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Mercredi 22 Octobre 2014 à 16:04
Pape François salue les pères synodaux.

La dernière congrégation générale du premier Synode des évêques sur la famille, convoqué par le pape François, a été consacrée samedi soir au vote de la Relatio Synodi, le texte final de cette assemblée. 183 pères synodaux, ayant droit de vote, étaient présents. Le texte a été voté point par point. La majorité des deux tiers était requise. Trois articles sur 62 ne l’ont pas obtenue. À la demande du Saint-Père, le texte a été rendu public dans son intégralité, accompagné des résultats du vote. Il sera envoyé aux conférences épiscopales du monde entier et servira de « Lineamenta » (document préparatoire) au deuxième Synode sur la famille qui aura lieu en octobre 2015.

La Relatio Sinodi est le fruit du remaniement du rapport d’étape présenté le 13 octobre, remaniement effectué à partir des 470 amendements présentés par les « circuli minores », les groupes linguistiques au sein desquels avaient été répartis tous les participants au Synode. Certains chapitres ont été entièrement réécrits, d’autres ont été légèrement modifiés. Certains contiennent de nombreux ajouts, d’autres ont été supprimés. Plusieurs articles énoncent une série de propositions sans tirer de conclusion. Ainsi, la partie consacrée aux divorcés remariés présente les différents points de vue qui se sont exprimés et indique que ce dossier doit être ultérieurement approfondi en prenant soin de faire la distinction entre les différentes situations. Le chapitre consacré aux personnes homosexuelles a été largement remanié. Dans un autre chapitre, l’expression « gradualité dans l’histoire du salut » a été remplacée par « pédagogie divine dans l’histoire du salut ».  Le titre « aspects positifs dans les unions civiles et les concubinages » devient « soin pastoral de ceux qui sont mariés civilement ou en concubinage ».

La présence des « Semina Verbi » dans les cultures (cf Ad Gentes, 11) pourrait être appliquée, d’une certaine manière, aux réalités familiales des personnes non chrétiennes. Le nouveau texte reconnaît la présence d’éléments valables en dehors du mariage chrétien, à condition que ces formes soient fondées sur une relation stable et authentique entre un homme et une femme et orientées vers le mariage chrétien. Le chapitre sur les familles blessées traite aussi, dans le nouveau texte, des familles monoparentales. Un chapitre consacré à la famille dans les documents de l’Église a été ajouté. Le nouveau texte tient à remercier les familles chrétiennes qui répondent avec une fidélité généreuse à leur vocation et mission. Il insiste sur l’importance du pardon et interpelle les États quant à leur responsabilité à l’égard des familles.

Prenant la parole à la fin des travaux, le pape François a souligné que ce texte était la synthèse fidèle et claire des débats en assemblée plénière et au sein des carrefours linguistiques. Le Souverain Pontife réaffirme qu’il n’a jamais été question de remettre en cause les vérités fondamentales sur le sacrement du Mariage : l’indissolubilité, l’unité, la fidélité et l’ouverture à la vie. Mais l’Église ne regarde pas l’Humanité de l’intérieur d’un château de verre pour juger les personnes. Ses portes sont grandes ouvertes pour les nécessiteux et les repentis et pas seulement pour les justes et pour ceux qui se croient parfaits. Le pape François souhaite que l’année qui nous sépare du prochain synode favorise un vrai discernement spirituel des idées proposées pour que soient trouvées des solutions concrètes aux difficultés et aux innombrables défis auxquels les familles sont confrontées.

 

 

 

Radio Vatican / Romilda Ferrauto

Crédit photo: News.va

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Jeudi 16 Octobre 2014 à 16:01
Le pape François présent au Synode de la famille.

