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Vendredi 15 Août 2014 à 15:15
François rencontre les jeunes asiatiques en Corée

Ce fut une rencontre riche en émotions : celle du pape François avec les 6000 jeunes venus de toute l’Asie pour participer à ces Journées asiatiques de la jeunesse, au sanctuaire de Solmoe… Après s’être recueilli en prière devant la maison reconstruite du premier prêtre coréen, saint André Kim Dae-jeong, martyrisé en 1846, le pape a rejoint la grande tente blanche où l’attendaient avec impatience tous les jeunes.

Chants et danses traditionnels de la jeunesse d’un continent varié mais uni par une même foi ; recueillement dans un sanctuaire symbole du martyr des premiers chrétiens en Corée. Ce sont les deux images que tout oppose qui marquent la visite du pape François au sanctuaire de Solmoe. Le souvenir d’un passé douloureux auquel puise une jeunesse porteuse d’espoir pour l’avenir. Et un pape surprenant qui improvise en anglais et n’hésite pas à s’adresser spontanément aux jeunes. C’est ce que l’on peut retenir de cette rencontre forte en émotion.

À son arrivée, le Pape s’est recueilli quelques instants en silence, portant avec lui sa désormais célèbre mallette de cuir noir, devant la maison reconstruite de saint André Kim Dae-jeong, le premier prêtre coréen, martyrisé au nom de sa foi en 1846. Il a ensuite béni trente mille chapelets disposés à côté de la maison avant de se diriger en papamobile sous la tente où l’attendaient six mille jeunes venus de toute l’Asie pour participer aux Journées asiatiques de la jeunesse organisées dans le diocèse de Daejeon. 

C’est dans une ambiance surchauffée que le Pape, qui arborait le ruban jaune des victimes du Se-Wol, a fait son entrée au son d’une chanson composée en son honneur. Chaleureusement accueilli par tous les jeunes, le Pape a assisté à une représentation de danse indonésienne avant le témoignage de trois jeunes venus du Cambodge, de Hong Kong et de Corée du Sud. Ils ont pu parler de leur foi, de la manière dont ils la vivent et ont posé plusieurs questions au Pape, attentif à prendre des notes.

Visiblement heureux de l’enthousiasme et de la chaleur de cette jeunesse d’Asie qu’il souhaitait rencontrer, François a ensuite pris la parole pour leur rappeler l’espoir qu’ils représentent pour l’avenir et pour leur donner trois grands conseils pour être « d’authentiques et joyeux témoins de l’Évangile ».

Cette jeunesse est ce que l'Église est appelée à être

Le pape François a vu dans cette jeunesse « quelque chose de ce que l’Église, elle-même, est appelée à être dans l’éternel projet de Dieu ». Ces jeunes, a rappelé le Pape, veulent « aider à construire un monde où nous vivrons tous ensemble dans la paix et dans l’amitié, dépassant les barrières, réparant les divisions, rejetant la violence et les préjugés ». Ce qui correspond parfaitement au dessein de Dieu : « l’Église est appelée à être semence d’unité pour la famille humaine tout entière. Dans le Christ, toutes les nations et tous les peuples sont appelés à une unité qui ne détruit pas la diversité mais qui la reconnaît, la réconcilie et l’enrichit. »

Si le Pape a décrit une vision si angélique, c’est pour mieux rappeler la dure réalité, et confier ses préoccupations et notamment « l’inégalité croissante dans nos sociétés entre riches et pauvres ». Le Pape a dénoncé une nouvelle fois, après l’avoir fait avec les évêques coréens et lors de la messe de l’Assomption, « les signes de l’idolâtrie de la richesse, du pouvoir et du plaisir qui s’obtiennent à un prix très élevé dans la vie des hommes ». Et d’évoquer, comme il l’avait fait un peu plus tôt dans la journée dans le stade de Daejeon, le sort de ces jeunes, qui, « même s’ils vivent dans un monde d’une grande prospérité matérielle, souffrent de pauvreté spirituelle, de solitude et de désespoir silencieux. »

Et de constater que « Dieu semble absent du tableau. C’est presque comme si un désert spirituel commençait à s’étendre de par notre monde. Cela affecte les jeunes aussi, leur volant l’espérance et même, dans trop de cas, la vie elle-même ».

