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Mardi 6 Janvier 2015 à 11:36
Le pape François accueille trois enfants déguisés en mages.

Le folklore italien de l’Épiphanie était au rendez-vous ce mardi matin autour de la place Saint-Pierre : tambours, jongleurs de drapeaux, figurants en costume d’époque ont défilé le long de l’avenue de la Conciliazione entre deux haies de touristes et de curieux, jusqu’à la place Saint-Pierre où des milliers de fidèles s’étaient massés pour l’Angélus.

Dans la basilique Saint-Pierre, le pape François a célébré à 10 h la messe de la solennité de l’Épiphanie. Le Saint-Père était entouré des cardinaux et évêques de la chapelle pontificale. Son homélie était consacrée à la symbolique des Mages, venus d’Orient. Les Mages représentent les hommes et les femmes à la recherche de Dieu dans les religions et dans les philosophies du monde entier : « une recherche qui n’a jamais de fin. Ils cherchaient la véritable Lumière ; ils nous indiquent la route sur laquelle marcher dans notre vie ».

Se convertir comme les mages

Le pape François a retracé le chemin difficile suivi par les Mages, leurs péripéties, leurs tentations, leur égarement, leur désarroi et puis leur très grande joie. « C’est toujours la grâce de l’Esprit Saint qui les aide et qui les fait entrer dans le mystère, a expliqué le Souverain Pontife. Ils arrivent à reconnaître que les critères de Dieu sont très différents de ceux des hommes, que Dieu ne se manifeste pas dans la puissance de ce monde, mais s’adresse à nous dans l’humilité de son amour. Les Mages sont passés des calculs humains au mystère : et cela a été leur conversion ».

Le pape François a alors évoqué la réalité qui nous entoure : les guerres, l’exploitation des enfants, la torture, les trafics d’armes, la traite des personnes... « Dans tous ces frères et sœurs, les plus petits qui souffrent à cause de ces situations, il y a Jésus. La crèche nous présente un chemin différent de celui rêvé par la mentalité mondaine : c’est le chemin de l’abaissement de Dieu, sa gloire cachée dans la mangeoire de Bethléem, dans la croix sur le calvaire, dans le frère et dans la sœur qui souffrent ». 

Le Saint-Père a invité les fidèles à demander au Seigneur qu’il leur accorde de vivre le même chemin de conversion vécu par les Mages, qu’il les défende et les libère des tentations et des tromperies mondaines qui cachent l’étoile. « Que nous trouvions le courage, a-t-il conclu, de nous libérer de nos illusions, de nos présomptions, de nos “lumières”, et que nous cherchions ce courage dans l’humilité de la foi ».

Radio Vatican

Crédit photo: papaboys.org

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Lundi 5 Janvier 2015 à 15:36
Le pape François prie devant la crèche installée à la place Saint-Pierre

En la Solennité de l’Épiphanie, ce mardi 6 janvier, le pape François présidera une concélébration eucharistique à 10h dans la basilique Saint-Pierre. Le Saint-Père sera entouré des cardinaux et évêques membres de la Chapelle pontificale. La célébration sera suivie de l’Angélus à midi avec les fidèles rassemblés place Saint-Pierre. 

La rencontre sera animée par des fanfares, des groupes folkloriques et des figurants en costumes d’époque qui accompagneront les Rois Mages du château Saint-Ange à la place Saint-Pierre le long de l’avenue de la Conciliazione. L’Épiphanie célèbre la manifestation de Jésus comme messie. Le mot épiphanie signifie manifestation en grec. Par cet événement, Dieu se donne à voir, il entre dans notre monde, dans notre histoire. 

L’Épiphanie en Occident et en Orient

En Occident, elle est fixée au 6 janvier ou au dimanche situé entre le 2 et le 8 janvier. Elle commémore un des événements de l’enfance de Jésus : l’adoration des Mages. L’évangile de saint Matthieu raconte que des mages venus d'Orient ont été guidés par une étoile jusque vers Jésus qui venait de naître : « Ils se prosternèrent et l’adorèrent. Ils ouvrirent ensuite leurs trésors et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe ». L’or est la marque de la royauté, l’encens, celle de la divinité et la myrrhe, utilisée pour embaumer, celle de la renaissance après la mort.

En Orient, l'Épiphanie célèbre l’inauguration du ministère public du Christ, lors de son baptême au Jourdain. Au contraire, l’Église latine a instauré à part la fête du Baptême du Seigneur, célébrée le dimanche qui suit l’Épiphanie ; c’est elle qui conclut le temps liturgique de Noël. Pour tous, l’Épiphanie est l’annonce du salut, la Bonne Nouvelle. 

