Actualité

Mercredi 8 Octobre 2014 à 12:25

Éminences, Excellences,

Révérends pères, révérendes sœurs,

Chers amis auditeurs de la 3e Assemblée générale extraordinaire du Synode des évêques,

C'est une évidence pour nous chrétiens de dire que c'est Dieu qui a conçu l'idée de la famille et qu'en le faisant, il nous a donné plusieurs principes dans sa parole concernant sa structure, ainsi que le rôle que doit jouer chaque membre. Il me paraît donc raisonnable de penser qu'il [Dieu] est le mieux placé pour nous montrer comment doivent fonctionner toutes les familles afin d'éviter les précipices qui les détruisent. Cependant, une question mérite de retenir notre attention.

Qu'est-ce que la famille, mieux, doit-on encore parler de la famille au singulier?

La question mérite d'être posée quand on sait que de nos jours, la famille moderne est bousculée par l'augmentation des divorces, la chute des mariages, le nombre croissant des enfants nés hors mariage. Que dire, quand on voit tout autour de nous, l'extrême diversité des modèles familiaux: familles monoparentales, familles recomposées, familles à fidélités successives, familles éclatées, communautés de familles, familles homosexuelles... Est-ce bien cela la famille selon le cœur de Dieu?

À la vérité, la famille telle que voulue et aimée de Dieu est la seule qui se doit : « homme et femme il les créa afin qu'ils fécondent la terre et soient heureux » (Gn 1, 27). Et à ce titre, elle se doit d'être image et ressemblance de Dieu partout où elle se trouve. Elle doit être, pour son entourage, porteuse de la Bonne Nouvelle du Salut par son témoignage de vie. Pour nous, en tant que couple mixte, ce thème : « Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l'évangélisation » est d'autant plus important qu'il s'applique à notre réalité : comment un homme, un musulman, et une femme, une chrétienne catholique, qui se sont aimés il y a de cela un peu plus de 52 ans, et qui continuent de s'aimer encore aujourd'hui, peuvent-ils être témoins de l'Évangile pour leurs enfants, pour leur entourage, pour leurs amis, pour leurs différentes communautés religieuses?

Notre contribution à ce thème voudrait être notre témoignage de vie : 52 années de vie commune dans la tolérance, le respect mutuel de nos croyances, dans le soutien l'un de l'autre, dans l'éducation chrétienne de nos enfants (qui sont tous baptisés à l'Église catholique, et ce, avec l'accord de mon époux), tout cela en accueillant les joies reçues du Seigneur et en gardant beaucoup d'espérance au cœur des difficultés. De cette union sont nés cinq enfants et six petits enfants à qui nous avons inculqué nos valeurs de respect de l'autre dans la différence et à qui nous avons donné la foi.

Merci à mon époux qui a accepté que nos enfants soient tous catholiques. Eux aussi à leur tour essayent d'être porteurs de la Bonne Nouvelle autour d'eux. La famille, particulièrement la famille africaine, a le devoir de témoigner de sa foi dans son milieu de vie et dans son entourage. C'est aussi un défi quand on connaît le poids de nos traditions. Nos choix et nos décisions doivent aider notre entourage à mieux connaître, accepter et aimer Dieu.

En face des modèles pas toujours reluisants, il nous faut affirmer qu'il y a un optimal à rechercher pour le bonheur de tous et de chacun et que la famille étant le lieu d'une attente considérable, il en résulte, que notre monde a besoin de modèles sur le plan de la famille comme dans bien d'autres domaines. Devant donc toutes ces menaces qui pèsent lourdement sur la famille, il me paraît urgent, que les familles reviennent à leur mission à savoir que :

- La famille est le lieu où l'on peut être soi-même et, enlever son masque sans être jugé ; le lieu où l'on apprend à avoir confiance en soi grâce au regard admiratif et en même temps lucide que les parents portent sur leur progéniture. Elle est le lieu où l'on vit l'amour au quotidien, où l'on échappe à la solitude, où l'on apprend à partager, à s'épanouir pleinement.

- La famille est le lieu où la vie sociale s'apprend en douceur et où l'on fait l'apprentissage de la différence ; le lieu où l'on transmet les valeurs. C'est que la famille doit favoriser la communication entre ses membres, pour devenir le lieu où l'amour doit se dire et la tendresse paternelle, notamment, doit s'exprimer.

Vous le savez certainement, la construction d'une famille nécessite un engagement généreux des époux dans cette formidable aventure, un défi lancé au temps par la décision de vivre la fidélité, un pari fait sur l'amour sans regarder en arrière et en prenant les moyens de rester fidèle, en cessant de songer à son unique épanouissement et à son unique confort.