C’est là que les jeunes ont un rôle essentiel à jouer, car « l’Esprit de Jésus peut apporter une vie nouvelle à chaque cœur humain et peut transformer chaque situation, même apparemment les plus désespérées [d'entre-elles]. » Le Pape a donc appelé les jeunes réunis à Solmoe à se faire missionnaires, « à témoigner de l’Évangile de l’espérance », « à l’école, dans les lieux de travail, dans les familles, à l’université et dans les communautés ».

Le Pape improvise en anglais

Puis le Pape a abandonné son texte lu en anglais pour répondre d’abord en anglais, puis en italien, reconnaissant avec le sourire « qu’il avait un pauvre anglais ». Il n’a pas hésité, mélangeant anglais et italien, à affronter les questions difficiles que lui avaient posées les jeunes auparavant. Répondant à Smey, une jeune Cambodgienne, sur sa vocation, il lui a conseillé de suivre la route que Dieu a choisi pour elle et non de choisir entre une vie consacrée et une vie passée au sein de sa communauté villageoise. Il lui a également assuré qu’il se chargerait, à son retour à Rome, de lancer des recherches sur des dossiers de canonisation de son pays, qui ne compte pas encore de bienheureux et de saints reconnus par l’Église.

Le Pape a ensuite demandé aux jeunes de prier pour leurs « frères du Nord », ceux de Corée du Nord, car « nous sommes une seule famille ». Il répondait ainsi à Marina, une jeune Sud-Coréenne qui se demandait que pouvaient faire les jeunes catholiques coréens pour la Corée du Nord alors que les deux peuples ont passé soixante ans dans la haine réciproque. La prière reste ainsi la meilleure arme pour réconcilier les deux peuples frères. « Vous parlez la même langue, pensez à vos frères du Nord, et quand en famille on parle la même langue il y a aussi une espérance humaine ».  

Revenant ensuite à son texte, le Pape a voulu donner aux jeunes trois suggestions pour être « d’authentiques et joyeux témoins de l’Évangile ». Tout d’abord ne jamais perdre l’espérance dans la vérité de la parole de Dieu et le pouvoir de sa grâce. Ensuite, prier quotidiennement et puiser joie et force dans l’Eucharistie, tout en prenant une « part active et généreuse à la vie de vos paroisses », sans oublier de s’engager à travailler dans les œuvres de charité. Enfin se laisser guider par « la sagesse de la parole du Christ et par le pouvoir de sa vérité ».

Source: Radio Vatican

Crédit photo: AP/Ahn Young-joon, Pool

 

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Vendredi 15 Août 2014 à 12:28
François célèbre la messe à Séoul

À son arrivée à Séoul, le pape François n’avait pu mesurer l’enthousiasme et la joie des Coréens, heureux de l’accueillir. C’est chose faite depuis qu’il est arrivé à Daejon pour y célébrer la messe de l’Assomption dans le stade de football de la ville. L’ambiance à l’arrivée du Pape dans une papamobile « made in Korea », a été digne de celle d’un stade tant le bonheur des fidèles garnissant les tribunes et la pelouse était démonstratif.

Chauffés pendant trois quarts d’heure par la chanteuse pop In Sooni et la chanteuse d’opéra Jo Su-Mi, toutes deux très populaires en Corée, les cinquante mille personnes présentes ont crié « Viva il Papa », agitant des mouchoirs aux couleurs du Vatican, portant tous une visière blanche sur le front, pendant de longues minutes tandis que le Pape faisait le tour de la pelouse. Le calme et le recueillement sont vite revenus en attendant le retour du Pape de la sacristie.