La douzième Congrégation générale, qui s'est tenue ce matin en présence du Saint-Père, a vu la présentation des rapports des dix Circuli minores: trois en anglais, deux en espagnol, deux en français, trois en italien. Ces textes proposent une évaluation de la Relatio post disceptationem (RDP), document provisoire de mi-parcours synodal, ainsi que propositions pour la Relatio synodi (RS) document final définitif. Bien qu'elle ait été légitime, on a mis en doute l'opportunité de publier la RDP car ce document de travail ne présente pas l'opinion partagée par les pères synodaux. Saluant les efforts déployés comme le contenu de ce texte, les groupes linguistiques ont exposé leurs suggestions.

On a d'abord souligné que la RDP regroupait les préoccupations des familles en crise, sans toucher plus largement au message de l'Évangile de la famille, au fait que le mariage est un sacrement d'union indissoluble entre un homme et une femme, et que de très nombreux couples y croient toujours. C'est pourquoi la RS devra contenir un fort encouragement et soutien de l'Église à l'institution familiale. Dans ce sens il est essentiel de mieux exposer la doctrine du mariage comme don de Dieu.

On a suggéré d'inclure dans la RS des éléments qui ne figurent pas dans la RDP comme l'adoption, pour lesquelles il faut simplifier les procédures, ou la biotechnologie, comme la diffusion de la culture sur le Web pour aider la vie de la famille, ainsi qu'une note sur l'importance de politiques en faveur de la famille. Il convient aussi d'être plus attentif à la présence des personnes âgées au sein de la famille, aux familles prolongées dans la pauvreté extrême, à la question prostitution, à celle des mutilations génitales féminines, l'exploitation sexuelle des enfants et le travail infantile. Insister sur son rôle de transmission de la foi et d'évangélisation permettra de souligner aussi la vocation missionnaire de la famille, tout en exprimant de manière globale et équilibrée ce qu'est la famille chrétienne.

Quant aux situations difficiles, les Circuli ont rappelé que l'Église doit être un espace de compréhension pour tous, de manière à ce que personne ne se sente exclu. Pour éviter toute confusion, des approximations comme des euphémismes, il faut être très clair sur la loi de « gradualité » qui ne doit pas devenir « gradualité » de la loi. Certains se sont dit perplexes du rapprochement fait avec le paragraphe 8 de Lumen Gentium, car il risque de faire croire à une volonté de l'Église de légitime les situations familiales irrégulières, même si celles-ci peuvent être une étape vers le sacrement matrimonial. D'autres ont exprimé le vœu d'approfondir le concept de communion spirituelle, en vue de le préciser et de le diffuser.

Pour ce qui est de l'accès des divorcés remariés à la communion, on souhaite que la doctrine demeure ce qu'elle est tout en envisageant des exceptions dans une perspective de compassion et de miséricorde. Ceci, à des conditions précises. Il faudrait soumettre la question à une commission interdisciplinaire. Il faudrait également être plus attentif aux divorcés non remariés, qui sont souvent des témoins héroïques de la fidélité conjugale. Les procédures de reconnaissance de la nullité ou de la validité doivent être accélérées. Et il faut que les enfants soient considérés non comme une charge mais comme un don de Dieu, fruits de l'amour conjugal.

On a recommandé une meilleure orientation christocentrique du mariage, et un plus solide rapprochement entre sacrement du baptême et sacrement du mariage, car pour inviter l'Homme à la conversion il faut que la vision du monde passe par l'Évangile. Sans qu'on puisse définir mariage l'union homosexuelle, les personnes impliquées doivent être suivis pastoralement et leur dignité respectée. Il ne doit pas être question d'une approbation de l'Église à leur mode de vie. Quant à la polygamie et en particulier dans le cas de convertis désirant recevoir les sacrements, il convient de conduire une étude approfondie.

Les Circuli minores ont enfin conseillé de plus insister sur Marie et la Sainte Famille comme modèles familiaux. La Relatio synodi sera en tout cas le document préparatoire aux assises synodales d'octobre 2015.

