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Mercredi 30 Mai 2018 à 10:50

« Le mois d’octobre 2019 devrait aider l’ensemble du peuple de Dieu à renouveler sa conscience de la responsabilité baptismale en ce qui concerne la mission d’évangélisation du monde entier de l’Église ». C’est ce qu’y a conduit le secrétariat international de l’Union pontificale missionnaire à se voir reconnaître le rôle de « moteur et promoteur », consistant à être l’âme de la coordination entre les Œuvres pontificales missionnaires (OPM), la Congrégation pour l’évangélisation des peuples et l’Université pontificale urbanienne en ce qui concerne cette initiative ». C’est ce qu’a rappelé ce matin le père Fabrizio Meroni, PIME, secrétaire de l’Union pontificale missionnaire, directeur du CIAM et de l’Agence Fides, en ouvrant les travaux de la partie ordinaire de l’Assemblée générale des OPM, par une session dédiée au mois missionnaire d’octobre 2019.

Ce qui a été fait jusqu’à maintenant

Le père Meroni a retracé les étapes fondamentales du chemin jusqu’ici parcouru, depuis l’approbation de l’initiative de la part du pape François en passant par les différentes rencontres de préparation à différents niveaux, en soulignant les quatre dimensions qui devront caractériser le Mois missionnaire extraordinaire, indiquées par le Pape dans son discours aux directeurs nationaux des OPM du 3 juin 2017, à savoir la rencontre personnelle avec Jésus-Christ vivant dans son Église – Eucharistie, Parole de Dieu, prière personnelle et communautaire ; le témoignage de saints et de martyrs de la Mission, qu’ils soient ou non canonisés ; la formation biblique, catéchétique, spirituelle et théologique à la Mission ; la charité missionnaire caractérisée par l’engagement de tous à soutenir les coûts de l’annonce de l’Évangile et de la formation à la Foi et à la Mission, en particulier au sein des Églises les plus nécessiteuses.

Le dimanche 22 octobre 2017, Dimanche missionnaire mondial, le pape François a envoyé une lettre au cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, lui confiant « la mission de lancer la préparation de cet événement, en particulier au travers d’une vaste sensibilisation des Églises particulières, des instituts de vie consacrée, et des sociétés de vie apostolique, tout comme des associations, des mouvements, des communautés et autres réalités ecclésiales ». À l’Angélus de ce même dimanche, le Saint-Père a annoncé son intention de proclamer le Mois missionnaire extraordinaire en octobre 2019 pour célébrer le centenaire de la lettre apostolique Maximum illud du pape Benoît XV « afin de réveiller davantage la conscience de la missio ad gentes et de reprendre avec un nouvel élan la transformation missionnaire de la vie et de la pastorale ».

Initiatives et événements à l’échelle mondiale à venir

Le père Meroni a ensuite rappelé, entre autres initiatives, qu’est en voie de programmation un Congrès international théologique et missiologique promu par l’Université pontificale urbanienne, dédié au thème « Missio ad gentes : de la Maximum illud à l’Evangelii gaudium ». Par ailleurs, sur la base de la rencontre avec l’Union des supérieures et supérieurs généraux, a été prise en considération la possibilité de réfléchir ensemble sur le thème « Annonce, sacrement et témoignage dans le cadre de la Missio ad gentes ».

« Le rôle central de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples et des OPM dans cette phase préparatoire, a souligné le père Meroni, demande un travail collégial dont les directeurs nationaux des OPM représentent un élément important de médiation et de rencontre avec les Églises locales… Tout ce qui est fait, produit et indiqué par nous à Rome veut être un stimulus afin que les besoins locaux de la Mission constituent le contexte de toute activité du Mois missionnaire extraordinaire pour le bien de l’annonce de l’Évangile, de la célébration des sacrements et du témoignage chrétien ».

À en outre été entreprise la préparation d’un texte commun d’animation missionnaire pour octobre 2019, en se servant de contributions provenant du monde entier. Le texte en question sera publié en version papier et numérique, avec des textes en différentes langues en tant que matériel fondamental, de base, ayant pour but de stimuler la créativité ecclésiale locale.