 

En ce 15 août le Pape a célébré la première messe publique de son voyage apostolique. Dans son homélie, il a appelé les « chrétiens de cette nation » à « être une force généreuse de renouveau spirituel en chaque milieu de la société ».

Jeudi, en rencontrant les évêques coréens, le Pape avait déjà mis en garde contre le risque de se perdre dans une société sécularisée et matérialiste. L’avertissement lancé à l’épiscopat, François l’a renouvelé aux fidèles, les invitant à combattre « l’attrait du matérialisme qui étouffe les authentiques valeurs spirituelles et culturelles, ainsi que l’esprit de compétition débridée qui génère égoïsme et conflits. » Revenant sur un thème qui lui est cher et qui est universel, le Pape a également souhaité que les Coréens « rejettent les modèles économiques inhumains qui créent de nouvelles formes de pauvreté et marginalisent les travailleurs, ainsi que la culture de la mort qui dévalue l’image de Dieu, le Dieu de la vie, et viole la dignité de chaque homme, femme et enfant. »

 

La solitude des sociétés modernes

Dans un pays champion de la mondialisation, dont les produits sont connus de la plupart de tous en Occident comme en Orient, le Pape n’a pas hésité à pointer du doigt un système capitaliste coupable d’excès. Il n’a pas non plus hésité à défendre la valeur de la vie. Mais cette dénonciation, pour ne pas rester lettre morte, « demande pour chacun la nécessité d’une conversion renouvelée à la parole de Dieu et une vive sollicitude pour les pauvres, ceux qui sont dans le besoin et les personnes vulnérables au milieu de nous ».

C’est là tout le sens de la liberté que Dieu nous a donnée, « la vraie liberté qui se trouve dans notre accueil amoureux de la volonté du Père. De Marie, pleine de grâce, nous apprenons que la liberté chrétienne est quelque chose de plus que la simple libération du péché. C’est la liberté qui ouvre à une nouvelle façon spirituelle de considérer les réalités terrestres, la liberté d’aimer Dieu ainsi que nos frères et sœurs d’un cœur pur, et de vivre dans la joyeuse espérance de la venue du Règne du Christ. »

L’espérance, elle est indispensable dans nos sociétés développées. « Elle est l’antidote à l’esprit de désespoir qui semble croître, tel un cancer dans la société qui extérieurement est nantie mais qui souvent fait l’expérience de la tristesse intérieure et du vide. » Et le pape François de penser tout particulièrement aux jeunes, surtout dans un pays où la pression sociale sur les enfants et les adolescents est forte. « À combien de nos jeunes ce désespoir a fait payer son tribut ! Puissent-ils n’être jamais privés de leur espérance ».

 

La tragédie du Se-Wol

Environ une trentaine de membres des familles des victimes du naufrage du Se-Wol, ce transbordeur qui sombra au large de l’île de Jindo le 16 avril dernier, ont assisté à la messe. Une dizaine d’entre eux ont rencontré le Pape avant la messe. François a pu leur exprimer sa proximité et leur apporter sa consolation. L'un d'eux a demandé à être baptisé par le Pape qui a accepté et qui le fera samedi matin à la nonciature. Le Pape est revenu sur ce qui constitue un vrai drame national dans son message lu en anglais lors de l’angélus, à l’issue de la messe. « Nous lui confions spécialement tous ceux qui ont perdu la vie dans le naufrage du transbordeur Se-Wol, ainsi que ceux qui continuent d’être affectés par ce grand désastre national. Que ce tragique événement qui a rassemblé tous les Coréens dans le chagrin confirme leur engagement à œuvrer ensemble dans la solidarité pour le bien commun. » Le Pape a également une parole pour « ceux d’entre nous qui souffrent, en particulier les malades, les pauvres et ceux qui sont privés d’un travail digne », confirmant sa préoccupation pour les périphéries de nos sociétés.

