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Jeudi 12 Février 2015 à 14:24
Saint-Pierre de Rome: vigile pour le Synode sur la Famille

Quelque 160 cardinaux venus du monde entier sont, depuis jeudi matin et pour deux jours, réunis au Vatican pour un consistoire, autour du pape François, consacré en grande partie au projet de réorganisation de la Curie romaine. L’objectif, le Saint-Père l’a rappelé dans son discours d’ouverture, est de « favoriser une plus grande harmonie dans le travail des différents dicastères et bureaux, afin de réaliser une collaboration plus efficace, dans cette transparence absolue qui contribue à une authentique synodalité et collégialité ». Pour cela le Pape a demandé « du temps, de la détermination, et surtout la collaboration de tous ».

Parmi les cardinaux présents en salle du Synode : l’un des plus jeunes au monde, le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec, au Canada, créé cardinal par le pape François lors du consistoire de 2014. Hélène Destombes l’a rencontré au terme de la première matinée de travaux. Il revient sur le discours du Saint-Père et nous livre son sentiment sur cette nouvelle réforme:

« Les objectifs, c’est d’abord de trouver pour la Curie romaine une harmonie dans le travail, travailler vraiment ensemble. Comment doit circuler l’information ? Comment on va réussir à partager, entre nous et spécialement pour ceux qui travaillent, ici, à la Curie romaine le travail, l’information pour qu’on puisse mieux servir la mission de l’Église. C’était la première chose. Ce qu’il a aussi dit d’important, c’est que pour qu’on arrive à cette harmonie, on doit avoir une collaboration et une transparence absolue de tout le monde. Cette collaboration nous rendra plus efficaces. »

Il a beaucoup insisté sur la nécessité de cette collaboration de tous. Vous avez senti, au sein du collège cardinalice, cette volonté d’avancer ensemble ?

- Oui, évidemment, par les interventions. Le Pape le rappelait et certains l’ont rappelé aussi. Dans les congrégations, avant le Conclave, il y avait déjà un grand désir de réforme. Le Pape répond à ce désir-là. Alors évidemment les cardinaux qui étaient là avant le conclave sont, pour la plupart, encore là aujourd’hui. Ils voient que ça avance, que le Saint-Père a pris au sérieux cette demande et qu’il y travaille avec un conseil de neuf mais aussi de façon élargie. Il a beaucoup consulté les chefs de dicastères. Les dicastères ont été informés et ont apporté des suggestions et beaucoup d’autres personnes ont été consultées également.

Le Saint-Père a précisé que la réforme entendait perfectionner l’identité de la Curie romaine. Quel doit être aujourd’hui cette identité ?

- Une identité de service. D’abord, service au Saint-Père pour l’aider dans sa mission pétrinienne. Mais service à la mission de l’Église et aux Églises locales. Il le dit à quelques reprises-je ne révèle pas de secrets, on l’a entendu dans certains de ses discours -le Pape dit : lorsqu’on est évêque, venir ici, à la Curie romaine, ne doit pas être comme passer à la douane. On doit venir ici pour recevoir l’appui, l’orientation, les outils nécessaires pour poursuivre notre mission, l’encouragement. Alors, l’identité de la Curie, elle doit être là pour aider Église à réaliser sa mission, l’aider à réfléchir, l’aider aux grandes orientations, à clarifier des questions, tantôt d’ordre doctrinal, tantôt d’ordre pastoral, liturgique ou autre.

Cette réforme suscite interrogations, enthousiasme, mais aussi une certaine inquiétude. Qu’avez-vous perçu parmi les quelque 160 cardinaux présents actuellement à Rome, venus du monde entier.

- Ce matin, je n’ai rien perçu comme inquiétude. Mais il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Toute réforme suscite de l’inquiétude. Tout changement, aussi petit soit-il, provoque de l’inquiétude, parfois de la peur. Ce ne serait pas surprenant. Évidemment, nous sommes un groupe mais il y a là un grand défi. Nous venons de toutes les parties du monde, de tous les continents. Nous sommes de différentes cultures, de différentes langues, de différentes traditions. Nous sommes tous catholiques mais pas tous romains. Il y a d’autres traditions dans notre Église qui enrichissent ce que nous sommes. Nous sommes de différentes générations. Il y a différentes écoles de pensée. Évidemment, rassembler tout ce monde-là et regarder l’avenir, regarder cette réforme que souhaite le Pape et que souhaite l’Église, c’est exigeant mais un changement est nécessaire ! Ça a été très bien exprimé et on va travailler ensemble pour y parvenir.

Cette nouvelle réforme intervient après celle de 1908, 1967 et 1988 avec la constitution apostolique Pastor Bonus. Chaque constitution s’inscrivait dans un contexte bien précis. Aujourd’hui, quelle est la priorité, la première urgence ?