Journée de l’Enfance missionnaire fêtée à l’Épiphanie

Il est de tradition dans certains pays d'embrasser une statue de l'Enfant Jésus le jour de l'Épiphanie. C’est aussi la date choisie pour célébrer l’Enfance missionnaire : des enfants et des adolescents sont invités à renouveler leur engagement à répandre l’Évangile par leur choix et leur style de vie. Cette année, cette journée est placée sous le thème : « les derniers seront les premiers », en écho à l’enseignement du pape François qui nous invite à être attentifs aux périphéries géographiques et existentielles : celles du mystère du péché, de la douleur, de l’injustice, de l’ignorance, du manque de foi, et à toute forme de misère. C’est là que nous sommes appelés à annoncer et à redécouvrir la miséricorde de Dieu devant laquelle personne n’est marginalisé.

Radio Vatican

Crédit photo: L'Osservatore Romano

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Mercredi 17 Décembre 2014 à 12:02
Audience générale du 17 décembre 2014

Pour la dernière audience générale de l’année, présidée sous un beau soleil place Saint-Pierre, le Pape a poursuivi sa catéchèse sur la famille, en rappelant le chemin synodal en cours, qui mènera à la seconde assemblée du synode des évêques au mois d’octobre 2015.

« La proximité de Noël jette une grande lumière sur le don de la famille que Dieu a fait au monde depuis les origines », a souligné François. À Nazareth, Dieu a choisi de naître dans une famille humaine. « Jésus aurait pu venir comme un empereur ou un guerrier, a expliqué le Pape, mais il est venu comme un fils, né dans une famille. Il n'est pas venu à Rome ou dans une grande ville, mais dans une périphérie, plutôt "malfamée"a-t-il précisé, c’est là qu’a commencé l’histoire de Jésus parmi les hommes. Et celui-ci est resté dans cette périphérie pendant trente ans ».

La sainteté dans la « banalité » de la famille

« Les Évangiles, dans leur sobriété, ne nous rapportent rien de l’adolescence de Jésus, laissant cette tâche à notre méditation affectueuse », a poursuivi François. Le Pape, qui a précisé qu’à Nazareth, « tout se passait comme dans n’importe quelle famille israélite pieuse et active de cette époque » où la maman cuisinait, s’occupait de toutes les choses de la maison, et où le père, menuisier, apprenait à son fils à travailler. Malgré cette « banalité », ils étaient de grands saints : Marie, l’immaculée, et Joseph l’homme le plus juste ! Ainsi, « il n’est pas difficile d’imaginer ce que les mamans pourraient apprendre des prévenances de Marie pour son fils ou ce que les papas pourraient tirer de l’exemple de Joseph qui a consacré sa vie à défendre sa famille dans les moments difficiles ». De même, a encore expliqué le Saint-Père, « les jeunes peuvent être encouragés par Jésus adolescent pour cultiver leur vocation profonde et de rêver en grand. Jésus est celui qui a cultivé la vocation pour laquelle le Père l’a envoyé. Jésus ne s’est jamais découragé, il a grandi pour aller de l’avant avec sa mission.

« Chaque famille chrétienne peut ainsi accueillir Jésus, a dit François, l’écouter, lui parler, grandir avec lui, et ainsi améliorer le monde. Faisons-lui une place dans notre cœur et dans nos journées ». La famille de Nazareth nous engage à redécouvrir la vocation et la mission de chaque famille. « Que le Seigneur nous donne cette grâce dans ces jours avant Noël ».

 

Radio Vatican

Crédit photo: L'Osservatore Romano

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Jeudi 11 Décembre 2014 à 12:31
Le pape François s'unit aux leaders d'autres religions pour mettre terme à l'esclavage humain

Pensant aux millions de personnes encore aujourd’hui « privées de liberté et contraintes à vivre dans des conditions assimilables à celles de l’esclavage », le pape François s’insurge contre « cet abominable phénomène » que représente « le fléau toujours plus répandu de l’exploitation de l’Homme par l’Homme ». Toutes les formes d’esclavage moderne sont dénoncées dans son message écrit à l’occasion de la Journée mondiale de la Paix qui aura lieu le 1er janvier 2015.