Les dernières paroles du Pape dans cet angélus furent pour la Corée qui célèbre en ce 15 août sa libération des Japonais. « Nous demandons à Notre-Dame de veiller sur cette noble nation et sur ces citoyens. Et nous recommandons à sa protection tous les jeunes qui nous ont rejoints venant de toute l’Asie.  Puissent-ils être de joyeux hérauts de l’aube d’un monde de paix, selon le plan bienveillant de Dieu ! »

 

 

Source: Radio Vatican

Crédit photo: Reuters

Vidéo : KTO TV

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Jeudi 14 Août 2014 à 12:17
François s'adresse aux évêques coréens.

Après s’être adressé aux autorités coréennes, dont la présidente Park Geun-hye, le pape François a rencontré les évêques coréens au siège de la conférence épiscopale du pays à Séoul. Ce fut l’occasion pour le Pape de s’entretenir avec une des Églises les plus dynamiques en Asie et dans le monde. Dans son discours, François a salué évidemment cette « vitalité » mais n’a pas hésité à mettre en garde l’épiscopat face à la « mondanité spirituelle et pastorale qui étouffe l’esprit, remplace la conversion par la complaisance et finit par dissiper toute ferveur missionnaire ». Le Pape, qui s’est présenté comme « frère dans l’épiscopat », a donc voulu lancer un avertissement bienveillant à une Église qui doit se prémunir d’un trop grand succès. Il a livré une réflexion sur « deux aspects centraux de la garde du peuple de Dieu en ce pays : être gardiens de la mémoire et gardiens de l’espérance ».

Venu en Corée du Sud pour béatifier 124 martyrs qui ont donné leur vie pour vivre leur foi, le pape François ne pouvait manquer de saluer un épiscopat qui est l’héritier « d’une impressionnante tradition qui a commencé et a largement grandi, grâce à la fidélité, à la persévérance et au travail de générations de laïcs ». Ce travail a porté ses fruits et maintenant, « l’Église en Corée est estimée pour son rôle dans la vie spirituelle et culturelle de la nation et pour sa forte impulsion missionnaire. De terre de mission, la Corée est devenue désormais une terre de missionnaires. »

Ce rôle salué par le Pape n’est pas cependant pas l’alpha et l’oméga. « La vie et la mission de l’Église en Corée ne se mesurent pas, en dernier ressort, en termes extérieurs, quantitatifs et institutionnels ; elles doivent être jugées à la claire lumière de l’Évangile et de son appel à une conversion à la personne de Jésus Christ. » Critique en creux d’une Église qui ne doit pas perdre de vue la dimension spirituelle de sa mission. Critique également d’une Église qui ne doit pas s’endormir sur ses lauriers et se fonder uniquement sur le souvenir de ses martyrs. « Regarder vers le passé sans écouter l’appel de Dieu à la conversion dans le présent ne nous aidera pas à poursuivre le chemin ; au contraire, cela nous freinera et même arrêtera notre progrès spirituel. »

Second thème de ce discours aux évêques coréens : les gardiens de l’espérance. Dans un pays perçu comme un des plus avancés technologiquement, les évêques doivent aider la société à « chercher quelque chose de plus grand, d’authentique et d’épanouissant ». L’épiscopat garde vivant cette « flamme de la sainteté, de la charité fraternelle et du zèle missionnaire dans la communion ecclésiale ». Dans cette optique, les évêques doivent rester proches de leurs prêtres.

Thème cher au cœur du pape François, l’Église missionnaire, « une Église constamment en sortie vers le monde, et spécialement vers les périphéries de la société contemporaine. » Le Pape conseille donc aux évêques de garder « une sollicitude particulière » envers les enfants et les plus âgés. Et d’insister concernant l’éducation des jeunes, « en soutenant dans leur mission indispensable non seulement les universités mais aussi les écoles catholiques de tout niveau, en commençant par les écoles élémentaires où les jeunes esprits et les cœurs sont formés à l’amour de Dieu et de son Église, au bien, au vrai et au beau, à être de bons chrétiens et d’honnêtes citoyens ». Autre cible qui doit être privilégiée : les réfugiés et les migrants ainsi que les personnes qui vivent aux marges de la société.