 - Je sens très fort que le Saint-Père veut que nous redevenions crédibles. D’ailleurs, il a encore insisté très fort ce matin sur le témoignage : donner un vrai témoignage chrétien. Ce n’est pas seulement pour les gens qui sont sur le terrain et un peu partout à travers le monde. La curie, les employés, les gens qui travaillent ici, les collaborateurs plus rapprochés du Saint-Père qui doivent nous donner un témoignage de vie chrétienne. Il le dit à plusieurs reprises. Il faudra arriver à sortir de ce carriérisme, de cette recherche de pouvoir. Et le Pape veut absolument qu’on ne soit pas d’abord préoccupé par l’organisation, mais la Mission. Alors, c’est très important dans cette réforme pour qu’on soit davantage des disciples missionnaires, comme il l’exprime souvent et qu’on lit dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium.

Vous venez d’évoquer Evangelii Gaudium. Dans cette exhortation, le Pape évoque une décentralisation salutaire. La réforme doit prendre en compte cette nécessité, refléter cette nécessité ?

- Oui, évidemment. C’est un travail que le Concile Vatican II a mis de l’avant de façon très importante,  il y a déjà 50 ans et plus. Mais vous savez, la réforme, ça prend du temps. La conversion prend du temps. Et on doit continuer dans ce sens-là. Il me semble que ce que nous sommes en train de vivre avec le pape François est vraiment, enfin, l’aboutissement des grands souhaits du Concile Vatican II. Il est bien évident qu’on avait fait des pas, plusieurs grands pas. Mais là, c’est comme si on va faire un pas de géant et c’est salutaire.

 

Radio Vatican

Crédit photo: News.va / © Mazur/catholicnews.org.uk

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Vendredi 23 Janvier 2015 à 11:13
Une famille Philippine donne son témoignage au Pape, à Manilles.

Il n’existe pas de familles parfaites, mais il ne faut pas avoir peur de l’imperfection. C’est le pape François qui l’affirme dans un texte rendu public vendredi. C’est en effet à la famille qu’il a voulu consacrer son message annuel pour la Journée mondiale des communications sociales publié à la veille de la fête de saint François de Sales, patron des journalistes. (Texte intégral : Communiquer la famille : milieu privilégié de la rencontre dans la gratuité de l'amour)

 

Car, écrit-il, la famille est une école de communication et non pas un objet de batailles idéologiques. Le Saint-Père invite à ne pas craindre les conflits, mais à les affronter de manière constructive. C’est au sein de la famille, plus que partout ailleurs, qu’on découvre ses propres limites et celles des autres, ainsi que les problèmes petits et grands de la coexistence. La famille peut devenir une école de pardon. Un enfant qui apprend au sein de sa famille à écouter les autres, à parler avec respect, à exprimer son point de vue sans nier celui des autres deviendra un bâtisseur de dialogue et de réconciliation dans la société.

Le pape François invite à redécouvrir que la famille est toujours une grande ressource et pas un problème ou une institution en crise. Il regrette que les médias la présentent comme un modèle abstrait qu’il faut accepter ou refuser, défendre ou attaquer, comme une idéologie des uns contre les autres alors qu’il s’agit d’une réalité concrète qui doit être vécue. L’information est certes importante, reconnaît-il, mais elle ne suffit pas. Trop souvent elle simplifie, elle oppose les différences et renvoie dos à dos au lieu de proposer un regard d’ensemble.

Il faut réapprendre à raconter et pas seulement à produire et à consommer des informations. La communication doit donc devenir plus authentique et humaine. Le Souverain Pontife invite donc les journalistes à comprendre que les voix sont multiples et que chacune est irremplaçable, surtout dans une société marquée par les médisances, les bavardages et la zizanie. Le défi est de taille, car aujourd’hui les nouveaux médias occupent une place importante notamment auprès des plus jeunes. Ils peuvent entraver la communication s’ils deviennent un moyen de se soustraire à l’écoute des autres, de s’isoler, de combler tous les silences. Ils peuvent au contraire aider à renouer ou à garder des contacts, à remercier ou à demander pardon. D’où la nécessité d’orienter les nouvelles technologies plutôt que de se laisser guider par elles.

Quant aux familles, le pape François les exhorte à ne pas lutter pour défendre le passé mais à travailler, avec patience et confiance dans leurs milieux de vie, pour construire l’avenir. Après l’assemblée extraordinaire d’octobre dernier, un autre synode des évêques sera consacré à la famille en octobre prochain. C’est dire l’importance que le Souverain Pontife attache à cette thématique. 