« Outre le Congrès international promu par l’Université pontificale urbanienne, a poursuivi le père Meroni, nous étudions également la possibilité et l’opportunité d’événements de formation missionnaire, universitaire, ou ceux basés sur l’expérience pastorale à réaliser au niveau continental : deux en Afrique – un francophone, l’autre anglophone – et deux en Asie – un en Inde et l’autre dans la région Asie pacifique. Le 5e Congrès américain missionnaire (CAM 5), qui se tiendra en juillet prochain à Santa Cruz (Bolivie), représente cet effort de formation et de célébration en ce qui concerne « les Amériques » en vue du Mois missionnaire extraordinaire d’octobre 2019 et du Synode spécial sur l’évangélisation en Amazonie. En ce qui concerne l’Europe, nous estimons plus opportun que les Églises locales européennes, avec des disponibilités de ressources humaines et économiques, avec les directions nationales des OPM, pensent à des formes propres en vue de la réflexion théologique et de la formation missionnaire, relatives à la missio ad gentes ».

Enfin, pour ce qui est de la charité missionnaire, il a été demandé au Comité de collecte de fonds des Œuvres pontificales missionnaires et à certaines directions nationales de contribuer au travers d’une réflexion portant sur la collecte de fonds, la missio ad gentes et les Églises locales. « Repenser la dimension économique et matérielle des Œuvres, en l’enracinant dans la mission d’annoncer l’Évangile et édifier l’Église sera par suite de grande utilité pour tous », a conclu le père Meroni.

 

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Mardi 29 Mai 2018 à 10:50

Pauline Jaricot, fondatrice de l’Œuvre de la propagation de la foi, peut être considérée comme une pionnière du réseau en ce qu’elle avait compris, à l’âge de 19 ans seulement, que « l’un des grands problèmes rencontrés par les missionnaires dans les pays de mission était les limites économiques… Elle savait qu’il n’y a rien de plus puissant de la force générée par des réseaux de personnes unies par le même idéal… Elle avait simplement compris la force des réseaux sociaux. Elle a créé le premier réseau social mondial ». C’est ainsi que s’est exprimé Jesús Colina, président et directeur éditorial d’Aleteia, au cours de sa conférence intitulée « Révolution numérique, défis et opportunités pour l’animation missionnaire » devant l’Assemblée générale des Œuvres pontificales missionnaires qui a débuté ses travaux hier à la Fraterna Domus de Sacrofano, non loin de Rome.

Jesús Colina, interpellant les participants sur ce que ferait aujourd’hui Pauline Jaricot à l’époque de Facebook, de WhatsApp, d’Internet, a répondu que « sa capacité à créer des réseaux serait renforcée de manière explosive ». Par la suite, il a présenté certaines données significatives concernant l’usage d’Internet et des réseaux sociaux et sur leurs implications anthropologiques, affirmant que « nous nous trouvons face à un immense impact anthropologique » à propos duquel il est nécessaire de se demander « de quelle manière tout cela influence l’action missionnaire de l’Église ». Jesús Colina a attiré l’attention sur « la manière de rendre Dieu présent sur le réseau et de réveiller l’engagement missionnaire ». « Fréquemment, nous trouvons des Baptisés qui reconnaissent qu’ils voudraient partager leur foi, mais ils confessent ne pas savoir comment le faire », a observé le conférencier. Ces personnes peuvent devenir des missionnaires au travers des réseaux « si quelqu’un les aide et si leurs sont présentés des contenus intéressants et faciles à partager ».

« La communication au sein des réseaux, a-t-il poursuivi, demande de tous une authentique conversion, que nous pourrons dans notre cas appeler pastorale ou missionnaire. Nous courons souvent le risque de penser que, vu que nous annonçons la Vérité, tous devraient nous écouter, mais ce n’est pas le cas. Dans les réseaux, il n’existe pas d’arguments de ce genre », a-t-il mis en évidence, expliquant les trois actions nécessaires à cette conversion, à savoir écouter, c’est-à-dire faire une « écoute sociale pour savoir quels sont les thèmes les plus recherchés et les plus partagés sur le réseau ; sortir pour rencontrer, à savoir intercepter sur le chemin de la vie les personnes qui ont besoin de quelqu’un qui leur parle de Dieu; et accompagner, à savoir accorder du temps aux personnes ».