Mais là aussi, si l’Église coréenne est unanimement saluée pour son action sociale, le risque est grand, selon le Pape, de « réduire notre engagement au service des nécessiteux à sa seule dimension d’assistance, oubliant le besoin de chaque individu de croître comme personne et de pouvoir exprimer d’une manière digne sa personnalité, sa créativité et sa culture. » « L’idéal apostolique d’une Église de pauvres pour les pauvres trouve une éloquente expression dans les premières communautés chrétiennes de votre nation », rappelle le Pape. Et cet idéal, si cher au Pape, doit continuer de « façonner le chemin de l’Église en Corée dans son pèlerinage vers l’avenir. »

La critique la plus dure vient à la fin de ce discours. Le Pape François reconnaît que l’Église en Corée « vit et agit dans une société prospère, mais toujours plus sécularisée et matérialiste. » Mais « en de telles circonstances, les agents pastoraux sont tentés d’adopter non seulement des modèles efficaces de gestion, de programmation et d’organisation issus du monde des affaires, mais aussi un style de vie et une mentalité guidés plus par des critères mondains de succès, voire de pouvoir, que par les critères énoncés par Jésus dans l’Évangile. » D’où cette exhortation adressée à tous les évêques : « puissions-nous être sauvés de cette mondanité spirituelle et pastorale, qui étouffe l’esprit, remplace la conversion par la complaisance, et finit par dissiper toute ferveur missionnaire. »

Le Pape n’a pas hésité à se montrer sévère avec l’épiscopat coréen. S’il lui reconnaît tous les mérites dont la société le pare, il lui a rappelé l’essence même de sa mission née du sang des martyrs de cette Église, modèle d’organisation.

 

Source: Radio Vatican

Crédit photo: CNA

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Mercredi 13 Août 2014 à 12:13
Visite du Pape François en Corée

L’évangélisation en Asie, la rencontre avec les jeunes du continent, la béatification de 124 martyrs coréens qui constitue un modèle laïque de sainteté et l’invitation au dialogue et à la réconciliation entre les deux Corées divisées. Autant de sujets abordés par le secrétaire d’État du Vatican dans une interview accordée lundi au rédacteur en chef du CTV, le Centre télévisuel vatican, Alessandro Di Bussolo, en collaboration avec L’Osservatore Romano. Le cardinal Pietro Parolin individualise ainsi les principaux thèmes du voyage du pape François en Corée, du 13 au 18 août.

 

Q - “En Asie, il faut y aller, c’est important” a dit le pape François aux journalistes au terme de son voyage au Brésil. 15 ans après la dernière visite de saint Jean-Paul II en Inde, le Pape se rend à présent en Corée.  Qu’est-ce qui rend ce voyage si important ?

R - Je dirais que l’importance de ce voyage est liée essentiellement à trois facteurs : le premier est le fait que le Pape se rend pour la première fois en Extrême-Orient, une région du monde qui gagne une importance toujours plus accrue dans la politique et l’économie mondiale.

Le Pape s’y rend pour s’adresser à tout le continent et pas uniquement à la Corée. Le voyage a évidemment comme destinataires tous les pays du continent, grâce à la célébration de la journée asiatique de la jeunesse qui se déroulera en Corée et à laquelle participeront des représentations de jeunes des pays voisins.

Le troisième aspect est celui qui concerne le futur. La jeunesse représente le futur. Le Pape s’adresse donc au futur de ce continent, au futur de l’Asie.

Q - Le cœur du voyage sera la rencontre du pape François avec les jeunes d’Asie qui, dans une société compétitive, s’éloignent souvent de l’Église pour chercher le succès à l’école. Quel message leur portera le pape François ?