Radio Vatican

Crédit photo: L'Osservatore Romano

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Lundi 19 Janvier 2015 à 15:19
Le Pape François salue la foule Rizal Park, Manille.

Le Rizal Park de Manille était comble pour la messe qui a conclu la visite du Pape aux Philippines, précisément le jour d’une fête chère aux catholiques du pays, le dimanche du Santo Niño. Les médias soulignent la présence d’au moins six millions de personnes, et à celles-ci il faut ajouter ceux qui, ces derniers jours, sont descendus dans les rues de la capitale et de l’île de Leyte dévastée par le plus terrible typhon dont on ait le souvenir, et où François a prononcé des paroles inoubliables: je devais être ici. Auparavant, le Pape a été accueilli avec intérêt et sympathie au Sri Lanka, où les catholiques sont une minorité et où sa présence a encouragé le dialogue et la collaboration entre les différentes religions et dans la société, qui sort d’une longue guerre civile.

Le voyage en Asie a confirmé que François a la Mission dans son cœur, témoin de la miséricorde de Dieu et de l’Évangile. Comme on l’a vu au cours des deux rencontres du dimanche consacré au petit Jésus habillé comme un roi: au cours de celle avec les jeunes et pendant la messe au Rizal Park, qui s’est terminée par les remerciements très chaleureux du président de la conférence épiscopale, Mgr Villegas, et de l’archevêque de Manille, le cardinal Tagle, plusieurs fois interrompus par les applaudissements et qui ont su interpréter la gratitude et l’affection des Philippins pour le Pape.

Comme pendant la rencontre avec les familles, également lors de celle avec les jeunes le pape François a abandonné le discours préparé et, après avoir rappelé la volontaire morte à Leyte, il a longuement improvisé en espagnol, interpellé et visiblement ému par les témoignages, dans ce cas de deux enfants sauvés de la rue et de deux jeunes engagés au service des autres. Face à la réalité dramatique de la misère et de l’exploitation ignoble de très nombreux mineurs, jusqu’aux abus et au phénomène répugnant du tourisme sexuel, mais aussi sur la pauvreté autoréférentielle présente dans une société toujours plus submergée par les informations, le Pape a trouvé des mots qui ne s’adressent pas seulement aux jeunes philippins.

Jorge Mario Bergoglio a ainsi fait l’éloge de la femme, frappé par les larmes de la petite fille qui venait de raconter sa bouleversante histoire, se demandant le pourquoi de la souffrance des plus petits: « Parfois nous sommes trop machistes et nous ne laissons pas de place à la femme. Mais la femme sait voir les choses avec des yeux différents des hommes. La femme sait poser des questions que nous les hommes nous ne réussissons pas à comprendre. Faites attention: aujourd’hui, elle a posé la seule question qui n’a pas de réponse. Et les mots ne lui venaient pas à la bouche, elle a dû le dire avec les larmes. Ainsi, quand le prochain pape viendra à Manille, il faut qu’il y ait plus de femmes! », s’est-il exclamé. Assimilant ensuite les larmes de la petite fille à celles de Jésus qui pleure, comme le racontent plusieurs fois les évangiles.

En célébrant le Santo Niño en conclusion de journées mémorables, François a de nouveau évoqué la nécessité, alors que dans toute l’Église on prépare le deuxième synode sur la famille, de la protéger « contre les attaques insidieuses et les programmes contraires à tout ce que nous tenons pour vrai et sacré, tout ce qu’il y a de plus beau et de plus noble dans notre culture ». Dans un effort pour déchiffrer le « dessein de Dieu sur nous », qui a pour seul but de construire un monde d’honnêteté et de paix.

L'Osservatore Romano (L'OR)

Titre original de l'article: Éditorial du Directeur, "L'Osservatore Romano": ​Le dimanche du Santo Niño

Crédit photo: AP/L'Osservatore Romano/ Pool

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Lundi 19 Janvier 2015 à 12:02
Le pape François rencontre les jeunes à l'université St-Thomas de Manille

Le matin du 18 janvier, le Saint-Père s'est rendu à l'Université pontificale St.Thomas de Manille, la plus ancienne institution d'enseignement catholique du pays, fondée par les Dominicains. Il y a d'abord rencontré les représentants des diverses confessions chrétiennes et religions des Philippines puis, après une rapide visite du campus a rencontré le monde universitaire. Au cours d'une liturgie de la Parole au centre sportif, il s'est adressé à au moins 30 000 étudiants, improvisant en espagnol à partir du texte préparé en anglais. Avant d'intervenir, à peine averti de la triste nouvelle, il a demandé de prier pour une volontaire de 27 ans (Kristel Padasas), morte lors de la messe à Tacloban, et pour sa famille.

 

VIS

Crédit photo: timesofmalta.com

Vidéo par KTO TV

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