De même, vous remarquerez que les familles dont les contours sont imprécis, où chacun fait ce qu'il veut et pense d'abord à lui, ne vont pas très loin, tout comme les familles totalitaires, c'est-à-dire, ces familles qui prétendent se suffire à elles-mêmes.

À la vérité, il s'agit pour les familles aujourd'hui de s'engager au service de la cité, d'entrer dans des associations, d'entrer en relation avec Dieu. Et c'est là tout le défi que nous avons à relever tous ensemble.

Je vous remercie.

Source: Agence Zenit

Crédit photo: Aleteia / © Public Domain

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Mardi 7 Octobre 2014 à 12:21
Intervention d'un évêque pendant l'Assemblée synodale

Trente-deux pères du Synode ont pris la parole mardi matin, dans un foisonnement d’interventions, certaines critiques, d’autres consensuelles, certaines académiques, d’autres pastorales, dans un climat de grande liberté, entretenu par la présence constante et le style du pape François. Un climat qui a permis à des participants venus de pays en conflit ou marqués par la pauvreté et la violence, de décrire leur situation ; qui a également permis à certains d’exprimer sans détour leurs convictions profondes ou leurs inquiétudes quant à l’issue possible de cet important synode.

Un portrait aussi varié que complexe

Dans la longue succession des interventions convergentes ou divergentes, diverses et variées, selon les contextes et les sensibilités, des voix secouent l’assemblée, comme lorsqu’un évêque venu de loin prononce un acte d’accusation contre le clergé en affirmant que ce n’est pas dans la société mais à l’intérieur même de l’Église qu’il faut chercher les causes de la désaffection des fidèles ; ou quand un autre père synodal venu d’encore plus loin soutient que la doctrine de l’Église sur le mariage et la famille est un fardeau trop lourd à porter ; ou encore lorsqu’un évêque africain rappelle que le problème, dans son pays, ce ne sont pas les divorcés remariés, mais les polygames qui veulent se convertir.

Plus près du centre de l’Église universelle, des approches différentes se dégagent entre ceux pour qui la vérité doit être proclamée sans compromis, dans un monde en perte de repères, et tant pis si les mariages religieux baissent, et ceux pour qui la tension entre l’idéal et le réel oblige l’Église à revoir son langage trop désincarné ainsi que ses méthodes pastorales. Entre ceux qui privilégient la prévention par une meilleure formation en amont et ceux qui pensent que l’Église doit surtout guérir avec miséricorde.

Rechercher l’authenticité de la foi chrétienne

Les attitudes se diversifient également en ce qui concerne les déclarations de nullité : si la majorité souhaite un assouplissement des procédures, certains relèvent que la plupart des annulations ne sont que des divorces camouflés. Un cardinal proche du pape François a invité les évêques à ne pas se prendre pour des psychiatres chargés d’aider les couples à surmonter leurs échecs conjugaux. Les gens nous suivront si nous leur disons la vérité, a-t-il lancé, ils nous abandonneront si nous nous efforçons de nous montrer complaisants. Un autre a averti que l’Église qui est déjà un hôpital de campagne, risque de ressembler « à une morgue où se multiplieront les autopsies des mariages défunts ». La vraie question n’est pas de savoir si nous devons ou pas nous montrer miséricordieux, si nous devons ou pas donner la communion. Le cœur du problème, c’est l’authenticité de la foi chrétienne.

Radio Vatican / Romilda Ferrauto

Crédit photo: L'Osservatore Romano

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Lundi 6 Octobre 2014 à 12:11
Début de l'Assemblée synodale

En ouvrant le Synode extraordinaire sur la pastorale de la famille dans le contexte de l'évangélisation, le Pape a indiqué les deux comportements qui permettront à l’Assemblée d’être un succès : parler avec liberté et franchise et écouter avec humilité. François a également demandé à tous de faire entendre la voix des Églises locales dans la salle du Synode.

François a surpris tout le monde ce lundi matin en arrivant 30 minutes avant l'heure officielle de début des travaux. Face aux 181 pères synodaux, le Pape a affirmé que c’était « une grande responsabilité de porter les problématiques des Églises locales pour les aider à cheminer sur la voie de l’Évangile de la famille »  et a posé une condition de base pour fonctionne ce Synode : il faut parler clairement. « Que personne ne dise "cela ou ceci ne peut se dire". Il faut dire, poursuit le Pape, tout ce qu’on ressent avec parresia (le fait de parler librement et franchement) ».

« Après le dernier Consistoire (en février 2014), lors duquel nous avons parlé de la famille, raconte le Pape, un cardinal m’a écrit en disant "dommage que certains cardinaux n’aient pas eu le courage de dire certaines choses par respect pour le Pape, par peur que peut-être le Pape pense différemment". Cela ne va pas », a affirmé le Pape ce lundi matin à l’ouverture du Synode.