 

 

VIS (Vatican Information Service)

Crédit photo: L'Osservatore Romano

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Mardi 14 Octobre 2014 à 15:41
Deuxième semaine du Synode, réunions par groupes linguistiques.

Deuxième semaine du synode des évêques sur la famille au Vatican. Au lendemain de la présentation de la Relatio post disceptationem par le cardinal Péter Erdö, rapporteur général de cette assemblée extraordinaire, les pères synodaux sont réunis par petits groupes linguistiques. Ils réfléchissent aux amendements à apporter à cette synthèse des interventions de la semaine dernière, qui se sont tenues dans un climat de grande liberté.

Ce rapport provisoire a suscité lundi de vives réactions en salle du synode mettant en relief des divergences au sein de l’assemblée, en particulier en ce qui concerne les questions dites sensibles comme la communion des divorcés remariés et l’attitude à l’égard des homosexuels. Suite aux nombreuses réactions et discussions suscitées par la Relatio, le directeur de la salle de presse du Saint-Siège le père Federico Lombardi, a été chargé par le secrétariat du Synode de clarifier un certain nombre de points. Ce qu’il a fait ce mardi dans une déclaration officielle, devant les journalistes. Le nature même du texte publié n'a pas toujours été comprise correctement indique le secrétariat général du synode tout en rappelant qu’il s’agit bien d’un « document de travail » qui est maintenant soumis à la discussion des membres du synode réunis par groupes linguistiques.

Critiques, débats animés, retentissement médiatique

Que restera-t-il du Rapport présenté lundi dans les conclusions du premier des deux synodes sur la famille convoqués par le pape François ? Provisoire par définition, la Relatio post-disceptationem est actuellement passée au crible au sein des carrefours linguistiques, décortiquée point par point. Dès sa présentation, lundi, en congrégation générale, ce texte avait suscité un débat animé et de nombreuses critiques. Ce mardi des participants se désolaient du retentissement médiatique d’un rapport dans lequel ils ne se reconnaissent pas. Si la majorité de ceux qui s’expriment salue la tonalité générale : ouverture, accueil, compassion, ils se disent opposés à un certain nombre de chapitres, notamment en ce qui concerne l’accueil des personnes homosexuelles, les choix pastoraux proposés pour soigner les familles blessées, dont les divorcés remariés, l’application du principe de « gradualité » aux situations irrégulières, la reconnaissance de valeurs positives dans les formes imparfaites qui se trouvent en dehors de la réalité nuptiale. Plusieurs intervenants trouvent, par ailleurs, dangereuses les demandes d’assouplissement des procédures de reconnaissance des cas de nullité de mariage, la suppression de la double sentence, et l’augmentation de la responsabilité des évêques. Ils craignent que les exceptions ne deviennent une pratique courante.

Des paroles fortes ont été prononcées en présence du Pape : certains accusant l’Église de capituler face aux lobbies, aux pressions de l’opinion publique et au politiquement correct ; d’autres mettant en garde contre un texte « imprudent » voire « irresponsable » ; « poétique » mais « naïf » et « ambigu ». Il faut aimer les personnes, mais pas leur erreur, a averti un intervenant. S’il est vrai qu’il est difficile de trier l’ivraie du bon grain, il faut cependant éviter de semer la confusion entre ce qui est bien et ce qui est mal. De ce pas, l’Église va décevoir ses fidèles qui ne lui demandent pas d’imiter le monde, mais d’annoncer l’Évangile de la famille dans une société qui le trouve obsolète. L’Église devrait surtout remercier les familles qui se battent quotidiennement pour vivre leur engagement conjugal. Dans le sillage du pape François, d’autres avertissent au contraire que le monde attend une parole de la part de l’Église et que dans le contexte actuel, il est urgent de mettre au point une pastorale inclusive et d’accompagner les personnes dans leur réalité concrète. Quoi qu’il en soit, le texte présenté lundi semble bien loin de faire l’unanimité et si les procédures synodales sont respectées, il devrait être remanié de fond en comble. Reste à savoir si le Synode saura proposer un renouveau pastoral sans s’aligner sur le monde. Tous, en tous cas, semblent d’accord sur un point : la maison du Père miséricordieux doit rester ouverte.