Se référant à l’encyclique Redemptoris missio, il a mis en évidence : « Il est vraiment curieux, presque prophétique, que le passage le plus important et le plus lumineux de l’ensemble du magistère pontifical en matière de communication en réseaux ait été exprimé dans cette encyclique », qui affirme « le travail au sein de ces moyens de communication n’a pour seul but de multiplier l’annonce… Il ne suffit donc pas de les utiliser pour diffuser le message chrétien et le magistère de l’Église, mais plutôt pour intégrer le message lui-même au sein de cette nouvelle culture créée par la communication moderne ». Rappelant que « Benoît XVI a vécu cet héritage de manière cohérente », le conférencier a souligné combien le pape François a demandé à l’Église, en de nombreuses occasions, « d’être compagne sur le chemin de la vie des personnes qu’elle atteint au travers de ses propres moyens de communication ».

Enfin, Jesús Colina a rappelé que, par le passé, les Œuvres pontificales missionnaires ont constitué un exemple de la manière dont il est possible d’utiliser la communication pour réveiller l’engagement missionnaire, citant comme exemples les lettres de Pauline Jaricot, les premiers témoignages audiovisuels réalisés par les missionnaires ou les revues missionnaires. Cependant, « la révolution numérique dont nous avons été témoins au cours de ces dernières décennies semble nous avoir tous pris par surprise. Nous avons continué à nous fier aux moyens traditionnels de sensibilisation et de collecte de fonds. Peut-être sommes-nous restés en dehors de la révolution numérique. En ce sens, il est possible de dire sans crainte d’être détrompé que les Œuvres pontificales missionnaires vivent un moment historique : auront-elles la créativité pastorale pour se renouveler à l’ère numérique ? Permettront-elles que Dieu et la Mission demeurent importants dans la vie de millions de personnes ? » 

 

Source: Agence Fides

Titre original: De la nécessité d’une authentique conversion dans le cadre de la communication en réseau : une constatation dans le cadre de l’Assemblée des Œuvres pontificales missionnaires

Photo: hermanoscapuchinos.org

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Lundi 28 Mai 2018 à 11:52

Texte intégral du message du pape François

« Chers frères et sœurs, au travers de ce bref message, je voudrais vous présenter une réalité importante pour la mission de l’Église mais peu connue : les Œuvres pontificales missionnaires.
« Depuis le départ, le soutien réciproque entre les Églises locales, engagées à annoncer et à témoigner de l’Évangile, a constitué un signe de l’Église universelle. En effet, la Mission, animée par l’Esprit du Seigneur ressuscité, élargit les espaces de la foi et de la charité jusqu’aux extrémités du monde. Au 19e siècle, l’annonce du Christ reçut un nouvel élan au travers de la fondation des œuvres missionnaires, dont le but spécifique est de prier et d’agir concrètement pour soutenir l'Évangélisation dans les nouveaux territoires. Ces œuvres furent reconnues comme pontificales par le pape Pie XI, qui voulait, de cette manière, souligner combien la mission de l’Église envers tous les peuples tient particulièrement à cœur au successeur de Pierre. Cela est encore le cas! Les Œuvres pontificales missionnaires continuent aujourd’hui à prêter cet important service qui a commencé voici près de deux siècles. Elles sont présentes dans 120 pays au travers de directeurs nationaux, coordonnés par les secrétariats internationaux près le Saint-Siège.

Pourquoi les Œuvres pontificales missionnaires sont-elles importantes? Elles sont importantes d’abord parce que nous devons prier pour les missionnaires, pour l’action évangélisatrice de l’Église. La prière est la première œuvre missionnaire – la première – que tout chrétien peut et doit accomplir et elle est également la plus efficace même si cette efficacité ne peut être mesurée. En effet, le principal agent de l’Évangélisation est l’Esprit Saint et nous sommes appelés à collaborer avec lui. En outre, ces œuvres garantissent au nom du Pape une distribution équitable des aides, de sorte que toutes les Églises du monde aient un minimum d’assistance pour l’évangélisation, l’administration des sacrements, leurs propres prêtres, les séminaires, l’action pastorale, les catéchistes, un soutien aux missionnaires qui évangélisent et un soutien surtout par la prière, pour que l’Esprit Saint soit présent. C’est lui qui porte de l’avant l’Évangélisation.

