sur la famille qui aura lieu dans un an. La première étape a été présentée ce vendredi matin dans la salle de presse du Saint-Siège par le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode des évêques.

Baldisseri : la famille a changé et l’Église doit tenir compte de la réalité

Un Synode urgent, bref ; le début d’un parcours qui s’achèvera dans un an. C’est dire l’enjeu de l’assemblée qui s’ouvre dimanche. Une assemblée qui a été précédée d’un questionnaire adressé pour la première fois dans l’histoire des synodes à l’ensemble du Peuple de Dieu. Le Saint-Père a voulu que tous les fidèles soient consultés sur des questions aussi sensibles. Car il faut agir vite. La famille aujourd’hui n’est pas la même qu’il y a trente ans, a expliqué le cardinal Baldisseri devant la presse. Or, l’Église ne peut pas rester figée dans le temps et ne pas tenir compte de la réalité. La religion chrétienne n’est pas une idéologie, insiste le secrétaire général du Synode, elle vit dans l’Histoire ; elle peut et doit donc évoluer. Au cours de ce synode, les participants seront invités à s’exprimer librement, clairement, avec franchise et courage. L’objectif est de chercher ensemble la vérité.

« Les jeux sont encore loin d’être faits »

Le cardinal Baldisseri regrette que les commentaires des médias aient été jusqu’ici phagocytés par la question ultra-sensible des divorcés-remariés, alors que le document de travail fait état de multiples défis : pauvreté, polygamie, agressions sexuelles, violence, unions libres, contraception… Sur quelques dossiers, les attentes sont nombreuses, les prises de parole multiples et parfois divergentes. Les esprits s’échauffent. Le secrétaire général du Synode invite à ne pas tirer des conclusions hâtives alors que les jeux sont encore loin d’être faits. Il ne faudrait pas, souligne-t-il, que l’effervescence et la confusion finissent par détourner les débats. Ceux qui se sont exprimés ces jours derniers étaient libres de le faire, mais leurs prises de position n’engagent qu’eux et ne constituent que des contributions parmi tant d’autres.

Le cardinal Baldisseri  reconnaît que ce synode portera la marque du pape François, du vent nouveau qui souffle sur l’Église. Mais s’il est sans nul doute à l’écoute des laïcs, ce synode, rénové dans sa méthodologie, reste et restera une assemblée d’évêques. Les sessions seront thématiques et c’est nouveau. Chaque session sera ouverte par le témoignage d’un couple, treize en tout, venus de plusieurs régions du monde. Le Saint-Père assistera aux débats.

Le Synode sera soutenu par la prière. Pendant toute la durée de cette assemblée extraordinaire, des temps de prière seront organisés en la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome. Tous les soirs à dix-huit heures, une messe pour la famille sera célébrée, en présence des reliques des bienheureux époux Zélie et Louis Martin et de leur fille sainte Thérèse de Lisieux.

 

 

Radio Vatican / Romilda Ferrauto

Crédit photo: L'Osservatorio Romano

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Vendredi 19 Septembre 2014 à 12:19
Affiche de la rencontre internationale « le projet pastoral d’Evangelii Gaudium »

« Soyez des signes de la bonté, de la miséricorde de Dieu », dans un monde traversé par la souffrance, la pauvreté et la solitude : c’est en substance le message du Pape aux quelque 2 000 participants à la rencontre internationale portant sur « le projet pastoral d’Evangelii Gaudium », l’exhortation apostolique de François, parue fin 2013. Un texte présenté par le Pape lui-même comme le programme de son pontificat, et qui, selon les organisateurs de cette rencontre, invite à une conversion pastorale et missionnaire.

Aux 2 000 personnes réunis Salle Paul VI au Vatican – parmi lesquels de nombreux évêques, prêtres, catéchistes, des religieux, agents pastoraux, membres d’associations et de mouvements d’Église –, le Pape a tenu à rappeler l’essence de la mission évangélisatrice de l’Église, et ce qu’elle exige de chaque missionnaire.

De combien de solitude et de pauvreté sommes-nous les témoins ? Combien de personnes, perdues dans les périphéries existentielles de notre temps, voyons-nous désemparées et abattues ? Comment faire pour les rejoindre ? Comment partager avec elles l’expérience de la Foi, de l’amour du Christ ? L’Église doit percevoir ces signes des temps, et y répondre. Et, pour le Pape, c’est maintenant le temps de l’engagement concret, car les personnes souffrantes demandent à l’Église d’être proches d’eux, d’être signe d’espérance et de l’amour de Dieu… Et cet engagement incombe à tous, à l’évêque dans son diocèse, au curé de paroisse, aux catéchistes…

Les exigences pastorales sont telles que nous courons le risque de nous effrayer, de nous replier derrière la tentation du cléricalisme, de la suffisance, prévient le Pape. Pire encore, de vouloir codifier la Foi en un ensemble de règles et de prescriptions, comme les pharisiens, au temps de Jésus… « Nous aurons alors tout clarifié, observe le Pape, mais le peuple de Dieu continuera à avoir faim et soif de Dieu ».

Attention également à ne pas se perdre dans l’activisme… Attention de réduire la pastorale à un ensemble d’initiatives et de perdre de vue l’essence même de l’Évangélisation… Une pastorale sans prière et sans contemplation ne pourra jamais rejoindre le cœur des personnes, affirme encore François… Et de donner un ultime conseil aux agents pastoraux : ayez patience et persévérance ! Nous n’avons pas de baguette magique, mais nous avons la confiance du Seigneur qui nous accompagne. Faisons le Bien, semons et témoignons… Voilà, selon le Pape, le début de l’évangélisation qui touche et transforme les cœurs.

 

Source: Radio Vatican

Crédit photo: www.novaevangelizatio.va

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