Radio Vatican

Crédit photo: News.va

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Vendredi 10 Octobre 2014 à 16:29
Un couple australien prend la parole au Synode sur la famille

La première partie du Synode, les interventions en congrégation générale, s’est achevée vendredi soir. En tout 180 pères synodaux ont présenté leur rapport. Une synthèse sera élaborée et lue lundi matin par le cardinal Erdö, rapporteur général.

Vendredi matin 15 auditeurs ont pris la parole, 14 laïcs et/ou couples et un religieux, avant les interventions des délégués fraternels dans la soirée. Les travaux vont se poursuivre au sein de dix carrefours linguistiques, dont deux francophones. Ils auront la lourde tâche de proposer, voire même, selon l’experte libanaise Jocelyne Khouery, « d’inventer » des solutions pastorales aux défis que représente la pastorale des divorcés remariés. Car si les thèmes abordés depuis lundi ont été nombreux et diversifiés en fonction des contextes locaux, c’est cette question, complexe et sensible, celle de l’accès à la communion des divorcés remariés, qui est au cœur de ce synode. C’est sur ce point que cette assemblée est attendue, c’est sur ce point qu’elle sera jugée, les participants en sont conscients.

Préoccupations prioritaires varient selon les continents

Depuis le début, dans la salle du Synode, plusieurs voix africaines se sont élevées pour dénoncer l’importation, voire l’imposition des modèles occidentaux incompatibles avec les cultures locales et la doctrine catholique. Un évêque a indiqué que des sommes colossales étaient dépensées dans les campagnes de « planning familial » et que des contraceptifs étaient distribués jusque dans les villages les plus reculés. Un autre a affirmé que des organisations internationales avaient menacé de suspendre leur aide si les gouvernements locaux refusaient de légaliser les unions entre personnes de même sexe. Santé reproductive, idéologie du genre… nous sommes soumis à une véritable offensive internationale, a lancé une mère de famille. L’Afrique a ses problèmes et ses préoccupations prioritaires qui ne sont pas ceux de l’Occident.

Valeurs de la famille, vérité et miséricorde

Venus de tous les continents, des pères synodaux et des laïcs ont exhorté l’Église à s’engager davantage sur la scène publique pour défendre ses valeurs sur la famille, menacées par certaines législations et par l’ambiguïté des textes des Nations Unies. Une auditrice a regretté que le document de travail du Synode ne contienne qu’une référence timide au dialogue entre l’Église et les États et garde le silence sur l’urgence pour les catholiques de préserver leur liberté de conscience face aux institutions politiques. Les pasteurs doivent parler haut et clair face aux opinions publiques pour défendre la dignité humaine et les droits de la famille. Et alors que la question de l’accès des divorcés remariés aux sacrements revient sans cesse sur la table et monopolise les échanges, alors qu’elle inquiète et divise, une auditrice a interpellé l’assemblée en affirmant qu’il y avait deux types de miséricorde : celle du Bon Pasteur qui soigne et donne la vie et celle du mauvais médecin qui couvre la blessure pour qu’on ne la voie pas ou qui calme la douleur sans soigner le mal.

Ce synode parviendra-t-il à concilier vérité et miséricorde et à réconcilier les points de vue? Parviendra-t-il à préserver la doctrine tout en montrant que l’Église,  qui côtoie la réalité du péché, est proche de ses enfants en difficulté? C’est tout l’enjeu d’un itinéraire qui, souligne-t-on, prendra le temps qu’il faudra.

 

Radio Vatican / Romilda Ferrauto

Crédit photo: L'Osservatore Romano

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