« Dès lors, j’encourage tout un chacun à collaborer à notre mission commune qui est d’annoncer l’Évangile et de soutenir les jeunes Églises par l’intermédiaire de l’action de ces œuvres missionnaires. Ce faisant, dans tous les peuples, l’Église pourra continuer à s’ouvrir à tous et à proclamer avec joie la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, Sauveur du monde. Merci à tous de tout cœur! »

 

 

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Vendredi 11 Mai 2018 à 11:58

Dans deux mois, du 10 au 14 juillet, à Santa Cruz de la Sierra (Bolivie), se tiendra le 5e Congrès missionnaire de l’Amérique (CAM 5). Cet événement ecclésial fait partie d’une riche histoire, qui, depuis l’Amérique latine, a illuminé le chemin missionnaire de toute l’Église. Le prochain Congrès sera le dixième d’une longue série ayant débuté au Mexique en 1977, organisé tous les quatre ans dans différents pays d’Amérique latine.

Sous le slogan « Amérique en mission, l’Évangile est joie », le congrès de cette année affrontera le thème « La joie de l’Évangile, cœur de la mission prophétique, source de réconciliation et de communion ». Son objectif général sera de « renforcer l’identité et l’engagement missionnaire ad gentes de l’Église en Amérique afin d’annoncer la joie de l’Évangile à tous les peuples, avec une attention particulière aux périphéries du monde d’aujourd’hui et au service d’une société plus juste, solidaire et fraternelle ».
 

Les axes thématiques qui caractériseront le CAM 5 seront au nombre de quatre :

L’Évangile : parce que ce que le missionnaire annonce naît de ce premier contact avec l’Évangile, et retourne à lui comme source qui dynamise sa vie quotidienne;

La joie : fruit de l’expérience de la rencontre personnelle avec le Christ;

La communion et la réconciliation : le but principal de l’évangélisation et de l’action missionnaire de l’Église est d’atteindre la communion de l’Homme avec Dieu, et celle des Hommes entre eux;

Mission et prophétie : le mandat confié par Jésus aux Apôtres d’être ses témoins.


« Pour ceux qui travaillent dans le domaine de la formation missionnaire, ces thèmes parlent d’une spiritualité profonde et invitent à promouvoir des processus de transformation missionnaire au sein de nos Églises locales », écrit le père Alejandro Marina, directeur du Centre missionnaire Maryknoll en Amérique latine.
« Nombreuses sont les réalités de nos temps : la crise écologique, la violence familiale, le féminicide (meurtre de femmes basé sur le fait qu’elles soient des femmes), la corruption, la drogue, les guerres, le trafic d’êtres humains, poursuit le missionnaire de Maryknoll. Nous devons arriver aux périphéries géographiques et existentielles de ces réalités pour y porter la Bonne Nouvelle » parce que, comme l’affirme le Document d’Aparecida, « l’Église a besoin d’une forte secousse qui l’empêche de s’installer dans la commodité, dans la stagnation et la tiédeur, en marge de la souffrance des pauvres du continent ».

« Comment rallumer en nous la dimension prophétique de notre foi que nous recevons comme mission lors de notre baptême ? De quelle manière tout chrétien peut-il être un agent de communion et de réconciliation dans un monde fragmenté et brisé ? » demande le père Marina, rappelant les paroles du pape François dans l’exhortation apostolique Evangelii gaudium : « Je rêve d’une option missionnaire capable de tout transformer… (…) Telle est l’invitation que fait le prochain CAM 5 : récupérer la joie de l’Évangile, raviver notre action prophétique et être des agents de communion et de réconciliation dans le monde d’aujourd’hui », conclut-il.

Fides/Œuvres pontificales missionnaires

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