R - Je crois que le message que portera le pape François à ces jeunes est qu’ils doivent devenir les protagonistes de la vie de l’Église. Cela requiert une présence active, une présence participative ainsi qu’une présence faite de collaboration et de coresponsabilité. Comme nous le rappelait saint Jean-Paul II et comme nous le rappelle le pape François, l’Église a besoin des jeunes. Donc, un rôle à l’intérieur de l’Église et un rôle dans la Mission.

La question fondamentale consiste dans le fait que les jeunes doivent devenir des évangélisateurs de leurs camarades. Nous nous situons donc toujours dans la lignée de l’Évangélisation. Outre à l’insistance de ne pas se laisser éblouir par les valeurs éphémères de nos sociétés et de nos usages, le message du Pape portera sur le fait de trouver en Jésus la vraie réponse à nos interrogations et à nos inquiétudes.

Q - Quel témoignage peuvent fournir les martyrs coréens que le pape François béatifiera à Séoul aux jeunes générations de catholiques asiatiques ?

R - Un des motifs pour lesquels le Pape se rend en Corée, c’est la béatification des 124 martyrs coréens. Je crois qu’il faut souligner le fait qu’à l’intérieur de ce groupe, il y a seulement un prêtre alors que tous les autres sont des laïcs qui exerçaient des professions variées et différentes, des professions les plus humbles aux professions les plus hautes dans l’échelle sociale. Cela nous rapporte à une des caractéristiques de l’Église coréenne, c’est-à-dire le fait que c’est une Église née du témoignage et de l’engagement des laïcs qui ont su conserver et transmettre la foi.

Je crois que le message fondamental, c’est que dans l’Église, nous sommes tous appelés à collaborer à la mission d’annoncer l’Évangile et nous sommes tous appelés à la sainteté, une sainteté qui peut se manifester sous diverses formes mais qui doit caractériser l’engagement de chacun.

Q - Le pape François rencontrera les survivants et les parents des victimes du naufrage du Sewol. La pastorale de la tendresse et de la proximité envers ceux qui souffrent peut-elle aussi laisser un signe en Corée ?

R - Oui, certainement. Nous savons que cet évènement dramatique et funeste a suscité de nombreuses douleurs. Il a provoqué de nombreuses blessures et suscité beaucoup de polémiques au sein de la société coréenne. Le Pape veut montrer que la méthode pour adoucir la douleur et chercher à soigner les blessures consiste dans le fait d’être proche des personnes. C’est un signe clair. Cette proximité est la proximité de Jésus envers ceux qui souffrent et doit se traduire par la proximité de l’Église envers tous ceux qui souffrent. C’est également en ce sens que va le geste de charité et d’amour à l’égard des familles des victimes de cette tragédie.

Q - Le Pape finira son voyage en Corée, que les évêques définissent comme « la dernière victime de la guerre froide », par une messe pour la paix et la réconciliation. Ce voyage pourra-t-il ouvrir de nouveaux canaux de dialogues entre les leaders des deux Corées et donner de l’espoir aux catholiques de la Corée du Nord ?

R - Cela a toujours été le grand espoir du Saint-Siège qui s’est concrètement engagé dans cette direction. C’est une constatation plus qu’évidente que la péninsule est encore parcourue par de nombreuses tensions et qu’elle a besoin de paix et de réconciliation.

Je crois que le voyage du Pape aidera à poursuivre cette œuvre de solidarité à l’égard des populations qui se trouvent dans le besoin, dans la nécessité et favoriser, dans la mesure du possible, l’ouverture d’espaces de communication et de dialogue. Je crois et c’est une conviction que le Pape a répété à plusieurs reprises, qu’on peut résoudre ces problèmes qui persistent par la communication et le dialogue et si les deux parties font preuve de bonne volonté.

Source: Radio Vatican

Crédit photo: News.va

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