 

La fraternité, réalisation concrète de la paix

Travailleurs et travailleuses esclaves, migrants, personnes contraintes de se prostituer, victimes de prélèvement d’organes, otages des groupes terroristes, enfants soldats sont autant de personnes auxquelles le Pape « ne peut pas ne pas penser », autant d’exemples et de facettes d’un « crime de lèse-humanité ». Pour François, il faut donc considérer les hommes « non plus comme esclaves, mais frères », une phrase qui est le thème de ce message pour la Journée mondiale de la Paix 2015. Cette année, le Pape veut montrer comment la fraternité peut être une réalisation concrète de la paix dans les rapports interpersonnels.

Pour le développement de l’Homme, « un être relationnel » selon François, il est donc fondamental que « soient reconnues et respectées sa dignité, sa liberté et son autonomie ». Revenant sur plusieurs passages de la Bible, comme la Lettre de saint Paul à Philémon ou le fratricide entre Caïn et Abel, le Pape relève que la fraternité exprime « la multiplicité et la différence qui existe entre les frères, bien que liés par la naissance et ayant la même nature et la même dignité ». Mais cette fraternité est menacée par la « réalité négative du péché » qui « déforme continuellement la beauté et la noblesse du fait d’être frères et sœurs de la même famille humaine ».

L'Homme traité comme un moyen et non comme une fin

Or, pour le Pape, « aujourd’hui comme hier, à la racine de l’esclavage, il y a une conception de la personne humaine qui admet la possibilité de la traiter comme un objet […], comme un moyen et non comme une fin ». La pauvreté, le manque d’accès à l’éducation ou encore les faibles opportunités de travail sont autant d’autres raisons : « fréquemment, les victimes de trafic et d’asservissement sont des personnes qui ont cherché une manière de sortir d’une condition de pauvreté extrême, en croyant souvent à de fausses promesses de travail, et qui au contraire sont tombées entre les mains de réseaux criminels qui gèrent le trafic d’êtres humains. Ces réseaux utilisent habilement les technologies informatiques modernes pour appâter des jeunes, et des très jeunes, partout dans le monde » écrit François.

Pour vaincre l’esclavage, le Pape invite chacun à « avoir le courage de toucher la chair souffrante du Christ » et « à faire des gestes de fraternité à l’égard de ceux qui sont tenus en état d’asservissement », même un sourire ou un "bonjour", « qui ne nous coûtent rien mais qui peuvent donner l'espérance, ouvrir des voies, changer la vie d'une personne qui vit dans l'invisibilité, et aussi changer notre vie par la confrontation à cette réalité ».

La mobilisation doit être aussi forte que l'esclavage moderne

« Certains d’entre nous […] ferment les yeux », d’autres agissent, comme, rappelle le Pape, citant « l’immense travail silencieux que de nombreuses congrégations religieuses, surtout féminines, réalisent depuis de nombreuses années en faveur des victimes […]. Cet immense travail, qui demande courage, patience et persévérance, mérite l’estime de toute l’Église et de la société ». L’Église a sa part de responsabilité dans ce combat contre l’esclavage, pour amener à « changer le regard sur le prochain, à reconnaître dans l’autre, quel qu’il soit, un frère et une sœur en humanité.

« Nous devons reconnaître que nous sommes en face d’un phénomène mondial qui dépasse les compétences d’une seule communauté ou nation, poursuit François, pour le combattre, il faut une mobilisation de dimensions comparables à celles du phénomène lui-même ».

Chacun peut agir, à son niveau

Pour y parvenir, le Pape dresse une liste de solutions : un triple engagement au niveau institutionnel, « de la prévention, de la protection des victimes et de l’action judiciaire à l’égard des responsables » des trafics et de l’esclavage moderne. De la part des États, le Pape espère de nouvelles législations avec des textes justes, « centrés sur la personne humaine ». Le « devoir de sensibiliser et de stimuler les consciences incombe aux organisations de la société civile », tandis que les entreprises ont « le devoir de garantir à leurs employés des conditions de travail dignes et des salaires convenables ». Enfin, reprenant les mots de Benoît XVI dans son encyclique Caritas in veritate, François rappelle la responsabilité sociale du consommateur : « chaque personne devrait avoir conscience qu’acheter est non seulement un acte économique, mais toujours aussi un acte moral ».

C’est en mettant cette fraternité au cœur de nos relations sociales, et en luttant contre « la mondialisation de l’indifférence, qui aujourd’hui pèse sur les vies de beaucoup de sœurs et de frères » que le monde pourra suivre le chemin de la paix, « à la lumière de la Parole de Dieu » conclut le pape François.

 

 

 

Jean-Baptiste Cocagne pour Radio Vatican

Crédit photo: L'Osservatore Romano

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