« Il faut dire tout ce que l’on ressent, et en même temps, il faut écouter et accueillir avec un cœur ouvert ce que disent les frères. Avec ces deux comportements s’exerce la synodalité. Je vous demande cela : de parler avec parresia et d’écouter avec humilité. Et de le vivre en paix parce que le synode se vit "cum Petro et sub Petro" et que la présence du Pape est une garantie pour tous et une protection pour la foi. [...] Collaborons pour que s’affirme avec clarté la dynamique synodale », a conclu François.

À 10 h 30, le Pape a pris part avec beaucoup de naturel à la première pause café du Synode.

 

Radio Vatican

Crédit photo: News.va

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Vendredi 3 Octobre 2014 à 12:16
Pape François avec une famille pendant l'audience générale

C’est dans deux jours que sera donné le coup d’envoi du premier des deux synodes sur la famille, convoqués par le pape François. Un synode extraordinaire sur le thème : les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation, qui rassemblera 253 participants dont 13 couples, 38 auditeurs et auditrices, 8 délégués fraternels, les présidents des 114 conférences épiscopales du monde entier, les chefs des 13 Églises catholiques orientales, les responsables de tous les dicastères de la Curie romaine.

L’assemblée, qui sera inaugurée dimanche par une concélébration solennelle présidée par le Pape, durera deux semaines et s’achèvera par la publication d’un Message au peuple de Dieu et d’un document final qui sera remis au Pape et qui servira de base pour la préparation du deuxième synode sur la famille qui aura lieu dans un an. La première étape a été présentée ce vendredi matin dans la salle de presse du Saint-Siège par le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode des évêques.

Baldisseri : la famille a changé et l’Église doit tenir compte de la réalité

Un Synode urgent, bref ; le début d’un parcours qui s’achèvera dans un an. C’est dire l’enjeu de l’assemblée qui s’ouvre dimanche. Une assemblée qui a été précédée d’un questionnaire adressé pour la première fois dans l’histoire des synodes à l’ensemble du Peuple de Dieu. Le Saint-Père a voulu que tous les fidèles soient consultés sur des questions aussi sensibles. Car il faut agir vite. La famille aujourd’hui n’est pas la même qu’il y a trente ans, a expliqué le cardinal Baldisseri devant la presse. Or, l’Église ne peut pas rester figée dans le temps et ne pas tenir compte de la réalité. La religion chrétienne n’est pas une idéologie, insiste le secrétaire général du Synode, elle vit dans l’Histoire ; elle peut et doit donc évoluer. Au cours de ce synode, les participants seront invités à s’exprimer librement, clairement, avec franchise et courage. L’objectif est de chercher ensemble la vérité.

« Les jeux sont encore loin d’être faits »

Le cardinal Baldisseri regrette que les commentaires des médias aient été jusqu’ici phagocytés par la question ultra-sensible des divorcés-remariés, alors que le document de travail fait état de multiples défis : pauvreté, polygamie, agressions sexuelles, violence, unions libres, contraception… Sur quelques dossiers, les attentes sont nombreuses, les prises de parole multiples et parfois divergentes. Les esprits s’échauffent. Le secrétaire général du Synode invite à ne pas tirer des conclusions hâtives alors que les jeux sont encore loin d’être faits. Il ne faudrait pas, souligne-t-il, que l’effervescence et la confusion finissent par détourner les débats. Ceux qui se sont exprimés ces jours derniers étaient libres de le faire, mais leurs prises de position n’engagent qu’eux et ne constituent que des contributions parmi tant d’autres.

Le cardinal Baldisseri  reconnaît que ce synode portera la marque du pape François, du vent nouveau qui souffle sur l’Église. Mais s’il est sans nul doute à l’écoute des laïcs, ce synode, rénové dans sa méthodologie, reste et restera une assemblée d’évêques. Les sessions seront thématiques et c’est nouveau. Chaque session sera ouverte par le témoignage d’un couple, treize en tout, venus de plusieurs régions du monde. Le Saint-Père assistera aux débats.

Le Synode sera soutenu par la prière. Pendant toute la durée de cette assemblée extraordinaire, des temps de prière seront organisés en la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome. Tous les soirs à dix-huit heures, une messe pour la famille sera célébrée, en présence des reliques des bienheureux époux Zélie et Louis Martin et de leur fille sainte Thérèse de Lisieux.

 

 

Radio Vatican / Romilda Ferrauto

Crédit photo: L'Osservatorio Romano

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